Présents à la réunion, en fonction de la place autour de la table
David (L),
Julien,
Alexandre,
Éric,
moi,
Anthony,
et Romain.
Nous avons mangé de la soupe à l'oignon gratinée, des blue-cheeseburgers,
des bacon-cheeseburgers, des entrecôtes,
des pièces du boucher, des tartiflettes, des frites, des coupes colonel
que le dessert qui continue à
faire peur, des tartes... « Tatiiiin !!! ».
Il ne restait plus de meringue, donc les habitués ont
été privés de nègre en chemise. Nous avons bu de la Paulhaner, de
la Grim, de la Warsteiner, une bière blanche appelée
Fransiskaner Dunkel (ce dernier mot voulant dire « foncé » ;
il s'agit donc d'une bière blanc-foncé), d'autres bières, du Pepsi et une margarita.
Non seulement il a été très peu question de Perl, mais en plus c'était pour
dire des choses fausses. Éric a expliqué qu'il avait rencontré des
gens de chez
O'Reilly
lors de Solutions Linux
et il a prétendu qu'il était chargé de me botter l'arrière-train
pour que la
traduction
avance. Cela m'a beaucoup étonné, car la
livraison finale datait de la mi-janvier et quand Dominique
est venue me voir à Solutions Linux,
elle avait l'air contente et elle n'avait pas du tout
évoqué les délais. En fait, il ne reste plus que la traduction des exemples
de code qui seront disponibles en téléchargement lorsque le livre
paraîtra en librairie.
[ Enfin, ils auraient dû être disponibles. Les exemples provenant de
mes chapitres étaient traduits. Les autres chapitres... ]
Quelqu'un, dont nous tairons le nom, avait une lourde charge
de travail pour un après-midi. Il est allé faire un tour sur
bash.org...
et il n'a rien fait de l'après-midi.
Lorsque vous consultez ou que vous rédigez un message sur une application normale
de courrier électronique, le programme ouvre une nouvelle
fenêtre et y affiche ce message. En ouvrant plusieurs messages reçus,
il est possible de composer un nouveau message en copiant-collant
des extraits des messages reçus. À l'inverse, ceux qui utilisent
Lotus Notes,
comme Éric, constatent à leur grand dépit que l'ouverture
d'un message ne provoque pas la création d'une nouvelle
fenêtre et il est donc très difficile de faire du copier-coller
d'un message à l'autre.
L'un des termes à la mode est l'« e-administration ».
Chaque citoyen doit avoir les moyens d'effectuer ses démarches
administratives facilement en passant par Internet.
Mais lorsque l'on regarde ce qu'il en est dans certaines
administrations, on se retrouve avec des documents que l'on
peut ouvrir uniquement sous MS-Office. Pour pouvoir
utiliser ces documents, il ne suffit pas d'un ordinateur
et d'une connexion Internet. Il faut aussi un système d'exploitation
à 150 euros, plus une suite bureautique à 350 euros.
Soit un surcoût de 500 euros par rapport à une solution
qui serait compatible avec les formats ouverts.
Ce n'est pas en procédant ainsi que l'on va réduire
la « fracture numérique » entre citoyens.
La décision de la Gendarmerie Nationale d'utiliser
Firefox
continue à faire du bruit. Même
l'AFP
et Forbes
en parlent.
[ Désolé, le lien vers l'AFP est cassé et je n'ai pas pu en trouver un autre.
Tristan Nitot
indique le même lien cassé. ]
Plusieurs habitués de nos réunions ont acquis un nom de domaine
correspondant à leur patronyme : dupond.net.
Alexandre donne un domaine
dupond.fr. Les autres ayant manifesté leur étonnement,
il explique que l'un des services
d'OVH,
c'est de faire toutes les démarches administratives pour
obtenir le nom de domaine dupond.fr et
ensuite en confier l'utilisation au dénommé Dupond.
Il a été question d'une attaque du type
man in the middle
par un opérateur de télécommunications. Si j'ai bien compris, cette
attaque avait pour particularité de s'appliquer aux échanges sous
https. L'opérateur interceptait chaque paquet crypté, le
décryptait, l'« arrangeait » et le recryptait à la volée.
Pour établir la clé de session avec le serveur https, pas
de problème, l'opérateur de télécom est un client comme un autre.
En revanche, comment l'opérateur a-t-il pu établir une clé de
session avec le client ? C'est tout simple, il a envoyé
un certificat en croisant les doigts pour que le client ne l'épluche
pas et ne s'aperçoive pas que le certificat ne correspondait pas
au serveur https avec qui il voulait entrer en communication.
Oui, Lynx est toujours
utilisé. Quelqu'un s'en sert pour tester son site web.
D'autre part, Lynx continue à s'améliorer. La dernière
version est capable d'afficher les tableaux de
façon relativement correcte.
L'authentification avec des fichiers textes (/etc/passwd et parfois
également /etc/shadow), c'est dépassé. Maintenant,
il faut utiliser
PAM-LDAP.
Oui, mais quand cela ne fonctionne pas,
il vaut mieux que /etc/passwd contienne quand même un code
utilisateur, si possible root. Anthony l'a constaté à
son grand dam. Il a été obligé de rebooter son portable dans le
train et il n'a pas pu ouvrir de session, tous les contrôles d'accès
étant gérés par PAM-LDAP. Il a donc dû rebooter avec un CD-ROM
Knoppix
pour rétablir des contrôles d'accès plus robustes.
Seulement voilà, son reboot malencontreux a eu lieu
un vendredi soir dans un
train dans le sens Paris -> Province et son CD-ROM Knoppix était sur une
étagère de son logement parisien...
Le grand problème d'Éric le jour de la réunion, c'est
de faire des schémas d'architecture. Il utilise
Visio,
mais il trouve que les cliparts
par défaut de Visio sont horribles. Il en cherche
de plus agréables à regarder. Je lui suggère de faire
comme moi en 1995, d'utiliser une police à espacement
fixe (Courrier New, par exemple) et de dessiner
en ASCII art.
Voici par exemple une chaîne de programems extrayant
des données d'une base de données, les triant
et les imprimant :
On y reconnaît le tonneau représentant une base de données,
la bande magnétique avec l'amorce qui dépasse de la bobine
pour le fichier intermédiaire, le losange pour le tri
et la feuille de papier découpée irrégulièrement pour la
sortie papier. D'autres enchérissent en évoquant la
bibliothèque C aalib, qui permet de faire
de l'ASCII Art.
D'autres encore lui proposent de dessiner
ses symboles sur papier, de photographier les dessins
avec un appareil numérique, puis de transférer les
fichiers graphiques obtenus vers sa machine de travail
et de les convertir au bon format. Ou bien de récupérer
l'icône d'une poubelle Macintosh, qui est une illustration
parfaite de cylindre, pour représenter une base de données.
Quant à représenter /dev/null, certains
suggèrent la photo ou le dessin de WC « à la turque ».
David et moi avons, semble-t-il, des avis différents
sur les icônes. David regrette qu'après tant d'années,
le dessin et l'aspect des icônes sous Linux soient toujours aussi
pauvres. Pour ma part, ils me conviennent très bien,
surtout si l'on compare avec les icônes que l'on voit
sous Windows-XP. Ils ont voulu faire des effets avec
des dégradés d'éclairage et des ombres, mais l'impression
que cela me donne, c'est que les icônes sont floues.
Je préfère, et de loin, les icônes que l'on a
avec Linux et avec les précédentes versions de Windows.
Pour moi, les icônes des interfaces graphiques sont équivalentes
aux panneaux de signalisation routière. Le but n'est pas
que le conducteur ou l'utilisateur s'extasie sur
les effets de perspective et le rendu
des ombres, mais qu'il perçoive instantanément
la signification du panneau ou de l'icône.
Quelqu'un d'autre évoque les icônes obtenues par
conversion d'un fichier PNG comportant des
zones transparentes. Si vous cliquez sur une zone
transparente, le clic n'est pas transmis à l'icône.
Il y a intérêt à bien viser dans ce cas.
Éric explique que sur sa machine professionnelle, sur
laquelle il est obligé d'utiliser Windows XP, il a
organisé son bureau en créant des dossiers et
en mettant dans l'un de ces dossiers des programmes
pour Internet, dans un autre des programmes pour la
bureautique, et ainsi de suite. Somme toute,
cela ressemble beaucoup au gestionnaire de programmes
qui a servi jusqu'à Windows 3.11.
Quelqu'un a évoqué l'architecture
d'OpenBSD,
qui est assez particulière et que peu de gens
comprennent parfaitement. Son interlocuteur
a renchéri : « OpenBSD, c'est très fermé. »
La discussion ayant dérivé vers l'architecte principal
d'OpenBSD,
Theo de Raadt,
certains évoquent un bidouilleur à la personnalité
encore plus difficile,
D.J. Bernstein.
Ce qui n'empêche pas la plupart des gens d'utiliser
les logiciels de Bernstein, comme
djbdns.
L'attitude dans ce cas semble être :
« Prenons n'importe quoi, du moment
que ce n'est pas
BIND. »
Il existe toujours des compilateurs
Algol.
Une société continue à financer le développement de compilateurs
Algol,
car elle utilise des logiciels
développés dans ce langage il y a maintes années
et ces logiciels n'ont toujours pas été réécrits
dans un autre langage.
De même, il a été question des Américains qui, à
la suite du 11 septembre 2001, se sont
mis à chercher partout s'ils mettre la main
sur des
VAX
et les acheter, car ils avaient des
logiciels militaires qui tournaient sur VAX et qu'ils
souhaitaient réutiliser.
Pour nous donner un aperçu de ses diagrammes d'architecture
avec des cliparts moches, Éric nous a montré un document
qu'il a écrit. Notre attention ne s'est pas portée
vers les diagrammes dans le corps du texte, mais sur les mentions
de l'en-tête des pages. Ces en-têtes signalaient qu'il
s'agissait de la version 1.4 du document, alors que la première
page contenait le tableau traditionnel :
Version
Auteur
Raison
1.0
Éric C.
Création du document
C'est typique de ce genre de document, la première ligne du tableau
des versions est renseignée et le reste demeure à blanc.
Il était question plus haut de l'« e-administration »
et de la fracture numérique. Même sans s'intéresser à l'administration
par Internet, mais seulement à l'administration informatisée,
il y a des citoyens de seconde zone. Par exemple, si vous avez un
patronyme en trois lettres, ce patronyme sera refusé par de nombreux
programmes en place dans les administrations. C'est la mésaventure
qui arrive régulièrement à la compagne d'Anthony.
[ Et pourtant, les personnalités avec un patronyme
ou un pseudonyme en trois lettres ne manquent pas en
France :
Michel Ney,
Eugène Sue,
Jean-Baptiste Say,
Pierre Cot,
Pierre Dac,
Micheline Dax,
Hélène Duc,
Marie-Josée Nat,
Mathilda May,
Henri Dès,
Francis Lai,
Patrick Roy,
Jules Roy,
Robert Hue,
Francis Lax
et j'ai dû en oublier.
]
La distribution Ubuntu
continue à faire parler d'elle. Lors de la réunion, nous nous
sommes demandé quelles étaient les motivations de
Shuttleworth
pour cette distribution. De plus, la diffusion d'Ubuntu
nous étonne : il est possible de
demander des CD-ROM d'installation
sans rien payer du tout, pas même le support physique
ou les frais d'emballage et de port. On dit que
Shuttleworth
cherche à développer l'informatique dans
son pays, l'Afrique du Sud. Est-ce la seule raison ?
Alexandre évoque le fait que depuis plusieurs années qu'il a
un ordinateur à la maison, il n'y a eu qu'un seul mois où
il a eu Windows.
Éric a évoqué le passage à l'an 2000 en présentant cela comme
de l'arnaque ou de l'esbrouffe. J'ai alors réagi en précisant
que cette vision est simpliste. Il y a réellement eu des cas
où des problèmes ont été évités grâce à un examen du code et
à la correction dudit code. Il y a eu des cas où des problèmes
ont eu lieu à cause du passage à l'an 2000, mais les victimes
ont cherché à étouffer l'affaire, de peur de paraître ridicules.
Et même s'il y a eu de l'esbrouffe et du
FUD,
il n'y a pas eu que cela. Et au sujet des logiciels qui
ont été corrigés et qui, du coup, n'ont pas planté, j'ai repris
l'analogie de Rebecca Mercury
en expliquant que même si la variole a disparu de la surface de la Terre
au début des années 1980, peut-être que les milliards de dollars
que l'OMS a dépensés au cours des années 1960-1970 n'ont pas été
dépensés en vain.
[ Cela dit, même après plusieurs années, le bug a continué à sévir,
en Francecommeailleurs.
]
Éric nous a évoqué un effet de bord du « rétro-planning »,
ou plutôt un effet retors de la procrastination sur le rétro-planning.
Quelqu'un avait laissé traîner un problème latent depuis plusieurs
mois. Un jour, il s'est décidé à le faire avancer. Il a donc diffusé
l'appel d'offres un lundi matin à 10h. Mais comme les délais étaient
devenus serrés, il a fixé la date limite des réponses au lendemain
mardi à 16h.
Il y a de la déprime dans la jeune génération (20--30 ans). De la déprime et du
ressentiment vis-à-vis de la génération au-dessus. La génération de ceux
qui partent à la retraite est une génération avec un pouvoir d'achat
plutôt élevé et elle est en général à la recherche d'un logement
pour la retraite. Du coup, le prix des maisons et des appartements
a tendance à enfler, ce qui ne facilite pas l'accession à la propriété
par un jeune couple qui veut s'installer.
Plus généralement, la jeune génération en cause reproche à la vieille
génération d'avoir vécu dans l'insouciance totale. Non seulement
la situation économique était favorable (plein emploi, amélioration
du niveau de vie), mais en plus cette génération ne s'est absolument
pas préoccupée des problèmes qu'elle lèguerait à ses enfants :
pollution, déficit public, etc. À l'inverse, les jeunes de maintenant
ont toujours connu une situation où le nombre de chômeurs
dépassait le million, où le réchauffement de la planête est
inéluctable, où la dette de l'état (cumul année après année des
déficits successifs) atteint des proportions inquiétantes.
Il y a eu un écho à cette discussion un peu plus tard dans la soirée.
Quelqu'un a parlé de la retraite et Éric est intervenu :
« Ah, parce que nous aurons une retraite ? »
Puisque l'un des griefs contre la génération précédente concerne
le gaspillage des énergies fossiles, nous avons parlé des énergies
nouvelles, notamment de la fusion contrôlée, « qui sera
disponible dans vingt ans ». Le problème, c'est que cela
fait pas loin d'un demi-siècle que la fusion contrôlée
« sera disponible dans vingt ans ». David est
contre le développement de la fusion contrôlée. Si elle
voit le jour, cela conduira à la création de deux ou trois
centrales, pas plus, pour couvrir les besoins d'un pays comme
la France. Or, David
a lu dans un essai
que le problème de l'énergie n'est pas seulement la dualité
énergie fossile / énergie renouvelable. C'est aussi la
dualité production centralisée / production distribuée.
Et l'auteur de cet essai explique que la production
centralisée de l'énergie va de pair avec un état
despotique, tandis que la production décentralisée
de l'énergie est plus associée à un état démocratique.
Il y a eu une discussion sur la proportion de la population
propriétaire de son appartement et sur les statistiques
des primo-accédants. Si je me souviens bien, la proportion
de propriétaires en France est supérieure au reste de l'Europe,
tandis que les primo-accédants sont moins nombreux en France qu'ailleurs
en Europe. De plus, paradoxalement, les deux statistiques ont un
lien de cause à effet, mais ne me demandez pas lequel.
Les institutions politiques ne nous permettent pas
d'avoir le moral non plus. Julien fait remarquer que la démocratie
signifie « pouvoir par le peuple » ou, à la rigueur,
« ... par les représentants du peuple ». Mais si l'on compare
la proportion d'énarques
dans les instances dirigeantes avec, par
exemple, la proportion d'artisans ou la proportion d'employés,
on se rend compte que ces instances dirigeantes ne sont pas représentatives
de la population française. Donc, selon Julien, nous sommes en
république, pas en démocratie. Romain, en revanche, affirme
que la république est morte, mais je n'ai pas retenu les arguments
qu'il avançait pour soutenir son opinion.
Qui domine le monde ? Est-ce les grosses sociétés multinationales ?
Ne serait-ce pas plutôt les établissements bancaires qui permettent
à ces multinationales de financer leurs investissements ?
On cite en effet deux grosses sociétés concurrentes qui ont été
obligées de fusionner sous la pression de leur banque. Et est-ce
vraiment les banques qui ont le pouvoir, ou bien leurs avocats
d'affaire ?
Certains se sont fait la réflexion suivante : si la France
connaissait une nouvelle période comme l'Occupation de 40--44,
il serait beaucoup plus difficile de faire de la résistance
qu'il y a 65 ans. En effet, il est impossible de
plonger dans la clandestinité. Nous sommes surveillés de partout.
Rien que pour avoir des soins médicaux, il faut montrer
des papiers, une carte Vitale, une patte blanche, et ainsi
de suite.
[ Il y a une faille dans ce raisonnement. Nous vivons une
période de paix civile où la clandestinité est vue d'un
mauvais oeil et on l'associe soit à l'immigration illégale,
soit au terrorisme. Si la situation d'il y a 65 ans devait
se reproduire, alors une bonne partie de la population
française cesserait de considérer qu'un clandestin est
une personne néfaste et apporterait son soutien aux mouvements de
résistance. Notamment, les médecins cesseraient d'être
trop regardants quant aux documents à fournir pour qu'une
personne puisse se faire soigner. ]
Julien a évoqué quelques anecdotes sur
Normale Sup'.
Peu de gens savent ce que c'est que Normale Sup', à part
bien sûr ceux qui s'y trouvent. En fait, il n'y a que
les polytechniciens qui savent ce que c'est que Normale Sup', car
Polytechnique
est peuplée de gens qui ont échoué au concours d'entrée à l'ENS.
Il raconte également comment l'ENS s'est mise à Internet.
Un jour, IBM leur a offert une connexion Transpac
avec le CERN en Suisse. Gratuitement. Au bout de
quelques mois, IBM a dit : « Maintenant,
ce n'est plus un cadeau, il faut payer. »
Les chercheurs de l'ENS ne pouvaient plus se passer
de la communication avec le CERN. Ils ont donc
cherché une solution qui coûtait moins cher que la
ligne Transpac d'IBM et ils ont trouvé Internet,
qui permettait d'aller jusqu'en Suisse, quitte à
effectuer quelques détours.
Julien a tenté de dire que
VGE
était à la fois
normalien et polytechnicien. Ce n'est pas vrai !
Il faut arrêter de lui mettre toutes les tares sur
le dos. Il est déjà polytechnicien et énarque, ça fait
déjà beaucoup. Si Julien veut un normalien, il faut
qu'il remonte jusqu'à
Pompidou.
Nous avons parlé du
Black Dog,
un bar spécialisé dans la musique
Heavy Metal.
Et si, dans le restaurant du fond, vous demandez une
levrette à la serveuse, elle ne vous retournera pas
deux claques, elle vous apportera une pièce de viande
de 500 grammes. Compte tenu de l'ambiance
Heavy Metal, la plupart des gens
sont dans un style gothique ou approchant.
Les vrais rebelles, dans ce bar, ce sont ceux
qui viennent en costard-cravate.
Éric a vu
Lord of War.
Mais la conversation a tout de suite tourné sur un autre
sujet, nous n'en savons donc pas plus.
Il a été question de l'origine de
Neuf Télécom,
anciennement Louis-Dreyfus Communication.
L'activité principale du
groupe Louis-Dreyfus
était le blé. Ils disposaient donc d'une importante
flotte de barges de transport.
Avec des modifications
mineures, ils ont transformé ces barges de transports
en barges câblières pour poser des fibres optiques dans
le lit des rivières. Et comme de nombreuses villes
sont arrosées par une rivière navigable, ils ont
pu créer ainsi un réseau important avec un investissement
réduit.
Avant la réunion, les seules fois que j'ai entendu
parler de Louis-Dreyfus, il s'agissait de la
Banque Louis-Dreyfus. Donc,
quand il a été question de Louis-Dreyfus et de son activité
dans le blé, j'ai cru que le terme « blé »
était synonyme d'« oseille ».
Nous avons parlé de la tendance actuelle des entreprises
à délocaliser la production vers les pays tels que
l'Inde tout en conservant sur place les tâches de
conception. Par exemple, les fabricants d'ordinateurs
achètent les cartes-mères sur catalogue. Un autre exemple
est qu'il existe un seul fabricant d'écrans plats, c'est
Samsung
en Corée. Cette démarche va générer des
problèmes à terme. En effet,
un ingénieur est obligé de se confronter aux problèmes
de la production pour acquérir l'expérience qui
lui sera nécessaire lorsqu'il fera de la conception.
Quelqu'un a sorti de son sac deux traductions récentes
des livres de
Terry Pratchett.
Il s'agissait du
Cinquième Éléphant
et de
Procrastination.
David signale qu'il a dû lire les sept
ou huit premiers livres de la série et qu'il a arrêté. Quant à moi,
j'ai lu les trente premiers et je n'ai pas abandonné.
[ Lors de la réunion, j'ai dit 30 au hasard, parce que je
connaissais l'ordre de grandeur. Plus exactement, j'ai lu
les 31 premiers et si je n'ai pas lu le
trente-deuxième,
c'est qu'il n'est pas encore sorti de l'imprimerie. ]