Présents à la réunion, en fonction de l'ordre d'arrivée approximatif
Théo,
Charles,
moi,
Nicolas,
Laurent,
Alexandre,
Jérôme,
et David.
Comme le mois précédent, nous sommes allés
au Café Indiana, juste à côté de la Taverne
République. Nous avons mangé des nachos,
des enchiladas, des tacos,
des burgers (Indiana et blue cheese),
des brownies et des tartes aux pommes. Nous avons bu de la bière
(Heineken notamment) et un daiquiri.
C'est le retour de
YAPC,
qui a vu la participation de
Larry Wall,
Damian Conway
et Mark-Jason Dominus
parmi les personnes les plus connues.
On peut remarquer un exposé de Damian
où il explique comment utiliser des variables
positroniques, c'est-à-dire des variables qui
remontent dans le temps. C'est-à-dire elles peuvent
être alimentées à la fin du programme et utilisées
au début, alors que le programme ne comporte aucune
boucle et aucun goto.
Exemple :
À un moment, une cliente du café a heurté le
verre de Charles et Théo a donc été
éclaboussé par de la bière. J'ai évoqué le cas
d'un participant à
YAPC 2006
et 2007 dont je
tairai le nom mais que je désignerai par « A ».
Lors de la « journée zéro »
de YAPC à Birmingham, il était en train de discuter avec
« B », un autre participant. « B » avait un sac
sur le dos et un verre de bière à la main.
À un moment, le velcro de la bretelle du sac-à-dos a
lâché et son propriétaire a voulu rattraper son sac.
Du coup le verre a volé et a éclaboussé le pantalon
de « A ».
Deux jours plus tard, c'était le repas des participants,
dans un restaurant de Birmingham. « A » était
à la même table que « C », qui préfère le jus d'orange
à la bière. Mesurant mal la position respective de son bras
et du jus d'orange de « C », « A » accroche
le verre et le renverse sur son pantalon.
Un an plus tard, au début du repas des participants à Vienne,
« A » était en train de prendre l'apéritif
avec « D ». Un geste brusque de « D »
heurte la main de « A » qui tenait un verre de
champagne, ce verre effectue un vol plané, vide son contenu
sur le pantalon de « A » et s'écrase au sol.
Moralité : si vous allez à YAPC, emportez un pantalon
de rechange.
David a évoqué une
entrée récente
du journal de Sébastien (maddingue) sur
use.perl.
Il y raconte qu'il doit maintenir du code
avec 8 niveaux de références. Dans
l'entrée suivante,
il explique comment arranger ce code en remplaçant
une expression compliquée par une variable intermédiaire.
Charles nous demande s'il existe un moyen d'écrire en couleurs
sous Windows, plus précisément dans une fenêtre
COMMAND.COM ou cmd.exe.
Son but est d'afficher un texte dans une couleur avec
des annotations grammaticales d'une autre couleur.
La première réponse qui vient à l'esprit est
Term::ANSIColor
mais sur la fenêtre DOS, on voit apparaître les séquences
d'échappement. Théo a proposé
Win32::Console::ANSI,
qui doit émuler une console ANSI sur un système Windows.
David a proposé également de sortir le texte
en HTML avec les balises permettant de modifier
la couleur. Finalement, Charles préfère la première
solution à laquelle il a pensé, à savoir
utiliser Tk
pour produire un texte en couleur.
Théo a signalé qu'il existait un autre site
de documentation Perl francophone (entendez un
site qui ne reprend pas
la documentation de Paul Gaborit).
Et ce site propose entre autres quelques recettes
pour utiliser Perl sous Windows, dont un exemple
d'affichage de texte en couleurs.
Charles nous a également parlé de base de données
sdbm.
Je n'ai pas suivi toute la conversation, je me souviens
juste qu'il avait des résultats curieux avec la compression :
le fichier compressé était plus gros que le fichier équivalent
sans compression.
Nicolas nous a parlé d'un problème qu'il
a eu dans ses développements
Ruby.
Ce problème lui a résisté pendant très
longtemps, jusqu'au moment où il a
remarqué qu'il avait mal orthographié
le nom d'une méthode. En Perl, on peut
se prémunir contre ce problème avec
Symbol::Approx::Sub.
C'est bientôt
les Journées Perl Francophones
à Lyon. Alexandre profite de la réunion pour réitérer
son offre de covoiturage, ce qui permettrait de
partager les frais. Pour l'instant [ c'est-à-dire
au moment de la réunion ] seul Éric (glb)
s'est déclaré intéressé.
Laurent a beau avoir vanté son fabuleux Nokia,
lorsque David le lui a emprunté pour essayer
de trouver une informations sur Internet,
il n'a pas pu établir la connexion avec les
points d'accès disponibles.
Il existe de nombreux points d'accès wifi
mis en place par la Ville de Paris.
À terme, toutes les mairies, toutes les
bibliothèques et tous les espaces verts
devraient permettre l'accès wifi à Internet.
J'ai vaguement entendu une conversation
entre Jérôme, Nicolas et d'autres, où il était
question des avantages respectifs de
SPIP
et des solutions à base de Wiki.
Le seul argument que j'ai retenu,
c'est que lorsque l'on décide de changer
toutes les catégories en mots-clés et tous
les mots-clés en catégories, c'est très
simple et très rapide avec SPIP,
tandis que c'est laborieux avc un Wiki.
Sur le site
Géo-portail,
vous pouvez voir des photos aériennes comme avec
Google Earth.
Mais les zones stratégiques sensibles apparaissaient
sous la forme d'une zone grise. Les apprentis-terroristes
ne pouvaient donc pas savoir ce qu'il y avait de
stratégique à cet endroit, mais ils pouvaient être
sûrs qu'il y avait quelque chose de stratégique.
Maintenant, les sites sensibles apparaissent
floutés sur les photos aériennes, ce qui attire
moins l'oeil lorsque l'on regarde
sans trop faire attention.
Oracle
est une base de données qui cherche, comme les autres,
à être portable et performante. C'est pour cela
qu'une base de données Oracle incorpore des
drivers de réseau, un serveur web
et même, depuis peu, un driver NFS.
Ce mois-ci, Laurent n'a pas cherché à nous faire la retape
de son Nokia. En revanche, il nous a parlé avec
un enthousiasme débordant d'un utilitaire,
System Tap,
disponible chez
Red Hat.
Cela permet de suivre les performances de son
de ou de ses machines. Ce logiciel comporte
une sorte de langage de programmation pour
spécifier des requêtes élaborées.
Il a été question de la géolocalisation
par téléphone portable. En France, votre
téléphone portable affiche juste le nom
de l'opérateur. En Australie, nous
dit David, un téléphone portable affiche
en plus la ville et éventuellement le quartier,
en fonction du réemetteur cellulaire le plus proche.
En France, le protocole de téléphonie portable
peut faire comme en Australie, seulement
cela n'a pas été mis en oeuvre.
Précisons que la géolocalisation n'a pas
lieu seulement lorsque l'usager compose
un numéro pour appeler. La localisation
se produit également lorsque le téléphone
est en veille, car si quelqu'un appelle
le possesseur du téléphone,
l'opérateur doit savoir où router
l'appel. Donc, on vous suit à la trace
partout où le réseau passe.
Les Australiens en sont conscients,
mais les Français ne sont pas tous au courant.
[ Rappelez-vous que
la dernière fois,
Nicolas assurait qu'il ne voulait pas
de passe Navigo car il serait fliqué.
J'aurais pu lui rétorquer que les téléphones
portables sont bien pires que les passes
Navigo, mais comme il a été longtemps
réfractaire à ce gadget, et comme, à mon
avis, son téléphone n'est pas continuellement
en veille, on ne peut pas
vraiment dire qu'il est déjà fliqué
« jusqu'à la moelle ».
]
Nous avons évoqué la difficulté des
étrangers pour apprendre le français.
C'est dû au fait que de nombreux mots
comportent des lettres qui ne
se prononcent pas.
On peut dire la même chose de la
prononciation anglaise.
Quelqu'un (Charles ? Laurent ?)
raconte qu'il a entendu parler de
James Stewart
(que nous prononçons habituellement « djéms' stiou-art' »).
Mais il a eu du mal à comprendre qu'il était question
de cet acteur, car la personne avait dit
« djéms' stiou ».
Je cite le recueil de nouvelles Temps,
dont j'ai parlé
il y a presque un an.
Dans la nouvelle qui m'avait le plus plu,
Pitbull Brittan
l'un des personnages se nomme, je cite
Basil Mapledurham (pronounced Mumm).
Il y a le cas également de la traduction du mot « poisson ».
J'ai lu dans fortune(6) qu'en anglais
ce mot se prononce ghoti, mais qu'il
s'écrit fish. Pour ceux qui ne connaissent
pas la
prononciation anglaise,
on a :
le « gh » de enough,
le « o » de women,
le « ti » de nation.
Les différences de prononciation entre différents
langages peuvent donner des effets curieux.
Ainsi, des employés français de CMG
(« sé-emm'-jé ») sont surpris lorsqu'ils
rencontrent des employés néerlandais de CMG
(« sé-emm'-rhé », avec le « rh »
prononcé comme le « ch » allemand).
Et maintenant, ces gens-là appartiennent à
Lo-rhi-ca-sé-emm'-rhé.
Charles nous a raconté qu'au cours de ses pérégrinations
à Paris et dans les environs, il a voulu photographier
un bâtiment avec une architecture remarquable.
Mais le propriétaire est arrivé et lui a dit
qu'il était interdit de photographier ce bâtiment,
puisque son architecture est la propriété intellectuelle
de l'architecte. Dans la suite de la discussion,
il apparaît que ce n'est pas un cas isolé, de nombreux
bâtiments sont soumis à ce genre de réglementation
sur la propriété intellectuelle. Cela dit,
cela ne couvre pas les photos aériennes verticales,
car l'architecture n'est pas reconnaissable
vue de haut. Sauf pour
une exception.
Et pensez donc à ceux qui photographient les
pyramides de Gizeh :
ils doivent payer des droits d'auteur (ou « d'architecte » ?)
qu'il faut ensuite diviser et redistribuer aux ayants-droits
des architectes...
Toujours à propos d'architecture, Laurent nous a
parlé de l'usine qui figure sur la couverture
de l'album
Animals
de Pink Floyd.
Nous étions plusieurs à croire que c'était
le dessin ou la peinture d'une usine
imaginaire. Éh bien non, c'est une
véritable usine et on peut l'apercevoir
lors d'un trajet Paris-Londres en train,
juste avant l'arrivée.
David a tiré un certain nombre d'éléments d'un ouvrage de
Fritjof Capra
(si j'ai bien retenu le nom).
Quant à moi, une partie des arguments que j'ai utilisés
provient de
The Science of Discworld
et de
The Science of Discworld III: Darwin's Watch.
Ces deux ouvrages, ainsi que le
numéro II sous-titré The Globe,
sont écrits par le romancier
Terry Pratchett
et par les scientifiques
Ian Stewart
et Jack Cohen.
Ils contiennent en contrepoint un mini-roman mettant
en scène les magiciens du Monde-Disque
et une série d'exposés scientifiques.
À la limite, selon vos préférences, vous pouvez vous contenter de lire
les chapitres impairs ou ne vous intéresser qu'aux chapitres pairs.
Dans la suite, j'abrège les titres en SODW et D'sW.
Quant à Charles, je ne sais pas quelles sont ses sources. Vraisemblablement
ce qu'il a retenu au cours de ses études et de son travail.
Avertissement : alors que d'habitude j'essaie de différentier
ce qui a été dit en réunion et les remarques que je fais après
coup lors de la rédaction du compte-rendu. Ici, je n'ai pas
fait cette distinction. Notamment, lorsque je relate un fait
extrait de SODW ou de D'sW, il peut
s'agir d'un fait que j'ai évoqué lors de la discussion, ou
bien d'un fait que j'ai ajouté a posteriori pour préciser ou illustrer une
intervention de David ou de Charles
La discussion a commencé par une anecdote australienne.
Un homme se promenait dans la nature est s'est rendu
compte à un moment qu'il était cerné par des crocodiles.
Il a eu le temps de monter dans un arbre. Mais une fois
là-haut, il a dû attendre quatre jours avant de voir
arriver les secours.
David a enchaîné sur une autre anecdote zoologique
et australienne.
Pour lutter contre un certain parasite,
des Australiens ont introduit le
cane toad
(crapaud de la cane à sucre ?), prédateur
avéré de ce parasite dans les plantations des
Caraïbes. Hélas, les crapauds n'ont pas éliminé
les parasites que l'on souhaitait éradiquer.
Pis, ces crapauds n'avaient pas de prédateurs, donc
ils ont proliféré. Et la population de crapauds
se déplace à travers l'Australie à la vitesse de
quelques dizaines de kilomètres par an.
Le crapaud
n'a pas de prédateurs, mais il avait des aspirants-prédateurs.
En effet, certains serpents mangeaient ces crapauds
qui, en fait, étaient toxiques pour la faune australienne.
On a remarqué que dans une espèce, la taille moyenne des
serpents avait nettement diminué en cinquante ans. En
effet, les serpents qui étaient suffisamment gros pour
pouvoir avaler les crapauds mouraient sans descendance
tandis que ceux qui étaient trop petits pour les avaler
vivaient longtemps et avaient une descendance nombreuse.
C'est le darwinisme en action sur une échelle de temps
ultra-courte !
Charles nous rappelle que la génétique est une science
en pleine expansion. Mais comme assez souvent en science,
plus on a de réponses, plus cela fait apparaître de questions.
Entre autres, les généticiens ont abandonné l'ancienne
définition qu'ils avaient pour les gènes et ne savent
pas comment définir un gène réellement.
Comme les mammifères sont des animaux très développés,
nous croyons que notre patrimoine génétique est plus
important que celui des autres êtres vivants.
C'est faux. Celui des arbres (selon David) et de certains
animaux à sang froid tels que la grenouille
ou le triton (selon SODW page 265)
est plus développé que le nôtre. En effet, un arbre ne
peut pas se déplacer, donc il doit pouvoir répondre
aux agressions de l'environnement par sa biochimie à
défaut de prendre la fuite. De même, un animal à
sang froid doit pouvoir synthétiser plusieurs protéines
différentes pour le même besoin, mais correspondant
à des plages différentes de la
température extérieure.
Mais comment la vie a-t-elle pu apparaître dans un monde
sur lequel règne la Seconde Loi de la Thermodynamique, demande
Charles. En effet, la vie se traduit par une évolution
du désordre vers l'ordre, donc une diminution d'entropie.
David et moi lui répondons que la Seconde Loi fait l'hypothèse
que le système est isolé. Pour un système qui communique
avec l'extérieur, il est possible d'évoluer vers l'ordre,
pourvu qu'il échange de l'énergie avec l'extérieur.
Au début Charles a eu de la difficulté à assimiler
notre point de vue, mais au bout d'un certain temps
il l'a repris à son compte en faisant la comparaison
avec une personne qui range ses livres dans sa bibliothèque.
La personne a dépensé du travail pour déplacer les
livres d'un rayon à l'autre, ce qui a permis de diminuer
l'entropie de la bibliothèque.
Un autre aspect tracasse Charles. Il a du mal à
accepter le fait que l'ordre peut apparaître spontanément
sans être guidé par quelque chose de supérieur.
Je prend l'exemple d'une molécule avec une extrémité
hydrophile et une extrémité hydrophobe. Si l'on plonge
une certaine quantité de ces molécules dans l'eau,
elles se regroupent pour former une membrane en deux
couches, de façon que les extrémités hydrophobes soient
mutuellement en contact plutôt que d'être en contact avec
des molécules d'eau.
David prend trois exemples issus du monde mathématique.
Le premier est
l'ensemble de Mandelbrot.
Il est défini tout simplement comme l'ensemble des complexes c tels
que la suite zn+1 = zn2 + c
ne tende pas vers l'infini. La définition est plutôt simple, non ?
Et pourtant, cette simple définition conduit à un ensemble
dont la frontière fait apparaître des structures élaborées.
Le deuxième exemple est voisin du premier, puisqu'il s'agit des attracteurs
étranges. Cela montre qu'un comportement chaotique peut recéler
une structure sous-jacente.
Le troisième exemple cité par David est le
Jeu
de la Vie
de John Conway.
Les règles
sont très simples. Le jeu prend
place sur un feuille quadrillée a priori
infiniment étendue dans les deux dimensions.
Chaque carreau (ou cellule) comporte zéro ou un point.
Pour passer à la génération suivante, un point
survit si dans les huit cellules voisines, figurent
deux ou trois points. Un point apparaît dans une cellule
vide si parmi les huit cellules voisines, figure exactement
trois points. Certaines configurations sont stables, d'autres
oscillent sur quelques générations, d'autres, telles ces trois-ci :
se reproduisent à l'identique au bout de quatre générations, mais
avec une translation de deux cellules horizontalement. Une autre configuration,
nettement plus connue, se reproduit à l'identique avec
une translation diagonale d'une cellule :
.....
.ooo.
...o.
..o..
.....
Cette configuration est appelée glider, slider,
« planeur » ou « glisseur ». Puis on a trouvé
une configuration qui se reproduit à l'identique au bout de 15 générations,
avec un planeur en plus. Comme ce planeur est orienté pour s'éloigner
de la configuration initiale, 15 générations plus tard, il y aura
deux planeurs, puis trois à la 45e génération, et ainsi
de suite. La configuration a été nommée « canon à glisseurs ».
Et comme cela a déjà été évoqué
il y a 4 ans et demi,
avec un codage particulier des zéros et des uns en planeur
et absence de planeur, on peut
simuler des circuits logiques.
Le chapitre 12 de SODW prend l'exemple d'un autre automate
cellulaire,
la fourmi
de Langton.
Les règles sont aussi simples que pour le jeu de la vie.
Une fourmi (qui tient un peu de la tortue de
LOGO)
se déplace sur un espace quadrillé, coloré en blanc et noir. Chaque fois qu'elle pénètre
sur un carré blanc, elle le change en noir et elle tourne
à gauche. Chaque fois qu'elle pénètre sur un carré noir, elle le
change en carré blanc et tourne à droite.
En partant d'une situation initiale entièrement blanche,
la fourmi commence par tracer des motifs simples et symétriques.
Puis cela tourne au chaos, genre pelotte de ficelle malmenée
par deux ou trois chatons. Puis tout d'un coup, elle se met
à tracer une « autoroute » régulière en diagonale.
Beaucoup moins varié que le jeu de la vie (quoique certains s'amusent à
faire cohabiter trois fourmis),
cet automate programmable montre un aller-retour entre l'ordre
et le chaos.
Pour revenir à la biologie et à l'évolution, Charles évoque
l'apparition de l'oeil. David signale que l'oeil est apparu
de façon indépendante dans plusieurs branches de l'évolution,
avec des différences d'une branche à l'autre. Le sujet
est évoqué dans SODW page 189 et détaillé
dans D'sW pages 39-40 et 44-47.
Compte tenu du nombre de phénomènes chimiques influencés
par la lumière (la synthèse chloropyllienne et le bronzage
sont les deux plus connus, mais pas les seuls, loin de là),
il y a plusieurs points de départ possibles pour que
l'évolution obtienne un oeil.
D'sW cite entre autres l'ouvrage de Bruce Weber
et de David Depew, Debating Design,
dans lequel il est signalé que certaines enzymes présentes
dans le cristallin sont très semblables à d'autres enzymes
que l'on trouve dans le foie. L'oeil serait donc dérivé
d'un organe permettant de digérer des aliments.
Le même D'sW cite également une étude par
Daniel Nilsson et Suzanne Pelger, estimant à 100 000 générations
le temps nécessaire pour transformer une tâche cutanée photosensible
en un oeil équivalent à l'oeil humain. Le titre exact de cette
étude est :
A pessimistic estimate of the time required for an eye to evolve.
Avez-vous noté le terme pessimistic ?
David a évoqué le réchauffement de la planête, avec notamment
la fonte de la calotte glaciaire arctique.
Jusqu'à présent, c'était graduel, mais si cela continue,
la fonte risque de s'accélérer et la calotte va alors
disparaître d'un seul coup.
David a également signalé un autre phénomène.
Si l'effet de serre augmente à cause du gaz carbonique
et si la température se réchauffe pour cela, la température
des fonds océaniques augmentera également. Or, il y
a une importante quantité de méthane présente dans les
fonds marins et si la température augmente,
ce méthane est libéré, gagne l'atmosphère en masse
et participe lui aussi à l'effet de serre.
À noter que SODW cite, à la page 206, un
cataclysme analogue
qui s'est produit à l'ère
tertiaire entre l'époque du paléocène et l'éocène,
cataclysme qui s'est accompagné de l'extinction de nombreuses
espèces.
Faites attention avec le
diagramme de Wikipedia,
le temps s'écoule de droite à gauche.
Nous avons évoqué les autres extinctions d'espèces
qui ont frappé la Terre. La plus connue est l'extinction
des dinosaures, à la fin de l'ère secondaire, soit
65 millions d'années avant aujourd'hui.
La théorie la plus en vogue est celle énoncée par
Luis Alvarez, selon laquelle l'extinction serait
due à la
chute d'un météorite
dans le Golfe du Mexique.
Charles en évoque une autre, une activité volcanique
importante dans le
Deccan
qui a donné des formations géologiques appelées
trapps.
On a connu récemment des cas de modification du climat
à cause d'éruptions volcaniques comme celle du
Krakatoa.
Avec la poussière qui a été envoyée dans la haute atmosphère,
nos aïeux du XIXe siècle ont eu droit à de
magnifiques couchers de soleil, mais en contrepartie
ils ont eu une baisse de température générale.
Dans SODW (pages 249 à 251), les auteurs préfèrent une troisième
théorie : l'extinction des dinosaures est due
à la fois à la chute d'un météorite et à l'éruption
des trapps du Deccan. Lorsque le météorite
est tombé dans le Golfe du Mexique, une onde de choc
s'est propagée sur la planète entière et, pour des
raisons élémentaires de géométrie sphérique, a été focalisée
aux antipodes du cratère
Chicxulub...
c'est-à-dire au Deccan. La croute terrestre de cette région
se serait alors fragilisée, d'où la recrudescence du
volcanisme. L'un des arguments de SODW,
c'est que ce phénomène s'était déjà produit. En effet,
à la fin de l'ère primaire, il semblerait qu'il y ait eu simultanément un impact
de météorite en Australie et une recrudescence du volcanisme
aux antipodes, c'est-à-dire en Sibérie.
Comme le signale SODW page 206, cette extinction
entre le Permien et le Trias il y a 250 millions
d'années a été beaucoup plus importante que celle
entre le Crétacé et le Tertiaire, puisqu'elle
a fait disparaître 96 % des espèces vivantes.
Mais c'est l'extinction entre le Crétacé et le
Tertiaire qui est la plus connue, car « les
dinosaures ont fait appel à de meilleures
agences de relations publiques ».
Finalement, il y a eu une autre extinction, encore
plus ancienne. Cela s'est passé pendant le Précambrien,
il y a 800 millions
d'années selon SODW,
il y a 750 millions d'années selon
Wikipedia.
Il y a eu une
glaciation
sans commune mesure avec les
Würm
et Riss
qu'ont connues les
hommes préhistoriques.
Charles évoque une hypothèse selon laquelle les extinctions
d'espèces sont cycliques et correspondraient à
la révolution du système solaire autour de la
Voie Lactée.
Pour la révolution de la Terre autour du Soleil,
nous avons des pluies de météorites périodiques comme les
Perséides.
Il peut y avoir un phénomène du même
genre pour la rotation du système solaire
autour du centre de la galaxie et ce phénomène
peut affecter la quantité de rayonnement solaire
atteignant la surface de la Terre, donc le
climat. D'où des extinctions d'espèces
à intervalle régulier.