Présents à la réunion, en fonction de l'ordre d'arrivée
Emmanuel,
moi,
Olivier,
Sébastien,
Philippe (un nouveau),
Alexandre,
Éric,
Julien,
et David (L).
Comme le restaurant est un restaurant kurde, les noms de plat
sont en kurde (mais ISO-8859 quand même). Donc, je n'ai pas
retenu ces noms. Quant à la bière, la plupart des participants
ont consommé une bière hollandaise, la Gorchle ou quelque chose
d'approchant. Quant aux réfractaires, pas de margarita mais un porto
pour moi, pas d'Orangina mais un Coca-Cola pour Emmanuel qui
constate donc que le Pouchla n'est pas fait pour lui...
C'est la première fois que Philippe (encore un !) vient
à une de nos réunions, mais hélas il n'aura pas souvent
la possibilité de revenir nous voir. En effet, il réside
à Grenade en Espagne et il travaille à l'université
de Grenade en tant que professeur de mathématiques.
C'est à l'occasion de vacances dans sa famille
en France qu'il a consacré un soir à venir nous
rendre visite.
Cela fait très peu de temps que Philippe utilise
Perl. Il demande quelques suggestions pour utiliser
Perl dans le cadre de son travail en mathématiques.
Je lui cite
l'exposé
d'Olivier K.
aux Journées Perl 2004
où il expliquait comment il générait du LATEX
avec Perl, pour donner à ses élèves des problèmes avec des valeurs
numériques différentes, mais bâtis sur la même structure.
Emmanuel a revu le même exposé aux RMLL quelques années
plus tard. Cela n'a pas changé.
Philippe pensait plutôt construire un site web où ses
étudiants pourraient télécharger les cours et les devoirs.
De plus, chaque fois que quelqu'un télécharge quelque chose,
un programme Perl, greffé dans le serveur web,
noterait qui a téléchargé quoi. De la sorte, Philippe
pourrait savoir quels sont ses étudiants qui ont étudié
le sujet du cours et quels sont ceux qui n'ont rien
fichu. Histoire d'alimenter la conversation lorsque,
après les résultats d'un examen, certains viennent
implorer leurs professeurs pour obtenir quelques points
supplémentaires (dans certains cas, ils demandent de
convertir un 1/10 en un 5/10, pour avoir la moyenne !).
Philippe demande quels sont les livres les meilleurs pour
un débutant. Il est possible de commencer avec le
livre du dromadaire
(c'est ainsi que j'ai commencé).
Il est possible également de commencer par le
livre du lama
comme l'a fait Emmanuel, qui l'a lu en une soirée, mais il faut éviter de
continuer comme lui, en achetant le
livre de la panthère (première édition)
car un débutant risque de ne rien y comprendre. Un bon
livre pour continuer à apprendre Perl est le
Cookbook (livre du mouflon)
qui présente des cas concrets.
Pour en revenir à Advanced Perl Programming,
signalons qu'il existe une
« deuxième édition »,
mais que c'est un peu mensonger. En effet, les points communs entre la première
et la seconde éditions sont :
le titre,
l'illustration de couverture,
et c'est tout ! Tout le reste a changé, à commencer
par l'auteur et la table des matières. Cela dit, la seconde
édition est très intéressante, avec des sujets remis au
goût du jour.
Emmanuel a évoqué un livre qui s'adresse plutôt à des programmeurs
confirmés en Perl:
Perl Hacks.
Il l'a acheté au stand
Le Monde en Tique
à Solutions Linux
mais il ne l'a pas encore lu. Moi aussi, j'en ai
un exemplaire dans la file d'attente des livres à lire,
mais comme j'avais déjà commencé à lire un (gros) livre lorsque
je l'ai acheté, il faudra attendre, d'autant plus que ce n'est
pas le seul livre dans la file d'attente, loin de là.
Quant à Emmanuel, il a trois files d'attente : une pour les
livres, une pour les comics et une pour les mangas.
Philippe demande s'il existe des groupes espagnols pour Perl.
Nous lui répondons qu'il doit certainement y avoir des groupes
par-ci par-là en Espagne. Dans le temps, le site de
Bath.pm
comportait une carte des groupes de Perl Mongers
recensés sur la planète. La carte a disparu de ce site pour
réapparaître sur le
site principal des Perl Mongers.
Avec son téléphone et le Wifi du restaurant et beaucoup de patience, Emmanuel accède
à ce site pour chercher les groupes espagnols. Comme ceux qui connaissent
la géographie de l'Espagne l'auront deviné, le groupe le plus proche de Grenade
est celui de
Malaga.pm,
à quelque chose comme 120 kilomètres de Grenade.
Philippe demande si le suffixe « .pm » est censé
signifier « Perl module ». Nous lui répondons que
la signification est Perl Mongers, mais qu'il
existe effectivement une ambiguïté avec « Perl module »
et que cette ambiguïté est volontaire.
Pour apprendre Perl, il existe également
le site Perl Monks,
une communauté en ligne, donc sans problèmes liés à la géographie,
mais là, je n'apprend rien à Philippe, il a déjà découvert
ce site.
Philippe demande s'il est indispensable de connaître la
programmation orientée objet pour programmer en Perl.
Non, ce n'est pas indispensable. Certains même parmi
les participants prétendent ne rien connaître à la POO.
David tente de donner un exemple basé sur le module
HTTP::Size.
Ce module permet de savoir quelle taille en octets
occupe une page web en comptant tous les éléments
inclus tels que les images. On commence donc
par instancier une variable :
Je fais remarquer à David que son exemple n'est pas
très approprié, car le module pourrait avoir une
interface procédurale qui serait plus succinte que l'interface
objet, même condensée en une ligne :
Pour lire la doc d'un module, le seul moyen que connaissait
Philippe, c'était d'éditer le fichier source et de rechercher
les balises =headn ou =pod.
Nous lui signalons qu'il existe un utilitaire tout prêt
qui formatte la documentation comme il faut, c'est
perldoc. Cet utilitaire possède de nombreuses
options méconnues. Par exemple, -mnom-de-module
permet d'afficher le source complet du module, en combinant le
POD et les instructions exécutables. Et comment savoir
quelles sont ces options ? Tapez
Emmanuel évoque un
article
de Mark-Jason Dominus
datant de 1999 où ce dernier explique que l'ajout d'un
nouveau fichier POD dans la distribution standard n'est
pas forcément un gain. En effet, cela laisse croire à
l'utilisateur néophyte qu'il est obligé de tout lire avant
de commencer à programmer en Perl et à la longue, l'accumulation
de pages de manuel risque de décourager de tels débutants.
La page des Perl Power Tools
ne répond plus ! [ Inutile de cliquer sur ce lien, donc.
D'autre part, lors de la rédaction de ce compte-rendu, j'ai
été rassuré pendant quelques minutes en constatant qu'il existe
quand même
une entrée pour PPT dans SourceForge.
Mais je me suis rendu compte qu'il s'agissait d'une coquille vide. ]
Et le hackathon ?
Sur la liste, il y a eu un message de BooK. Puis une réponse... automatique
de quelqu'un qui a changé d'adresse électronique.
Olivier a pris soin d'imprimer une carte pour se rendre au
restaurant. Cela dit, l'itinéraire nous semble
un peu trop sinueux.
Cela me rappelle un
article dans le forum sur les risques technologiques
où l'auteur expliquait ce que donnait le logiciel
MapPoint de Microsoft pour l'itinéraire
de Haugesund jusqu'à Trondheim. L'itinéraire le plus
rapide traversait l'Angleterre, la France, la Belgique et
quelques autres pays. L'auteur expliquait que les
invasions vikings de la fin du premier millénaire
étaient peut-être dues à des Norvégiens utilisant
MapPoint. Quant à l'itinéraire sinueux d'Olivier
le piéton, il semble en réalité destiné aux automobilistes
respectueux des sens interdits et des sens uniques.
Emmanuel a tenté d'accéder au web avec son téléphone
portable. Cela fonctionne (à peu près), mais ce n'est
pas un écran de 21 pouces, donc les caractères
sont plutôt difficiles à lire, compte tenu de leur
taille.
Alexandre nous a rappelé tous les avantages
à utiliser un abonnement
Free
pour téléphoner. Il suffit de se connecter
à Free depuis n'importe où dans le monde
en payant toujours le même tarif.
Pour recevoir un coup de téléphone, c'est
un peu plus délicat, mais c'est faisable.
Philippe nous a demandé comment déclarer sa
machine en tant que serveur. Apparamment, le
réseau de son université lui attribue une
adresse en 192.168. C'est un réseau privé, donc
seuls les machines sur le même réseau pourront
accéder à la machine de Philippe. Veut-il
être visible depuis Internet tout entier ?
Dans ce cas, c'est raté. Veut-il plutôt
n'être visible que pour ses étudiants ?
Dans ce cas, cela peut fonctionner. Mais
en fait, compte tenu de la charge que représente
l'administration d'un serveur, nous lui
conseillons plutôt d'utiliser les services
proposés par le département informatique de
son université, même si ce n'est pas sa
machine qui héberge les fichiers à servir.
Philippe a été témoin d'une tentative
de phishing.
Il a reçu un message de sa banque,
Banco Santander,
avec un lien sur lequel cliquer,
pour je ne sais plus quelle raison.
Philippe a cliqué sur ce lien.
Il a alors remarqué deux choses qui
l'ont inquiété. D'une part, ce n'était
pas du https: mais simplement
du http:, d'autre part,
l'adresse n'était plus terminée
par .es, mais par .ek.
Il est allé signaler cela à un guichetier
de la banque, mais ce dernier n'a rien voulu
savoir.
[ J'ai cherché ce que pouvait bien
signifier .ek, mais même en consultant
un module Perl adéquat
et le lien proposé,
je n'ai pas trouvé.
]
Philippe s'étonne de recevoir du spam
alors qu'il prend bien soin de masquer son adresse
électronique dans les pages web. Du coup, il reçoit
un exposé détaillé sur l'état de l'art du spam.
Tout d'abord, comment son adresse a été
extraite. Il est vraisemblable que son adresse
figure dans le carnet d'adresses
Outlook
de plusieurs de
ses correspondants réguliers. Il suffit que la
machine de l'un de ces correspondants soit infectée
par un programme espion pour que le carnet d'adresses
soit expédié au spammeur.
Ensuite, il ne faut pas apporter foi à l'en-tête
From: des messages. D'ailleurs bien souvent
nous recevons des spams soi-disant expédiés par nous-mêmes.
Un programmeur qui code lui-même ses échanges SMTP
est parfaitement capable de mettre n'importe quoi
dans l'en-tête From:. Il n'y a même pas besoin
d'avoir une adresse de messagerie pour expédier
du courrier. L'émission et la réception du courrier
électronique sont deux opérations distinctes, même si
les programmes de courrier électronique intègrent
ces deux fonctionnalités.
Par analogie avec le courrier papier,
tout le monde peut déposer une lettre dans une boîte
aux lettres jaune de La Poste au coin de la rue,
même s'il n'a pas de boîte aux lettres personnelle
au rez-de-chaussée de son immeuble ou à l'entrée
de sa maison.
[ Cela dit, ce qui précède est la description des
serveurs open relay.
Les autres serveurs imposent à l'expéditeur d'avoir une
adresse, donc un abonnement, chez le FAI associé,
le but étant justement de lutter contre le spam.
]
Quand bien même un spam viendrait réellement de la machine
de quelqu'un connu de la victime, cela ne veut pas
dire que c'est lui le coupable. La machine peut avoir
été infectée par un spambot,
un programme analogue aux virus, chevaux de
Troie, spywares et ainsi de suite.
Le pirate informatique qui réalise l'infection n'est
pas directement intéressé par l'envoi de spams.
Simplement, il essaie d'infecter le maximum de machines
possibles, pour pouvoir ensuite proposer et monnayer
ses services à un véritable spammeur (qui n'a pas forcément
l'expertise technique requise pour ce genre de programmes).
Une fois les ordinateurs infectés, les spambots
se connectent régulièrement à un canal IRC pour prendre
des nouvelles. Une fois l'accord conclu entre le
pirate et le spammeur, le pirate envoie un programme
sur le canal IRC pour répondre aux spambots
et leur indiquer le contenu du message et la liste
des adresses à utiliser.
Contre le spam, certains en viennent à des mesures
désespérées. Un participant cite un frère ou un cousin
qui a arrêté d'utiliser le courrier électronique,
en raison de la quantité de spam qu'il recevait.
D'autres participants se demandent s'il ne faudrait
pas déclarer comme spam tout message contenant une
image. Quelqu'un propose même de rompre avec sa
famille s'ils continuent à lui envoyer des messages
formattés en HTML.
Philippe nous signale que le matin à la fac,
le réseau est sur les genoux parce que tout le
monde relève sa boîte aux lettres en même temps.
Cela me rappelle une
anecdote racontée il y a longtemps
sur une banque qui recevait chaque jour les cours
de change de quarante devises étrangères.
La personne chargée de diffuser ces cours
à ses collègues scannait le fax reçu du site
central ou de la Banque de France et insère le
fichier GIF ou JPEG obtenu dans l'intranet de la
banque. Et une fois que ce fichier était à disposition
de tout le monde, tout le monde lisait la page
correspondante en même temps, d'où un
engorgement du réseau.
À l'époque, nous avions été unanimes
pour critiquer ce gaspillage de ressources
réseau, alors qu'il aurait été préférable de
recopier les cours des devises dans un fichier
HTML. Ultérieurement, j'ai réexaminé la question
sous un nouvel angle, celui de la personne
chargée de diffuser l'information. Si
par hasard, elle fait une faute de frappe
en recopiant le fax dans le fichier HTML
et si, du coup, la banque perd de l'argent
à cause de transactions réalisées avec le mauvais
taux de change,
c'est la responsabilité de cette personne qui est en jeu.
À l'inverse, si un collègue consulte le fichier GIF
et se trompe à la lecture, ce n'est plus la faute de
la première personne. Et ce, même si la qualité de l'image scannée
est déplorable. C'est la faute de celui qui a (mal) lu
le taux, ou bien c'est la faute de la technique (scanneur
et PC) ou encore c'est la faute du site central qui a
envoyé le fax.
Philippe utilise
Kmail,
mais il nous demande notre avis sur le meilleur
client de courrier électronique.
Je prétends que le choix se résume à :
« vi ou emacs ? »
(tentative ratée de faire de l'humour).
C'est vrai, il existe un et même plusieurs
clients de messagerie intégrés à Emacs :
mail,
Rmail,
MH-E
ainsi que
Gnus,
qui traite à la fois la messagerie et les groupes de nouvelles.
Tandis que vi n'a pas (pour l'instant) de fonction de courrier
électronique. Encore que, si l'on considère
Mutt,
on peut déclarer que la composition d'un message utilise vi.
À part cela, que dire de
Thunderbird,
Evolution,
pine
et Kmail ?
C'est à chacun de choisir le client de messagerie qui
convient le mieux à ses préférences en matière
d'ergonomie. Si Philippe aime bien
Kmail,
pourquoi changer pour un autre programme ?
Et Alexandre intervient pour signaler que dans
certains cas, lorsque le message est assez simple,
il lui arrive d'utiliser mail en ligne
de commande :
cat fichier_texte | mail -s sujet destinataire@example.com
Il existe des machines Unix sur lesquelles les
pages de man n'ont pas été installées.
Il est question de trous de sécurité (argument
qui tend à promouvoir security through obscurity ?).
Dans certains cas, les pages de man
sont installées sur un serveur unique. Mais
est-on sûr que la documentation est strictement
identique d'une machine à l'autre ? Et d'autre
part, il est parfois utile d'avoir la documentation
directement dans le xterm où l'on souhaite
utiliser la commande, plutôt que de basculer vers
une autre session connectée au serveur de documentation.
Julien évoque en particulier la commande useradd
et la commande adduser. D'une variante de Linux
à l'autre (Julien ne parle même pas des autres systèmes
Unix), ces deux commandes peuvent agir de façon radicalement
différente. Si l'on considère que la présence des pages
man sur tous les serveurs est un trou de sécurité,
les différences de comportement mal maîtrisées entre
useradd d'une variante de Linux à l'autre
ainsi que vis-à-vis de adduser sont un trou
de sécurité autrement plus large.
En voyant le téléphone d'Emmanuel (peut-être), David
a évoqué une
citation
de Bjarne Stroustrup.
Il a toujours voulu avoir
un ordinateur qui soit aussi simple à utiliser
qu'un téléphone. Et son rêve s'est réalisé, le téléphone
qu'il utilise est aussi compliqué qu'un ordinateur.
Emmanuel nous a donné un bref compte-rendu de
Solutions Linux.
C'est une nouvelle équipe qui organisait le salon.
Quant au village associatif, c'était également un nouveau
sur le sujet, Emmanuel lui-même. Il y a eu un
malentendu entre Emmanuel et les organisateurs.
En visitant le village associatif la veille, Emmanuel
a trouvé que les quatre stands jouxtant la salle de
conférence faisaient « cage à lapins ».
Il a donc demandé à ce que les parois soient enlevées pour
ces quatre stands. Les organisateurs ont compris
qu'il fallait les enlever pour tous les
stands du village associatif. Les exposants ont eu
quelques petits problèmes pour afficher leurs posters...
Comme les autres années, l'affluence était importante
dans le village associatif. C'était surtout le cas
au stand
d'OCS Inventory NG
qui n'a pas désempli pendant trois jours.
À tel point qu'Emmanuel n'a même pas pu aller les voir.
Alexandre utilise
Linux,
ce qui ne surprend personne.
Toute la famille d'Alexandre utilise
Linux,
ce qui
est plus remarquable. L'explication est pourtant simple :
Alexandre a averti les membres de sa famille qu'il est
prêt à leur apporter de l'aide sur un système qu'il connaît,
avec télémaintenance s'il y a besoin, mais que pour un
système qu'il ne connaît pas, cela ne sera pas possible.
La première fois que j'ai entendu des Mongueurs
de Perl parler du restaurant Pouchla,
à savoir un restaurant de la rue Mandar proposant
de la cuisine kurde, j'ai cru que j'y étais
déjà allé en 1996 ou 1997 pour une
réunion de wargameurs. En réalité, il y a
deux restaurants kurdes dans la même rue,
l'autre étant le Dilan et je crois que c'est
au Dilan que la réunion de wargameurs avait
eu lieu.
En voyant la carte du restaurant, j'ai remarqué le
fond de page qui imite des taches de tasse à
café. Cela m'évoque la collection
Developer's Notebook
d'O'Reilly,
avec des livres imprimés sur papier
quadrillé, avec le cas particulier des
premières pages de chapitre, sur lesquelles
on peut remarquer la trace de deux
tasses à café.
Philippe a le statut de chercheur-enseignant.
Il est donc obligé de donner des cours.
Lorsque ce sont des cours de niveau maîtrise
ou plus (pour utiliser les termes français, je ne
connais pas l'équivalence espagnole), cela peut
aller, car il y a peu d'étudiants, donc il est
possible de déplacer un cours d'un créneau horaire
à l'autre sans grosse difficulté. En revanche,
lorsque le cours est destiné à des étudiants de
première ou de deuxième année, un amphi peut
regrouper jusqu'à 120 étudiants, donc il est
impossible d'aménager l'emploi du temps.
En plus des cours, Philippe est obligé de faire
du tutoriat (faut-il dire « tutorat » sans
« i » ?), c'est-à-dire être présent
à disposition des étudiants pour qu'ils viennent
poser des questions ou demander conseil.
Rien n'oblige le tutoriat à se tenir dans le bureau
du professeur, du moment que les étudiants savent
où trouver le professeur. En conséquence, Philippe
a décidé que son tutoriat aurait lieu à
la cafétéria. « Devant une
sangria » ont ajouté quelques-uns.
Quand un chercheur-enseignant enseigne, cela lui
enlève du temps pour chercher. C'est vrai dans le cas
général, mais je cite une exception,
Andrew Wiles,
ainsi que l'a décrit
Simon Singh
dans Fermat's Enigma,
qui relate comment la conjecture de
Fermat,
improprement nommée
« Grand Théorème de Fermat »,
est devenue le théorème de Fermat-Wiles.
Wiles
consacrait la totalité de son temps à travailler
de façon très discrète sur la conjecture de Fermat,
lorsqu'il a été obligé de tenir un cours en plus
de ses recherches.
Après avoir mis son collègue Katz dans la confidence,
il a donc programmé un cours dénommé simplement
« calculs sur les courbes elliptiques »,
sans mentionner Fermat
ni Taniyama-Shimura
(deux autres noms fortement liés à la conjecture de Fermat).
Quelques étudiants et chercheurs sont venus à son cours, ont suivi
pendant deux ou trois séances, puis ont abandonné.
Et ensuite, il n'y avait plus que Katz à assister
au cours de Wiles, qui a ainsi pu soumettre ses
travaux à une peer review
tout en restant discret sur l'avancement de
la démonstration.
L'une des machines administrées par David s'appelle
Relay.
Il a repris ce nom d'un roman de
Vernor Vinge
(et pas Vernon Vinge, merci Julien d'avoir rectifié)
décrivant un équivalent interstellaire, voire
galactique de l'Internet.
À noter que j'ai d'abord cru que ce nom
était Ryleh, la ville mythique de
Lovecraft.
Sauf que le nom de la ville s'écrit réellement
R'lyeh.
Julien nous a évoqué la beauté de la physique
quantique. L'un des points les plus marquants
est le phénomène des symétries, à cause notamment
du rôle du spin 1/2 dans ces symétries.
L'explication de Julien ayant provoqué un
silence pesant, il s'est excusé d'avoir jeté
un froid dans la discussion avec la mécanique
quantique.
Cela dit, fais-je remarquer,
Douglas Adams
a présenté un cas de figure où la mécanique
quantique pouvait réchauffer l'atmosphère
dans une réunion. L'auteur est parti de l'effet
tunnel. C'est, rappelons-le, la possibilité pour une particule
de quitter un puits de potentiel, même sans
disposer de l'énergie nécessaire pour ce faire.
Simplement, à l'échelle macroscopique, la probabilité
pour que cela se fasse est infinitésimale.
En utilisant un gadget, le générateur d'improbabilité
finie, des étudiants pouvaient déclencher un effet tunnel
à volonté. Notamment, lors de cocktails mondains,
ils s'amusaient à déplacer instantanément les
molécules des sous-vêtements d'une
invitée BCBG de 50 cm vers la droite...
Éric a rappelé une autre trouvaille de Douglas
Adams, comment rendre quelque chose invisible.
Il suffit de donner à cette chose
un aspect outrageusement saugrenu.
Du coup, tous les gens confrontés à cela
cessent de remarquer la chose, le cerveau
préférant oublier la chose plutôt que de
perdre sa santé mentale.
On appelle cela un SEP, un
Someone Else's Problem.
Éric parle d'un autre auteur qui revient
souvent dans nos discussions,
Terry Pratchett.
Le dernier
livre
qu'il a lu est
le Vade Mecum
du Disque-Monde.
Il a été déçu par ce livre. Il faut dire que ce n'est
pas un roman. C'est une encyclopédie qui présente
dans l'ordre alphabétique de
nombreux articles très courts sur les personnages
principaux et secondaires du cycle, ainsi que sur
les lieux et sur d'autres sujets comme les livres, les
coutumes et ainsi de suite. Personnellement, j'ai
bien aimé, mais je ne suis pas du tout étonné que
quelqu'un ait pu être déçu.