Présents à la réunion, en fonction de la place autour de la table :
une personne qui tient à garder l'anonymat,
Lionel,
Laurent (B),
Stéphane,
moi,
Charles,
Nicolas,
Jérôme,
Kai,
David,
Olivier,
Théo,
et, arrivé très tard, Harold.
Nous avons mangé des salades composées,
des entrecôtes, des confits de canard,
des crumbles, des tiramisus et des fondants
au chocolat. Nous avons bu de la
bière (Hoogarden et autres), une vodka-caramel
et un café.
Comme il y a un an, le temps était à la pluie.
Comme il y a un an, le Maldoror était fermé
pour cause de vacances. Lorsque je suis
arrivé dans la rue du Grand-Prieuré, j'ai vu
au loin Laurent qui tenait une conversation
téléphonique. Il était en train d'avertir les
Mongueurs dont il connaît le numéro de téléphone
que le Maldoror était fermé. Quelques minutes
plus tard, Nicolas est arrivé pour nous avertir
que Jérôme et lui étaient déjà installés dans
l'Autre Café.
Une fois que Stéphane nous a rejoints,
nous avons donc
suivi
Nicolas, non sans avoir placé
un papier sur le rideau de fer du Maldoror pour
indiquer le nouveau lieu de la réunion, comme
Théo et moi l'avions fait il y a un an.
Ce papier, ainsi que les messages envoyés par
d'autres sur la liste et les communications sur IRC ont fait
que nous étions quand même assez nombreux
cette fois-ci.
Quelqu'un a demandé s'il était encore possible
de proposer des exposés aux
Journées Perl.
Oui, c'est encore possible. D'autre
part, toutes les présentations proposées
jusque-là ont été adoptées sauf une,
une proposition de débat pour comparer
Perl,
PHP
et d'autres langages dynamiques, ce
qui aurait plus sa place dans la conférence
OSDC.fr.
Olivier vient d'ajouter un nouveau module
sur CPAN,
Acme::PM::Paris::Meetings.
Ce module renvoie un objet de type
DateTime::Set
contenant la liste des dates à venir
pour nos réunions, c'est-à-dire le deuxième
mercredi de chaque mois. Olivier pense le faire
évoluer pour tenir compte du passé lorsque la règle
n'était pas la même.
Nous évoquons l'incident qui s'est produit sur
le dépôt SVN articles,
où un « commit » de Charles s'est traduit
par un diff listant la totalité du fichier.
Ce qui s'est produit, c'est que lorsque Charles a sauvegardé
ses modifications, les fins de ligne Unix LF
ont été remplacées par des fins de ligne MS-DOS CRLF.
Charles nous explique qu'il utilise
TkEdit
pour modifier les textes et que c'est cet éditeur,
qui a modifié les fins de ligne. Pourtant, TkEdit
est écrit en Perl, langage connnu pour sa bonne portabilité
[ sauf que la page web ci-dessus indique que c'est du
Tcl-Tk ].
Cela dit, les autres participants ont l'air de savoir
que l'un des rares problèmes liés à la portabilité
en Perl concerne l'expression "\n" qui
représente un simple LF sous Unix, un CRLF sous
Windows et un CR sous Mac OS Classic.
Il existe d'autres éditeurs (Charles cite
Emacs,
pourquoi ne l'utilise-t-il pas ?),
qui sont capables de traiter des textes avec
n'importe quelle fin de ligne, indépendamment
de la machine sur laquelle ils sont en train de
fonctionner : si vous éditez un fichier avec
des LF Unix sur une machine Windows, le fichier sera
sauvegardé avec des LF, même si vous avez ajouté
des lignes.
Laurent raconte qu'il a participé à une discussion
sur IRC et que dans cette discussion, il a été
question d'expressions régulières.
Comme l'une de ces expressions régulières
contenait la chaîne :-), le client
IRC de Laurent a automatiquement transformé
le smiley involontaire en
happy face.
Stéphane a lu que l'un des créateurs d'Internet
était un expert en marketing, qui est responsable
également de la création des innombrables pseudo-marques
de lessive, dissimulant le fait que toutes ces
lessives concurrentes sont identiques et produites
par Procter & Gamble.
Olivier précise que cette scission en pseudo-marques
a permis à Procter & Gamble de commercialiser
le même produit avec des prix différents.
[ J'ai déjà cité un
article
de Joel Spolsky
décrivant comment fonctionne la segmentation du marché.
]
Nous avons évoqué la loi
HADOPI
qui a été rejetée lors d'une première discussion
à l'Assemblée Nationale, puis rediscutée
et votée. Une mesure de cette loi consiste à
permettre aux autorités de surveiller les
téléchargements effectués par les particuliers.
Cela remet en cause le droit à la vie privée,
qui figure dans
l'article 12
de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
et qui a été repris dans la
Constitution Française.
Cette loi est également contraire à la
législation européenne.
Cela étonne certains que notre président,
pourtant un ardent partisan de l'Europe,
fasse autant d'efforts pour faire adopter une
loi aussi contraire à la législation européenne.
Quelqu'un suggère que si notre président se
montre suffisamment partisan de l'Europe sur
les autres points, il peut se permettre de faire,
de temps en temps, un écart et de faire adopter
une loi qui favorise les majors
même si c'est en contradiction avec ce qui se
dit à Strasbourg et à Bruxelles.
Quand une victime de la loi HADOPI subira
une coupure de son abonnement Internet,
il risque de se poser un problème si cette
personne utilise son abonnement personnel
pour travailler depuis son domicile en
télétravail. Est-ce que le patron de cette
personne acceptera de lui fournir une
clé 3-G+ ?
[ Et pour faire écho à la préoccupation de nombreux
Français en ce mois de mai, que se passera-t-il si
l'abonnement Internet d'un contribuable est suspendu
entre le 29 mai, date limite d'envoi de la déclaration
papier et le 16 juin, date limite d'envoi
de la déclaration par Internet (dans le cas de
la région parisienne) ?]
Cela dit, si une œuvre est déjà passée
à la radio ou à la télévision, les droits de
diffusion ont déjà été payés, donc les particuliers
ont le droit de la copier. Est-ce une justification
a posteriori pour le fait que
l'on a renoncé à punir ceux qui enregistraient les
émissions de radio sur leur magnétophone à cassette
ou les émissions de télévision sur leur magnétoscope ?
D'un autre côté, cela nous a donné une idée :
en regard des logiciels qui permettent d'effacer le logo
d'une chaîne de télévision sur les images d'un fichier
vidéo, on pourrait créer un logiciel qui ajoute
un logo de télévision, de façon que l'on puisse prétendre
que l'émission a déjà été diffusée et est donc en
copie libre.
[ Plus j'y réfléchis, plus je pense que la réalité
ne doit pas être aussi simple que cela. Cela se saurait,
s'il suffisait qu'une œuvre ait été diffusée rien qu'une
fois pour être copiable librement. Une interprétation plus
restrictive de cette règle serait de dire que la copie
est légale si elle vient d'une émission pour laquelle
les droits sont payés, mais qu'elle serait illégale
dans le cas de la copie de DVD à DVD, même si cela
fait N fois que le film passe à la télévision. Mais
que dire dans ce cas du spectateur qui achète son
billet de cinéma et qui filme la séance avec son téléphone
portable ? Il a bien payé le droit de voir le film,
non ?
]
Stéphane a trouvé un site humoristique qui donne un
historique des langages de programmation.
Pour Haskell,
le site expliquait que la notion de monade
avait été mal acceptée parce que que
Philip Wadler
avait omis de préciser que
Les monades sont des monoïdes dans la catégorie des endofuncteurs.
[ Stéphane a attribué ce manque de pédagogie
à Simon Peyton-Jones. Comme il s'agit d'une absence
de citation, peu importe en fait que ce soit
Philip Wadler ou Simon Peyton-Jones. ]
Un problème qui peut se présenter lorsque l'on
fait de la télémaintenance sur un serveur Windows
situé à l'étranger, c'est que les menus sont
dans une langue étrangère. C'est d'autant plus problématique
si cette langue étrangère utilise les caractères
cyrilliques ou pis, les idéogrammes chinois.
Il faut essayer de se souvenir de l'ordre dans lequel
apparaissent les menus et sous-menus pour
activer la commande correcte.
Stéphane a installé
Doodle Jump
sur son iPhone
et il nous a fait essayer ce
jeu,
Laurent et moi. Ce jeu met en scène une créature,
qui semble tirée des œuvres graphiques
d'un gamin d'école primaire. La créature
saute d'une plate-forme à une autre, en essayant de
ne pas tomber dans le vide. On choisit la direction
de parcours en inclinant l'iPhone à gauche et à droite
et on fait sauter la créature en inclinant l'iPhone
vers l'avant. Plus le jeu progresse, plus le nombre de
difficultés augmente : certaines plates-formes se
déplacent vers la gauche ou vers la droite,
on voit apparaître des trous noirs, etc.
Et lorsqu'un joueur a atteint un résultat qu'il
estime brillant, il peut cliquer sur un bouton labellé
« Facebook »
pour que ce résultat apparaisse sur Internet.
D'autres participants ont essayé de jouer du
piano
sur iPhone. L'écran affiche quelques touches de piano
et en appuyant sur ces touches, il est possible
théoriquement de produire un son musical.
Cela n'a l'air de rien, mais c'est une avancée
notable dans l'ergonomie des applications informatiques :
pour pouvoir jouer des accords, cela nécessite
que l'appareil soit capable de reconnaître
une action simultanée de l'utilisateur à
plusieurs endroits de l'écran. Hélas, nous n'avons
pas pu entendre la musique produite, en partie
à cause du bruit ambiant du restaurant, en partie
parce que l'iPhone de Stéphane a subi récemment
une chute dans une assiette de porridge !
Parmi les autres applications citées lors de la réunion,
toujours en restant dans le domaine musical,
il y a la possibilité d'émuler une flûte ou un
ocarina.
En quittant ce domaine,
il y a la possibilité d'émuler un
niveau à bulle.
Vous posez votre iPhone sur l'étagère que vous
venez de visser au mur et vous vous apercevez qu'elle
est inclinée de 2 degrés par rapport à l'horizontale...
L'abondance d'applications a un revers : il est difficile
de retrouver une application sur le tout petit écran
de l'iPhone. Et si, comme Stéphane, vous décidez de
ranger vos icônes d'application, cela aggrave la situation
car vous perdez vos repères et il vous faut une longue
période d'adaptation pour assimiler
la disposition rationnelle que vous avez adoptée.
Et malgré cette abondance, l'iPhone ne peut pas
ouvrir plusieurs applications simultanément.
Olivier fait remarquer que, pour un programmeur d'application,
c'est agréable de savoir que l'on dispose de toute la mémoire
de la machine. D'un autre côté, je fais remarquer
qu'il s'agit en quelque sorte d'un retour à Mac OS Classic version 6.
Il a été question de la JVM (Java Virtual Machine)
installée sur les ordinateurs et appareils de différentes tailles,
du réfrigérateur jusqu'à la machine multi-threadée possédant plusieurs Go de mémoire
vive. Dans ce dernier cas, il est nécessaire d'avoir un thread
consacré entièrement au garbage-collecting.
Stéphane continue à travailler sur
l'éditeur Yi.
L'amélioration qu'il souhaite introduire est
le partial completion mode
d'Emacs.
Par exemple, lorsque l'on invoque la
commande find-file par son nom,
au lieu de l'appeler par le raccourci
Ctrl-X Ctrl-F, il suffit, avec le mode
de complétion partielle, de taper f-f
puis une tabulation et Emacs transcrira en
find-file. C'est parce que parmi
les nombreuses commandes existant sous Emacs,
il en existe une seule composée de deux mots
commençant tous deux par « f ».
Dans d'autres cas, pour que la complétion
puisse se faire, il faut taper quelques lettres
en plus. Dans le cas de Yi, l'algorithme de
recherche que Stéphane souhaite implémenter
s'appuie d'abord sur les lettres majuscules
composant le nom de la commande, puis y ajoute
les consonnes et en dernier lieu tient compte
également des voyelles. La priorité des consonnes
sur les voyelles est due au fait que les consonnes
sont plus nombreuses : 20 contre 6 et la fréquence d'apparition
d'une consonne donnée est, en moyenne, inférieure
à celle d'une voyelle donnée, donc les consonnes permettent
ainsi une meilleure différentiation entre les différents
noms de commande possibles. À cette occasion, Stéphane
va s'intéresser aux concepts internes que David a utilisés
dans Regexp::Assemble.
En prenant le problème de Stéphane à l'envers, on pourrait obtenir
un générateur de
SMS
« djeun's ». Nous avons
enchaîné en évoquant un sociologue qui a étudié les
SMS.
Le résultat, qui n'étonnera personne, c'est qu'il existe un fossé de génération entre son fils
de 22 ans et lui, qui a la cinquantaine. Le sociologue n'est pas
capable de comprendre un SMS écrit par son fils. Ce qui étonnera
vraisemblablement certains, c'est qu'un autre fossé existe entre
les jeunes de 22 ans et les plus jeunes de 14 ans.
La tranche d'âge de 14 ans utilise des
abréviations de SMS
inconnues des 22 ans, qui ne sont donc pas en
mesure de comprendre les
SMS
de leurs cadets. Comme le signale
Stéphane, si le rôle principal d'un langage est de faciliter
la communication au sein d'un groupe, un rôle annexe
est de la limiter à l'extérieur du groupe.
La sœur de Stéphane est enseignante dans le secondaire.
Elle a raconté à Stéphane que ses élèves tapent des
SMS
en aveugle, les mains et le téléphone sous la table,
pour ne pas être vus du professeur. Cela me paraît
assez délicat de taper ainsi sans vérifier les fautes
de frappe, sans regarder l'écran ni le clavier.
David rétorque que cela lui arrive parfois de taper
en aveugle. [ En fait, il m'arrive parfois de taper
en aveugle, mais cela ne dure jamais plus de deux ou trois
secondes et immédiatement après, je vérifie et généralement
je corrige ce que j'ai tapé. ]
Pour continuer dans la même veine, il faudrait que les
téléphones portables puissent sortir les SMS de façon
discrète, en
morse
sur le vibreur. Ainsi la boucle serait
bouclée, les élèves de la sœur de Stéphane pourraient
prendre connaissance de leur SMS de la même façon,
discrètement en plein cours.
On a défini un geek comme une personne qui possède
un ordinateur personnel dont le prix est supérieur au prix
de sa voiture. Ce n'est pas toujours vrai.
Un exemple est celui de Nicolas.
À l'époque où il était étudiant, donc sans le sou et adepte
des transports en commun (par conviction ou par nécessité ?),
il a vu un jour une Twingo, le modèle venait de sortir une semaine
plus tôt. Il a immédiatement réagi en pensant :
« Cette voiture, je la veux ! »
Une semaine plus tard, il avait sa Twingo, qu'il a payée
à crédit pendant 5 ans. Mais comme il me l'a précisé
plus tard, « il n'était pas encore tombé dans l'informatique »
au moment de l'achat.
L'état de conservation des voitures est
très variable. D'un côté, il y a les Porsche,
dont l'état de conservation est impeccable après
plusieurs années. De l'autre côté, il y a
les Fiat
produites à une certaine époque.
En effet, à cette période, Fiat utilisait
des tôles provenant de navires désaffectés. L'acier de
ces tôles était donc imprégné de sel marin, d'où
une corrosion plus rapide que les autres voitures.
Fiat a racheté
Chrysler.
Je rappelle que ce n'est
pas la première fois que Fiat cherche à s'étendre à
l'étranger. De mes cours de géographie de terminale
sur l'Union Soviétique, j'ai retenu que Fiat avait
conclu à l'époque un accord de construction sous licence avec
Jigouli.
Bon, ce n'est pas un rachat ou une constitution de filiale, mais c'était quand même
une expérience de développement à l'étranger.
Est-ce que Fiat va abandonner la marque Chrysler ?
On peut penser que non, compte tenu de la notoriété
de cette marque. Cela dit, il y a déjà eu l'abandon
de la marque
Talbot
par PSA.
À propos de marques, mais dans un autre domaine, il
a été question de
Frigidaire.
Quelqu'un a dit que c'était une marque de
General Electric,
alors que je croyais que c'était le nom d'une firme
indépendante.
[ Si l'on en croit WikipediaFrigidaire
était une marque de
General Motors.
C'était pas loin...
]
Pour en revenir au domaine automobile, il existe de nouveaux
gadgets destinés à faciliter la conduite et à renforcer la
sécurité. L'un de ces nouveaux équipements est un radar
de suivi. Dans le cas d'une circulation chargée, par exemple
sur le boulevard périphérique, le radar de suivi permet d'évaluer la distance
et la vitesse du véhicule qui précède et d'ajuster automatiquement
la vitesse de son propre véhicule.
Dans un avenir de quelques années, il y aura, bien entendu,
de nouveaux équipements sur les voitures. Les bureaux d'étude
commencent déjà à y réfléchir. Pour améliorer la sécurité,
les ingénieurs ont essayé de trouver le maillon faible d'une
voiture et ils sont arrivés à la conclusion que c'était le
conducteur de la voiture. Hélas, il est impossible de supprimer
cet élément. L'une des idées qui est apparue est de limiter
les perturbations qui dégradent le fonctionnement de cet
élément peu fiable qu'est le conducteur. Notamment, éliminer
le paysage pour que le conducteur concentre son attention sur
la chaussée, la signalisation et les autres véhicules.
L'idée est donc d'avoir un habitacle complètement opaque
et de synthétiser une image donnant les seuls éléments
essentiels pour la conduite. C'est l'application de la réalité
virtuelle pour la conduite automobile.
Attention, il ne faut pas confondre « réalité virtuelle » et
« réalité augmentée ». Dans le premier cas, l'utilisateur
ne voit rien du monde réel, il ne voit que l'image synthétisée
à son intention et projetée sur un écran opaque. Dans la réalité augmentée,
l'écran est transparent et l'image de synthèse sert à renforcer les
détails importants de l'image du monde réel. Un romancier de
science-fiction évoquait déjà ces techniques dans un roman
des années 70. Et il s'était en fait inspiré de recherches
effectuées dans un laboratoire qu'il connaissait.
Charles évoque les infractions au code de la route. Certaines
infractions dangereuses, comme l'oubli du clignotant lorsque l'on
change de file ou de direction, sont moins souvent réprimées
que d'autres infractions moins graves comme les excès de vitesse.
C'est parce que la technique, avec les radars automatiques,
permet facilement de détecter les excès de vitesse et
d'identifier les contrevenants. Alors que pour les déboîtements
sans clignotant, il n'est pas possible d'automatiser la
détection.
Je ne mets pas en doute l'affirmation de Charles pour
dire que l'oubli du clignotant est une infraction
génératrice d'accidents graves. En revanche, je ne suis pas
d'accord lorsqu'il dit que les excès de vitesse n'ont
quasiment pas d'influence sur la sécurité routière.
Lorsque les radars automatiques ont été mis en place
il y a quelques années, on a observé simultanément
une réduction de la vitesse moyenne sur les routes
et une baisse du nombre d'accidents. Et dans ce cas,
on peut admettre qu'il y a un lien de cause à effet
entre ces deux phénomènes. Depuis, l'effet de nouveauté
des radars automatiques étant passé, la vitesse moyenne
a remonté un peu, tout comme le nombre d'accidents.
Une autre nouveauté dans le transport terrestre, mais on
ne peut pas dire que c'est du transport automobile :
il existe maintenant une
Segway biplace.
Le jour-même, est paru sur
Slashdot
un article
signalant qu'une équipe de chercheurs venait de
produire du deutérium hyper-dense.
Charles n'a rien lu de tel dans
La Recherche.
Mais il compte bien fouiller dans leur site web pour
trouver de plus amples renseignements à ce sujet.
D'autres participants ont utilisé l'accès web
par le Wifi ou par leur téléphone portable
pour lire Slashdot et nous apporter les maigres
précisions de l'article : c'est 100 000 fois
plus dense que l'eau et 1 000 000 fois
plus dense que la glace de deutérium.
Cet état hyper-dense du deutérium est intéressant
pour obtenir une réaction de fusion contrôlée.
En effet, les noyaux de deutérium sont déjà très proches
les uns des autres et il y a besoin de moins d'énergie
pour que la fusion se déclenche.
La discussion a enchaîné sur le sujet des isotopes.
Nous avons pu mesurer combien les souvenirs de physique
et de chimie de terminale sont émoussés. Quelqu'un
a dit qu'un isotope était un atome qui avait le même
nombre de protons que la variété de base, mais un nombre
d'électrons différent. Je regrette, mais c'est la définition
d'un ion, pas d'un isotope. Et l'ionisation, qui est l'ajout ou le retrait d'électrons
d'un atome, est du domaine de la chimie, pas de la physique
nucléaire. Un isotope est un atome qui comporte le même nombre
de protons que la variété de base, mais un nombre de neutrons
différent. Ainsi le deutérium, avec un proton et un neutron,
est un isotope de l'hydrogène (1 proton et 0 neutron).
Il y a également le tritium (1 proton et 2 neutrons),
un isotope radioactif de l'hydrogène. Charles se demande
quelle est la radioactivité du tritium. Je lui répond
que ce n'est sûrement pas de la radioactivité
alpha. Pour ceux qui ont oublié leurs cours de terminale
et qui n'ont pas compris la boutade, je précise qu'une particule
alpha comporte deux protons et deux neutrons, et c'est donc
difficile pour un simple noyau de tritium de rassembler
les éléments constitutifs d'une particule alpha.
Laurent en profite pour rappeler sa profonde déception
à propos de l'arrêt du LHC. Lui qui espérait tant
que cela créerait un
trou noir !
Mais il n'a pas perdu espoir. Cela lui pose un problème, toutefois.
Si jamais il est happé par le
trou noir,
il faudra bien qu'il continue à s'occuper
de l'autre côté de l'horizon et il faudra
notamment qu'il trouve un emploi. Mais alors, comment
les futurs employeurs à l'intérieur du
trou noir
pourront-ils demander les références de Laurent à ses
anciens employeurs, restés quant à eux à l'extérieur ?
[ Nicolas a-t-il participé à cette discussion ?
Je pense que non. Sinon, il n'aurait pas manqué de nous
rappeler que « les trous noirs, c'est un phénomène troublant. »
]
Nous avons parlé également de la masse manquante de l'univers.
Les scientifiques ont identifié 20 % de la masse de l'univers,
il reste encore à trouver les 80 % restants.
Un sujet lié, ou identique, c'est ce que l'on appelle
« énergie du vide ».
Il a été question de propriété intellectuelle, notamment de brevets
et de copyrights. Charles fait remarquer que la protection
du copyright est de 70 ans, tandis que celle du brevet
est de 10 ans. Un inventeur a donc intérêt à décrire son invention
dans un livre, publier ce livre et attaquer en justice les éventuels
copieurs pour plagiat (violation de copyright)
plutôt que pour contrefaçon (violation de brevet).
L'un des participants est un lecteur attentif des livres de
Nadine de Rothschild,
au sujet des
bonnes manières.
On y apprend la façon de poser une fourchette
sur la table, qui dépend de si vous êtes en France
ou en Grande Bretagne, ainsi que d'autres choses
tout aussi importantes.
Stéphane a évoqué un
documentaire
de Raymond Depardon
sur la justice. Ce documentaire présente entre autres le procès
d'un sociologue, pris en possession d'un couteau et inculpé par
conséquence de port d'arme prohibé. Le sociologue a voulu
assurer sa propre défense, sans recourrir à un avocat.
Cela n'a pas été du goût du juge. Le sociologue affirmait
avoir étudié les articles de loi en relation avec la possession
d'un couteau et que le couteau qu'il portait était donc licite.
La magistrate n'en a pas démordu, elle a qualifié le couteau,
si je me souviens bien, d'« arme par destination » et elle
a condamné le sociologue. Les juges n'aiment pas que les accusés
assurent leur propre défense. Même lorsque c'est un avocat qui
est dans le box des accusés, il engage un confrère pour assurer
sa défense.
L'histoire de l'« arme en destination » me rappelle une histoire
analogue qui s'est produite au XIXe siècle, dont j'ai entendu
parler mais dont j'ai oublié un certain nombre de détails.
Une personne était accusée de meurtre avec préméditation.
Elle avait un couteau sur elle au moment des faits.
Un humoriste de l'époque était venu témoigner pour sa défense
et avait donné la comparaison suivante :
Vous voyez, M. le juge. Sur moi, à l'instant, j'ai tout ce qu'il
faut pour commettre un attentat à la pudeur. Et pourtant, je n'ai
pas l'intention d'en commettre un.
Pour en revenir au couteau du sociologue, je rappelle que
la règle pour les couteaux est que la longueur de la lame
ne doit pas dépasser la largeur de la paume de la main.
On me répond que c'est une légende et que la longueur de lame
autorisée dépend beaucoup du contexte. Ainsi, un agriculteur
qui emporte son casse-croûte pour une journée de travail
dans les champs pourra avoir sur lui un couteau de taille
respectable. Tandis que si un loulou de banlieue est pris
dans une manif avec un couteau, même relativement petit,
il sera pris pour port d'arme illicite.
Cela a été expliqué par Bruno Léandi, journaliste de
Fluide Glacial
qui a rassemblé ses chroniques dans
l'Encyclopédie du Dérisoire.
[ Et ne parlons pas de cette abominable engeance
que l'on appelle « usagers des transports aériens ».
Chez ces sinistres individus, un simple cure-dents ou une
vulgaire lime à ongle est considérée comme une arme de guerre.
En revanche, vous pouvez
prendre l'avion avec une tronçonneuse sans être inquiété.
]
Charles a évoqué la grippe mexicaine, ou grippe porcine.
Les spécialistes s'attendent à une grippe encore plus virulente,
qui nous viendrait de la même région, mais qui serait transmise
par le bœuf. Il s'agirait de la grippe « à steack ».
(Et certains ont eu du mal à comprendre qu'il s'agissait d'un
calembour.)