Présents à la réunion, en fonction de l'ordre d'arrivée :
moi,
Théo,
Laurent (B),
Jérôme,
Charles,
et David (L).
Nous avons mangé des salades aux magrets, ou au Saint-Félicien,
de l'andouillette, une côte de porc et de la bavette.
Nous avons bu diverses bières, dont de la Petrus,
ainsi que de la vodka et un Ricard.
Jérôme a un problème en Perl. Il cherche à faire du
XML-RPC,
et il voudrait savoir quels
modules Perl
permettent de faciliter cette tâche.
Contrairement à
SOAP,
il n'y a pas d'introspection possible en
XML-RPC pour permettre d'écrire plus facilement des
programmes et de générer des méthodes.
Comme Jérôme a besoin d'instancier des classes
dont il ne connaît pas à l'avance toutes les caractéristiques,
David lui suggère d'aller voir dans la hiérarchie
Class::
avec entre autres des modules comme
Class::MethodMaker.
Il paraît que
Michael Schwern
a installé
tout CPAN
sur Github.
Il y a sans doute un intérêt, mais je ne vois
pas lequel. Rappelons que
Git
est un système de gestion de source
décentralisé, c'est-à-dire que pour un projet donné,
aucun dépôt n'est déclaré comme le dépôt primaire.
Les développeurs peuvent convenir de considérer que tel
ou tel dépôt est le dépôt primaire, mais techniquement
ce dépôt est semblable aux autres. Cette décentralisation
facilite les forks de projet.
Signalons également que Git est une
insulte
en anglais britannique (pas en américain).
À l'occasion de la nouvelle année, Laurent a examiné
attentivement le calendrier de 2010. Et il a constaté
qu'après novembre 2009 où le deuxième mercredi est tombé
le 11 novembre, un problème similaire se produira
en juillet 2010, car le deuxième mercredi du mois
sera le 14 juillet. Nous verrons bien le moment venu
si nous maintenons cette date pour notre réunion.
Depuis peu, le Maldoror possède
son propre blog.
C'est Françoise qui l'anime. Laurent lui demande
d'y mettre les jours de pluie de mai, puisque
c'est toujours en mai
et toujours quand il pleut
que le Maldoror est fermé.
Françoise nous explique qu'elle aime bien
les anciennes photos de mariages.
Pour l'instant, il n'y en a pas beaucoup, car elle
hésite à mettre des photos où figurent des personnes
encore vivantes. Même si l'on a l'accord oral d'une personne,
cette personne peut revenir sur sa décision et demander
à enlever la photo d'Internet. Donc Françoise préfère
jouer la prudence. Elle aime bien noter les
anniversaires du jour
mais elle n'ose pas appeler cela « éphémérides », c'est loin
d'être complet et il y aura sûrement des jours absents de la liste.
Finalement, elle donne
la première et la dernière strophes
des Chants de Maldoror.
En relation avec la discussion que j'ai eue avec
Emmanuel
le mois dernier,
Laurent a sorti son téléphone
portable non seulement pour regarder l'heure,
mais aussi pour utiliser la calculatrice.
Outre les chiffres et les symboles des quatre
opérations, il y a la racine carrée et deux
paires de chevrons, l'une tournée vers le haut,
l'autre tournée vers le bas. Mais les chevrons sont
tout le temps grisés. Comment les activer ?
Laurent a trouvé par hasard l'explication lors
de la réunion. La calculatrice conserve l'historique
des calculs effectués depuis sa mise en marche.
Et lorsque ces calculs sont trop nombreux pour tous
apparaître à l'écran, les chevrons sont activés
pour permettre la pagination. Quant à la racine
carrée, elle est toujours activée, même lorsque
le nombre affiché est négatif. Et si vous demandez
la racine carrée d'un tel nombre, vous avez un
message d'erreur. Remarquons que sur certaines
calculatrices comme la
HP-48
et la HP-50,
même si le nombre actif est négatif, vous
pouvez en extraire la racine carrée.
Laurent a également utilisé son téléphone
pour envoyer un SMS à BooK. Pour taper le
SMS, il dispose du
système T9
qui est
censé deviner
ce que vous tapez sur votre clavier
à 10 touches (ou 12 si vous tenez compte du dièse
et de l'étoile). Or, d'après ce que Laurent
a pu constater, si vous tapez un mot qui
ne figure pas dans le glossaire de votre T9,
ce mot y est inséré, mais en remplaçant un
mot précédemment existant. Et j'ai l'impression
que l'on ne peut pas choisir, ni même savoir,
quel est le mot éliminé du glossaire.
Cela rejoint une discussion du début de la
réunion, lorsque nous étions au comptoir avec
Françoise et un client du Maldoror qui n'a rien à voir avec
notre groupe. Nous parlions des correcteurs
orthographiques. Ainsi que l'a exprimé Laurent,
le problème repose surtout sur la confiance que
vous accordez aux correcteurs orthographiques.
Notamment, comme le rappelle Françoise, un correcteur
orthographique ne signalera pas que l'auteur a
confondu et amalgamé deux expressions pour obtenir
quelque chose de confus et d'incompréhensible.
Le client du Maldoror se présente comme étant un
correcteur (humain par opposition à automatique)
employé par la rédaction d'un journal
et il confirme les dires de Françoise. Il signale
que dans le temps, un article était relu trois
fois par des correcteurs avant impression, tandis que maintenant,
la norme est une seule relecture. Il n'est pas étonnant
que les erreurs soient plus nombreuses dans la version
finale de l'article.
Je signale que certains correcteurs orthograpiques
ont des prétentions à être également correcteurs
grammaticaux. Le résultat n'est pas meilleur que les
correcteurs purement orthographiques. Par exemple, si
dans un texte, vous écrivez que telle personne réside
au
4, rue de la Libération
le correcteur
vous signalera qu'il ne faut pas mettre de virgule
après le « 4 » et qu'il faut accorder
« rue » en nombre pour une adresse « correcte »
4 rues de la Libération
Et comme je l'ai
déjà fait
à trois reprises
sur d'autres sujets,
je vous livre en annexe
mes liens sur les correcteurs orthographiques (plus
quelques anecdotes sur Word, car je les ai mises dans la
même catégorie).
Je ne sais plus comment nous en sommes venus à évoquer
le sujet, mais il a été question des batteries d'ordinateurs
portables. J'ai rappelé que ces batteries ont une concentration
d'énergie assez élevée et que certains les comparent même
à des grenades.
Lorsque je suis arrivé au Maldoror, je n'ai rien remarqué d'inhabituel.
Laurent, lui (ou était-ce Théo ?), a constaté que
la plupart des affiches avaient disparu.
Il n'y a que dans le
coin près de la porte d'entrée que l'on retrouve la décoration
habituelle. Ce qui s'est passé, c'est que le Maldoror a subi
quelques travaux pour éliminer une infiltration d'eau.
L'infiltration avait été colmatée depuis quelques mois,
mais il a fallu attendre que cela sèche pour refaire les peintures.
Cela dit, si certains ont remarqué l'absence des
affiches, personne n'a remarqué que l'infiltration a disparu.
Nous avons parlé des fromages, entre autres parce que parmi
les entrées, l'une contenait du
Saint-Félicien.
C'est ainsi que la discussion enchaîne sur
la composition et la confection du
Morbier.
Lorsque l'on fait du
comté,
il reste parfois un peu de lait. Et c'est avec ce lait que
l'on fait du Morbier. Un signe caractéristique du Morbier,
c'est la couche de cendre ou de noir végétal
qui sépare le fromage en deux moitiés.
Une bonne partie de la réunion a été consacrée aux intempéries
du moment et notamment à leurs effets sur la conduite
automobile. Ainsi que Jérôme nous le fait remarquer,
c'est maintenant qu'il va y avoir une recrudescence
des accidents. Les premiers jours, les conducteurs font
très attention à la neige et au verglas. Mais après quelques
jours, un sentiment fallacieux de sécurité s'installe,
certains même s'amusent un peu avec les glissades sur
le verglas ou la neige et c'est à ce moment-là
que se produisent les accidents.
[ Et comme il me l'a signalé plus tard, il a effectivement
croisé de nombreux accidents depuis. ]
Jérôme se souviens d'un problème survenu lorsqu'il
était étudiant à la fac de Sciences de Reims.
Il conduisait une 4L à petite vitesse sur le campus.
À un moment, la voiture s'est mise à déraper et à
traverser latéralement la chaussée vers le trottoir
de gauche. Les roues gauches ont heurté simultanément
le trottoir et la voiture a ricoché et repris la glissade
en sens inverse. Heureusement, elle n'a pas heurté
le côté droit de la rue, car ce côté était constitué de voitures
en stationnement. Mais il s'en est fallu de quelques
centimètres pour qu'il heurte une 2CV en stationnement.
David évoque un autre accident, à l'issue moins heureuse.
C'est son père qui en a été témoin lorsqu'il était
au Canada. Il circulait sur une autoroute quand
soudain, il a abordé une plaque de verglas. La voiture
n'aurait plus été contrôlable, mais heureusement pour lui,
le père de David a su réagir pour rester dans l'axe de
la route. Le conducteur de la voiture précédente n'a pas
eu cette chance. Sa voiture s'est mise à pivoter, lentement,
mais sûrement, tout en conservant sa vitesse longitudinale.
Lorsque la voiture a effectué un demi-tour,
le père de David a échangé un regard ahuri avec le chauffeur
de devant. Le pivotement s'est poursuivi. Puis la plaque
de verglas s'est terminée. La reprise d'adhérence s'est bien
passée pour le père de David, dont la voiture était dans
l'axe du déplacement. En revanche, la voiture de devant
avait effectué un peu plus de trois-quarts de tour, les roues
n'étaient donc pas du tout dans l'axe du déplacement
et la voiture a effectué un tonneau.
Laurent fait remarquer que dans ces cas-là,
le commun des mortels a tendance à appuyer sur la
pédale de frein, ce qui n'est pas du tout la réaction
appropriée. Jérôme évoque les
stages « Centaure »,
dont Laurent a entendu parler également. Ce sont des stages
pour apprendre comment réagir en cas d'aquaplanning
ou de dérapage sur le verglas. Le stage se déroule sur
une piste avec un revêtement en partie en plastique, donc
avec de piètres caractéristiques d'adhérence. De plus,
les pneus de la voiture utilisée ont des sculptures
inhabituelles, dont l'effet n'est pas d'évacuer l'eau,
mais au contraire de l'accumuler. C'est ainsi qu'à
20 km/h, on a les mêmes sensations d'aquaplanning
que dans une voiture avec des pneus normaux à 70 km/h.
Un exercice élémentaire consiste à effectuer un virage
à 90°. Ainsi qu'en témoigne Jérôme, il faut s'y reprendre
à plusieurs fois pour réussir son virage.
D'autres conseils sont plus élémentaires et ne nécessitent
aucun entraînement. Par exemple, comme le rappellent les
radios des sociétés d'autoroute, il faut enlever la neige
de son véhicule avant de prendre son volant. Enlever
la neige de toutes les vitres, y compris les vitres latérales,
pour pouvoir voir, bien sûr, enlever la neige des
feux avant et arrières, pour être vu et enlever la neige du
toit et du capot. La raison de cette dernière précaution
est la suivante : si vous laissez une bonne couche de
neige sur le toit de votre véhicule, cette neige risquera
de se détacher et de tomber sur le pare-brise de la voiture qui
suit. Et si aucune voiture ne vous suit, la neige tombera
sur la chaussée, fondra avec le soleil puis
regèlera avec le soir, ce qui formera une plaque de verglas.
C'est très dangereux en plein milieu de la chaussée, ça l'est
beaucoup moins si c'est dans le caniveau à côté de votre
place de stationnement.
Évidemment, le conseil précédent est difficile à réaliser
si vous conduisez un camion, car la hauteur du véhicule
vous empêche de déneiger correctement le toit.
Jérôme raconte avoir vu un camion qui circulait sur une
autoroute. À un moment, ce camion a emprunté la bretelle
d'accès à une aire de stationnement. Alors que le camion
virait pour suivre la bretelle, la plaque de glace qui
recouvrait la bâche du camion a continué son trajet
rectiligne, a quitté ladite bâche et s'est écrasée sur
le bord de la bretelle d'accès. Jérôme a trouvé cela
impressionnant et nous voulons bien le croire.
Jérôme a l'impression que c'était voulu par le routier,
car le camion avait une vitesse légèrement supérieure
à ce qui est raisonnable et de plus, Jérôme a eu
l'impression que le changement de direction du camion
était un peu brutal, ce qui a aidé à décoller la
glace de la bâche du camion.
Le temps hivernal, au moins aux États-Unis mais peut-être
aussi en Europe, a mis en évidence une
mauvaise bonne idée.
Avec le développement des LED à fort pouvoir
éclairant, les responsables de l'infrastructure routière
se mettent à remplacer les ampoules à incandescence des
feux tricolores par des feux à LED. Du coup, lorsque
des flocons de neige tombent sur un feu tricolore, la neige
s'accumule sans fondre. Et les automobilistes ne peuvent
plus voir si le feu est vert ou rouge. Jérôme fait remarquer
que le phénomène est aggravé par le fait que certains
feux tricolores n'ont plus de « casquette ».
Ces casquettes sont des demi-cylindres noirs, placés au-dessus
d'une ampoule de feu tricolore, destinés à placer l'ampoule
dans une zone d'ombre permanente, de façon que les automobilistes
puissent mieux voir si l'ampoule est allumée ou éteinte.
Un des effets secondaires de ces casquettes est de diminuer
considérablement la quantité de neige qui touche l'ampoule
(pas de l'éliminer, à cause des tourbillons qui font que certains
flocons ont une trajectoire partiellement ascendante).
Et c'est
la même chose
pour les phares et les feux des véhicules.
Finalement, il y a le problème des
TGV,
comme Charles
et moi l'avons entendu le matin même sur France Inter.
Un phénomène auquel on n'a pas pensé lors de la conception
des TGV, c'est que lorsqu'un TGV passe sous un pont,
le déplacement d'air et les tourbillons induits peuvent
faire tomber les stalactites suspendues sous le pont.
De même, lorsque deux TGV se croisent, cela peut faire
voler des paquets de neige sur le bord de la voie, paquets
pouvant comporter des cailloux. Le résultat est qu'en
période de neige, ce sont les pare-brises et les vitres des TGV
qui soufrent le plus et qui nécessitent d'être remplacés.
Hélas, comme ce phénomène n'était pas prévu, l'intendance
ne suit pas et les vitres de rechange manquent.
Un autre phénomène qui, lui, a été correctement anticipé,
c'est le givrage des caténaires. C'est pourquoi tous les
matins, un train « éclaireur » circule sur chaque
ligne de TGV pour dégivrer la caténaire.
Indépendamment de la météorologie, nous avons évoqué
la situation des transports dans la banlieue
parisienne. Que ce soit pour les transports individuels
ou pour les transports en commun, la saturation
se produira dans quelques années. C'est déjà effectif
pour la
ligne 13 du métro,
qui dépasse largement les 100 %
de capacité aux heures de pointe. C'est également le cas pour
l'autoroute A15
qui, entre 8 h et 10 h du matin,
ressemble plus à un parking qu'à une voie de circulation.
À tel point que l'on cite une personne qui arrive à son travail
certains jours avant 7 heures du matin, les autres jours
entre 11 heures et midi. Pour les transports en commun,
il y a bien des travaux en cours pour étendre le réseau
et augmenter la capacité des lignes existantes, mais le rythme
d'augmentation de la capacité est inférieur au rythme
d'augmentation de la demande. Laurent nous raconte que pendant
sa période de chômage, il a postulé entre autres chez
SAGEM,
à Cergy.
Son interlocuteur s'est moins intéressé aux compétences professionnelles
de Laurent qu'à son attitude vis-à-vis des transports.
Car cela n'intéresse pas
SAGEM d'embaucher une personne qui, au
bout de 6 mois, aura ras-le-bol du transport
et des embouteillages.
David nous raconte une anecdote plus tout-à-fait récente,
car elle date de l'époque où son dernier fils était à l'école
maternelle. L'école avait organisé une sortie au
Parc de Sceaux
et la femme de David faisait partie des parents
accompagnateurs. Au cours de cette excursion,
elle a constaté que certains enfants découvraient
avec émerveillement les
pelouses du parc
et tripotaient avec étonnement les brins d'herbe.
Ce sont les enfants de restaurateurs du quartier
de David et ces parents travaillent d'arrache-pied
tout le long de la journée et ont à peine le
temps de s'occuper de leurs enfants. Et ils n'ont
jamais le temps de faire une promenade en famille
pour que les enfants connaissent autre chose que l'arrière-cour bétonnée
du restaurant parental. De manière moins dramatique,
de nombreux enfants citadins ne savent même pas
ce qu'est un lapin.
Laurent s'intéresse toujours au
LHC,
cet engin permettant
d'obtenir des énergies considérables. Et il vient d'apprendre
qu'en fait, ces
énergies « considérables »
ne dépassent pas
l'énergie d'une vulgaire baffe.
Lui qui espérait que le LHC créerait un trou noir
qui engloutirait la planète et qui, par contrecoup,
règlerait le problème du financement des retraites...
Comme
Emmanuel et moi,
David n'a pas
le temps de regarder les DVD qu'il achète.
C'est ainsi qu'il a acheté il y a longtemps
le DVD
d'un Long Dimanche de Fiançailles
et que ce film a été diffusé à la télévision
avant qu'il ait eu le temps de regarder le DVD.
Il avait peur que ce film soit
« Amélie Poulain
en 1918 » mais ce n'est pas le cas.
Le film présente une série de scènes sur la
Première Guerre mondiale,
digne de l'atmosphère des bandes dessinées de
Tardi.
J'interviens pour dire que j'ai été encore plus
marqué par un film sur la Seconde Guerre mondiale,
Il faut sauver le soldat Ryan.
Dans ce film, les scènes de combat sont d'un
réalisme brutal, à l'opposé des clichés hollywoodiens. Je n'ai pas eu le temps de continuer
pour évoquer un autre film, sur la Première Guerre mondiale
celui-là [ mais je me rattrape dans le compte-rendu ].
Ce film,
the Trench,
est moins percutant que
Il faut sauver le soldat Ryan,
mais à mon avis plus que
un Long Dimanche de Fiançailles .
Il se passe dans une tranchée britannique, entre
le 29 juin et le 1er juillet 1916
vers 8 heures du matin. Certains auront reconnu
cette date, il s'agit du premier jour de l'offensive de la Somme
dont le premier jour a compté 57 000 victimes
rien que dans l'armée britannique.
Comme cela se passe en été, la tranchée est moins
boueuse que les scènes de guerre de
un Long Dimanche de Fiançailles.
Mais la scène du combat final est marquante.
À part un soldat blessé et évacué la veille ou l'avant-veille
de l'offensive, la compagnie sur laquelle est basé
le film est anéantie dans les dernières minutes
du film, c'est-à-dire dans les premières minutes
de la bataille de la Somme.
Quelques années plus tard, il y a eu la
crise de 1929.
Nos avis divergent sur certains points. Quelqu'un, je crois
que c'est Charles, a signalé que l'un des points
marquants de la crise a été le fait que
Hoover
a retiré les capitaux américains investis en Allemagne.
C'est l'une des raisons pour lesquelles l'Allemagne
a été si durement touchée par la crise, ce qui a
fait le chemin du nazisme quelques années plus tard.
Quelqu'un d'autre, je crois que c'est David, a répliqué
que l'Allemagne connaissait déjà une hyper-inflation
avant la crise de 1929, donc il est faux de tout mettre
sur le dos de la crise de 1929. Quant à moi, il me semble
avoir appris que l'hyper-inflation de 1924 avait été suivie
par une période un peu plus prospère, puis par la crise
de 1929.
C'est pour éviter cela qu'après la Seconde Guerre Mondiale,
les États-Unis ont favorisé la reconstruction de l'Europe avec le
plan Marshall
et celle du Japon avec des mesures
similaires. Mais comment se fait-il que l'Allemagne et
le Japon ont plus profité de la reconstruction que les
autres pays comme la France ? Certains y voient
une conséquence de la différence de mentalité entre
les Allemands, plus entreprenants, et nous, plus
frileux sur le plan économique. D'autres y voient
l'effet de la destruction totale de l'industrie
allemande, ce qui leur a permis de reconstruire
des usines modernes, plus modernes que les autres
nations. J'ai lu quant à moi une autre explication,
qui vient s'ajouter aux explications précédentes.
Pendant plusieurs années, l'Allemagne et le Japon
n'ont pas eu le droit d'avoir des forces armées.
Pendant toutes ces années, les aides étrangères
et le budget national de ces deux pays ont été
qyasi entièrement consacrés à la reconstruction économique,
alors que c'étaient les forces armées américaines, britanniques
et françaises qui assuraient la défense de la RFA contre
l'URSS et c'étaient les forces armées de l'Union Soviétique
qui assuraient la défense de la RDA contre l'occident
capitaliste. Sans compter les guerres coloniales pour
les Britanniques et les Français, ainsi que la Guerre de
Corée pour les Américains.
[ Je ne vais pas vous refaire le même coup
qu'au mois de novembre,
donc je me contente juste de citer un seul livre :
Dirty Little Secrets,
écrit par James Dunnigan et Albert Nofi, publié en
1990 par Quill Willial Morrow. Voir en particulier
les paragraphes Guns and Butter on the Installment Plan
page 369 et U.S. Mercenaries Guard Japan
page 385.
]
Il a été question de la
Ligne Maginot,
avec notamment le fait qu'elle comportait des fortifications dans les Alpes,
face à l'Italie et le fait que c'est là que l'on a inauguré
un certain nombre de technologies, comme les
cuisinières électriques.
Quant à la partie face à l'Allemagne,
a-t-elle été utile en fin de compte ?
La réponse habituelle est que la Ligne Maginot
n'a pas empêché les Allemands d'envahir la Belgique
et la France en passant notamment par les Ardennes.
Cela dit, je fais remarquer que ce n'était pas le but
de la Ligne Maginot. Ma source principale pour ce point
particulier est assez inattendue, c'est
un livre rangé sur l'étagère informatique et non pas
l'étagère histoire. Il s'agit en effet de
Beyond Fear
de Bruce Schneier.
Voici un extrait, tiré de la page 230 de ce livre et traduit
par mes soins :
De nombreuses personnes estiment que l'échec de la Ligne Maginot
lors de la Seconde Guerre Mondiale est un témoignage de l'échec
des fortifications statiques : les Français étaient
focalisés sur la guerre de tranchées et n'ont pas tenu compte
des avancées technologiques qui sont apparues lors des deux
décennies précédentes. C'est en fait incorrect. Au cours de la
Seconde Guerre Mondiale, la Ligne Maginot a eu l'effet escompté.
Son but était de canaliser l'invasion allemande à travers la
Belgique, de façon que les combats ne prennent pas place
sur le sol français et d'autre part pour s'assurer qu'ainsi
la Grande Bretagne se rangerait du côté de la France
contre l'Allemagne. Ce qui est arrivé en 1940, c'est que
les aménagements défensifs prévus pour les Ardennes n'avaient
pas été réalisés (c'est-à-dire, il était prévu d'envoyer des
troupes dans la forêt pour bloquer l'accès dans cette direction),
ce qui a laissé un trou dans la ligne de défense. L'échec
de la ligne Maginot est un échec dans l'exécution du plan, plus
qu'un échec dans la conception ou la planification.
Reconnaissons que vouloir canaliser les combats en Belgique,
c'est un projet assez cynique...
Quelqu'un a évoqué le rôle des media
dans la guerre du Viêtnam, notamment le fait qu'ils sont en grande
partie responsables de la défaite des États-Unis. C'est effectivement ce que j'ai
lu au sujet de cette guerre. Avant l'offensive du Têt,
le mouvement anti-guerre était limité aux universités
comme Berkeley et à une faible partie de la population.
Puis il y a eu
l'offensive du Têt,
au cours de laquelle
l'Amérique a vu les combats au journal de 20 heures.
Militairement, l'offensive du Têt a, paraît-il, été une
catastrophe pour les Viêt-Cong et une relative victoire
pour les Américains et l'ARVN. Mais ce n'est pas ce qu'a
ressenti le public américain, qui voyait l'ambassade américaine
de Saïgon assiégée par les Viêt-Congs et qui voyait des soldats
américains mourir à la télévision. De plus, quelques jours
plus tard,
Walter Cronkite,
le journaliste le plus influent
dans les États-Unis des années 1960, a émis des doutes
sur le discours rassurant de la Maison-Blanche et du
Pentagone. Ces deux événements ont provoqué un retournement
de l'opinion et le mouvement anti-guerre a dès lors été
prédominant en Amérique.
David a posé la question de savoir si la France
avait déjà gagné une guerre. Certes, la France
était du côté des vainqueurs en 1918 et en 1945,
mais elle n'a pas gagné la guerre toute seule.
Mais dans ces conditions, rares sont les nations
qui ont gagné une guerre sans avoir eu une aide
étrangère. C'est pourquoi David essaie de définir
« gagner une guerre » par « être
en position de réécrire l'Histoire ».
Sauf qu'il n'a pas défini cette seconde expression.
Je ne pense pas qu'il parlait de réécrire les manuels
d'Histoire ainsi que l'ont fait l'URSS de Staline
et la Chine de Mao. Je pense plutôt que pour lui,
« réécrire l'Histoire » est synonyme
de « redessiner la carte mondiale »,
c'est-à-dire être en mesure de placer des gouvernements
satellites dans les nations ayant participé à la
guerre. Si c'est dans ce sens qu'il faut prendre la
question de David, alors oui, la France a gagné des
guerres. Si l'on considère toutes les
républiquessœurs
installées en Europe à la fin du XVIIIe Siècle :
République Batave,
République Cisalpine,
République Ligure,
etc, alors la France révolutionnaire a redessiné la carte
de l'Europe de l'Ouest et elle a donc gagné ses guerres.
Si l'on considère le démembrement du
Saint Empire Romain Germanique
en 1806 et l'attribution de divers
royaumes et principautés aux membres de la famille
Bonaparte, on peut dire que la France de Napoléon a gagné certaines
de ses guerres. Son neveu, surtout connu pour sa défaite en 1870
à Sedan, a quand même remporté la Guerre de Crimée (avec
le Royaume-Uni, c'est vrai) et la Guerre d'Italie de 1859
(avec l'alliance des Sardes, c'est vrai également).
Et ne parlons pas des guerres coloniales d'avant 1945.
Et la Guerre d'indépendance des États-Unis, si elle
doit beaucoup aux patriotes américains sous la conduite de
Washington, elle doit également beaucoup à l'aide
financière de la France (avec Beaumarchais) et à son
aide militaire (la Fayette, bien sûr, mais aussi
Rochambeau,
et de Grasse,
sans oublier le ministre des Affaires Étrangères
Vergennes).
En remontant un peu plus loin dans l'Histoire,
nous nous sommes demandés si la France avait
fait partie des vainqueurs de la
Guerre de Trente Ans.
En fait, la
Guerre de Trente ans,
qui a commencé
avec la défenestration de Prague en 1618 et qui s'est
terminée avec les traités de Westphalie en 1648,
n'a pas eu réellement de vainqueur. En revanche,
elle a eu des vaincus : les populations de l'Allemagne,
à cause des pillages incessants qu'ils ont dû subir
pendant ce conflit.
Et encore plus loin dans le temps, nous nous sommes demandés
comment s'était terminée la
Guerre de Cent Ans.
Ainsi que j'ai pu le vérifier, la
Guerre de Cent Ans
a duré jusqu'en 1453 et la
Guerre des Deux-Roses
a commencé en 1455. Donc on
est en droit de considérer que la Guerre de Cent Ans s'est
terminée parce que les Anglais avaient une autre guerre
à conduire, cette fois-ci une guerre rien qu'entre eux.
Dans ces conditions, peut-on parler d'une victoire de la France ?
D'un autre côté, il faut reconnaître que les possessions territoriales
anglaises sur le sol français étaient nettement moindres en
1453 qu'en 1337, donc il y a quand même un côté victorieux
de la France, qui n'a pas simplement gagné
« par forfait de l'adversaire ».