Présents à la réunion, en fonction de l'ordre d'arrivée approximatif
Nicolas,
Sniper,
moi,
Rafael,
Stéphane,
Guillaume,
et Hendrick.
Nous avons mangé
des spaghetti carbonara, des steak-frites, des travers de porc frites
et des côtelettes.
Nous avons bu de la Kriek Framboise, de la Paulaner et autres bières, ainsi qu'une
vodka-orange et de l'eau.
La réunion s'est tenue au Beer Hall Tavern.
Ceux qui y sont déjà venus le 9 février
ont des avis nuancés. Lorsque nous sommes peu nombreux
et qu'il n'y a pas de soirée foot-ball comme aujourd'hui,
c'est un endroit très bien. En revanche, si nous atteignons
la dizaine ou s'il y a une rencontre de foot-ball ce soir-là,
mieux vaut trouver un autre endroit pour se réunir.
Comme il va y avoir un week-end de trois jours, Rafael espère
en profiter pour diffuser la
version 5.9.2 de Perl.
Un peu plus tôt lors de la soirée, nous avions remarqué
(et regretté) que les versions successives de Perl ne portaient
pas de nom de code. À l'inverse, les versions de Parrot
sont nommées en fonction d'espèces exotiques de perroquets,
sauf exception. Par exemple, la
version 0.0.7
a été présentée par :
My name is Parrot, Percy Parrot.
inspiré, comme on peut le penser, par :
My name is Bond, James Bond.
En fait, en consultant l'historique de
Use Perl
lors de la rédaction de ce compte-rendu, je me suis rendu
compte que les noms de perroquets n'étaient attribués
que depuis la
version 0.1.0.
Les versions précédentes
n'avaient pas réellement de nom, mais étaient annoncées
en faisant référence à un personnage ou un élément de roman
associé au numéro de version. Parmi les allusions que j'ai reconnues, il y a eu
le Prisonnier,
la huitième couleur du Disque-Monde
(octarine)
et les Nazgul.
Nous nous demandions quel était le programme le plus court qui
fasse planter l'interpréteur perl. Certains pensent à extraire quelques
octets de /dev/random. Rafael nous apprend que certaines
versions de Perl plantaient sur une déclaration :
my(a,$b);
où l'on oubliait l'un des deux $. Mais Rafael a corrigé
le bug.
Rafael est également devenu le mainteneur attritré de
Switch,
créé par
Damian Conway.
À Nicolas qui trouvait peu d'intérêt à ce module,
j'explique que les tests ne sont pas forcément de simples
tests d'égalité. Lorsque la valeur de comparaison est une
expression régulière, le test est =~ au lieu de
== ou de eq. De même, lorsque la valeur
de comparaison est une liste, le test est converti en
une boucle sur les éléments de la liste.
Cela dit, si Rafael maintient le module, il ne corrige que
les bugs simples. Le module étant un filtre de source,
les bugs compliqués sont réellement très compliqués.
Dans ce cas, la réponse de Rafael est d'attendre la sortie
de Perl 6 (explication pour ceux qui n'ont pas saisi :
en Perl 6, il y aura une structure de contrôle switch,
donc le module sera caduc).
Lorsqu'Hendrick est parti, quelques-uns se sont demandés quels
modules il avait écrits. J'évoque une anecdote narrée
lors de la présentation de
CPANTS
à Belfast.
Les modules de CPAN reçoivent une note appelée Kwalitee.
L'un des critères permettant de calculer cette note est le
nombre de modules ayant le module parmi les pré-requis.
Hendrick avait donc créé un module
ACME::Raise_My_Kwalitee,
qui comportait tous ses autres modules en pré-requis.
Depuis, la méthode de calcul a été adaptée : on ne tient
compte que des modules dont l'auteur est différent du
module noté. Nicolas a immédiatement suggéré de créer
plusieurs identifiants CPAN pour une même personne...
En fait, le responsable n'est pas notre visiteur de ce soir,
mais une
autre personne prénommée Hendrick.
Dan Sugalski
n'est plus le pumpking de
Parrot.
Maintenant, c'est
Chip Salzenberg,
qui a déjà été pumpking de Perl 5.
Rafael nous fait part des dernières nouvelles de
Pugs.
Le compilateur est maintenant capable de générer du Parrot.
Rafael précise
qu'Haskell
est un langage compilé, produisant
des modules objets. Le compilateur s'appelle
GHC,
où le « G »
ne signifie ni
GNU,
ni « graphique ». Il s'agit du
Glasgow Haskell Compiler.
La version actuelle est écrite en
Haskell,
mais la première version était écrite en Perl 5. D'où l'enchaînement
suivant : C a bootstrappé Perl 5 qui a bootstrappé Haskell
qui bootstrappe Perl 6 qui, peut-être, bootstrappera Haskell 2.
Récemment, Guillaume a paramétré un serveur DHCP de manière à pouvoir
effectuer des installations de machine via le réseau.
Il pensait avoir paramétré ce serveur correctement, de manière
qu'il ne réponde qu'aux requêtes provenant des machines dont
il avait la charge. Mais le lendemain matin, il a eu un coup de
téléphone. Son interlocuteur s'est présenté, il était un administrateur
du réseau Windows de l'INRIA. Il contactait Guillaume parce que
lorsqu'une machine Windows soumettait une requête DHCP, c'était la
machine de Guillaume qui répondait, avant le serveur DHCP du réseau Windows.
C'est ainsi qu'il a fait la connaissance de l'équipe des administrateurs Windows.
Comment se faire des amis...
En jetant un coup d'oeil sur ses fichiers log, Guillaume s'est aperçu
que ses machines avaient subi des tentatives d'intrusion par Internet.
Il a rassemblé tous les éléments nécessaires, comme la plage d'adresses
IP d'où provenait les attaques et a envoyé ces éléments à l'administrateur
réseau, en lui demandant de bien vouloir bloquer ces intrusions.
Il a eu une réponse laconique de l'administrateur : « C'est fait. »
Après renseignements, il a appris que l'administrateur avait lui aussi
rassemblé les éléments pour traiter l'incident, puis bloqué la plage
d'adresses IP et envoyé un message à abuse@fai.com (remplacez
fai par le nom réel du fournisseur d'accès). Ce n'est pas
fréquent, un administrateur réseau aussi réactif !
Il existe
un site
où sont rassemblées les meilleures âneries que l'on a pu lire sur IRC.
Comme par exemple cet individu qui ne retrouvait plus l'une des machines
installées dans son appartement. Il arrivait à la pinguer, mais
impossible de retrouver son emplacement physique.
Cela rappelle à certains cette
anecdote
sur le serveur Novell emmuré depuis quatre ans et dont la
recherche avait nécessité l'intervention de techniciens Novell.
Savoir que n'importe qui peut diffuser sur sa page web les sessions
IRC préoccupe certains : cela signifie que le monde entier
peut prendre connaissance des délires ou des bêtises énoncées
un jour, ou plutôt une nuit où l'on n'avait pas les idées claires.
En revanche, cela peut se révéler bénéfique. Stéphane évoque
ainsi un cas où il devait résoudre un problème technique épineux.
Il ne savait plus comment le résoudre. Heureusement, il se souvenait
avoir aidé quelqu'un d'autre sur IRC à l'époque où il savait le résoudre.
Il a donc recherché la session IRC correspondante et a retrouvé ses
explications. En gros, il s'est expliqué à lui-même comment résoudre
le problème.
Le problème sur IRC, c'est ceux qui effectuent des actions
sans comprendre leur portée. On cite ainsi une occasion
où deux IRC-bots se sont envoyé des kicks
pendant quelques minutes sur un canal IRC. Ou bien une
personne à qui l'on avait installé un client graphique IRC en
remplacement de son ancien client IRC. Découvrant tout un
tas de boutons, cette personne avait essayé de cliquer
dessus pour voir si cela produisait quelque chose.
Et ces boutons permettaient d'obtenir des kicks,
des bans, etc.
Sur IRC et sur les listes de diffusion, on rencontre de temps à autre
des « pipeautrons ». Rafael et Guillaume évoquent l'un
d'eux, qui a secoué la communauté Mandrake. Un permanent de
Mandrake avait lancé la nouvelle que les
Drak-tools
allaient passer sous licence propriétaire. Quelqu'un, prenant
cette nouvelle pour argent comptant, l'avait transmise à Guillaume,
pour lui demander si le
PLF
était au courant. Guillaume, flairant le pipeautron,
avait renchéri sur la nouvelle et avait donc donné la
« position officielle » du PLF sur cette affaire. Du coup, un vent de panique
avait déferlé sur la liste Mandrake.
Un autre pipeautron a fait suite à la tentative de quelques petits jeunes
qui avaient voulu faire une distribution Linux, destinée à s'affranchir
des problèmes de mots de passe. Il va sans dire que la distribution
présentait des failles de sécurité énormes. Par exemple, le mot de passe
de root était stocké sur disque dans le fichier root.secret !
Les petits jeunes ayant cherché de façon un peu trop insistante à se faire
de la publicité sur
Lea-Linux,
ils s'étaient fait éjecter de ce site.
Ensuite, certains avaient « révélé » que l'une des têtes pensantes
de Lea-Linux, Anne, était salariée de Mandrake et que la réaction
de Lea-Linux était donc téléguidée par Mandrake. Et les petits
jeunes avaient marché, voire couru. La révélation
d'un complot, rien de tel pour lancer un pipeautron.
Il y a également les
trolls.
Pour Nicolas, un troll est d'autant plus
beau qu'il n'est basé sur rien. Il évoque l'un de ces trolls.
Un néophyte posé sur une liste de diffusion la question :
« Qu'est-ce que c'est, un troll ? »
Un ancien avait répondu en expliquant notamment que les
interlocuteurs avaient recours à des arguments du genre :
Moi qui utilise Linux depuis 1989, je sais de quoi je parle.
Nicolas, faisant semblant de prendre cet argument au premier
degré, avait répondu :
Mais non, tu ne sais pas de quoi tu parles ! Linux, ça existe seulement depuis 1992 !
Même si l'interlocuteur de Nicolas a très bien compris la teneur
de la réponse, d'autres membres de la liste n'ont pas saisi
l'ironie et ont répondu avec véhémence... Un nouveau troll
venait d'apparaître.
Dans le temps, lorsqu'il trouvait une page intéressante sur le web,
Nicolas l'imprimait pour pouvoir lire cette page plus tard,
quand il aurait le temps. Il n'a toujours pas eu le temps de lire
les textes en attente. Maintenant, il n'imprime plus, il pose
des signets (bookmarks). C'est plus économe
en papier.
Le problème qui se pose en corollaire, c'est qu'il utilise
plusieurs machines différentes : celle de son travail,
celle de son domicile, ainsi que celle de son frère ou
de ses parents lorsqu'il leur rend visite. Comment, dans ces
conditions, avoir une liste unique de signets ?
Comment avoir une liste unique de signets organisés en fonction
d'une arborescence de thèmes ? Les autres participants
proposent un logiciel dédié,
Bookmaks Synchronizer,
un site de signets communautaires
ou bien l'écriture d'un blog où il pourrait énumérer
ses liens.
[ Voir aussi le système de Stéphane, qui mémorise les adresses intéressantes
dans son home node
de Perl Monks. ]
Stéphane évoque une liste de diffusion consacrée à la théorie de l'informatique,
« Ultimate Lambda ».
Comme le nom le laisse supposer, le niveau
est très élevé. Nicolas pense qu'il ne va pas inclure cette liste
dans l'ensemble des listes de diffusion qu'il consulte régulièrement.
Mandrakesoftest actuellementen procès
avec Hearst Publishing,
qui possède les droits
sur le personnage de bande dessinée,
Mandrake le Magicien.
Le jugement n'est pas encore rendu, loin de là, mais pour
l'éditeur de logiciels libres, l'issue ne fait aucun doute.
C'est pourquoi ils ont l'intention de changer de nom.
Nous avons essayé à maintes reprises de faire parler Rafael
pour qu'il nous révèle le nouveau nom de
Mandrakesoft,
mais il tient très bien l'alcool et il a conservé le secret.
Nous avons également parlé des
noms
attribués aux différentes distributions Mandrake. Dans la plupart des cas,
le nom est choisi par le marketing. Dans un cas, toutefois, le marketing
s'est réveillé trop tard et de nombreux documents et de nombreuses
copies d'écran avaient été réalisés avec le nom interne de la
distribution. C'est pourquoi la distribution a été diffusée avec
le nom « traktopel ».
Lors d'une réunion professionnelle récente, Nicolas avait à sa
gauche quelqu'un qui utilisait le gestionnaire de fenêtres
TWM
(Tom's Window Manager)
et à sa droite
une autre personne qui utilisait Mac OSX version 10.4.
Sans conteste, c'est Mac OSX qui est le plus esthétique !
Cela dit, un certain nombre de participants à notre réunion
trouvent qu'un gestionnaire aussi rustique que
TWM
suffit lorsque l'on s'est créé des équivalents-clavier pour
ouvrir les applications les plus utilisées.
Outre la création de quelques équivalents-clavier, la seule
opération essentielle de configuration est le changement
des couleurs, car le rose de la configuration de base n'est
pas du goût de tout le monde.
Quelques-uns ont essayé d'installer
Enlightenment
mais n'ont pas réussi. Il semblerait que l'installation soit
possible avec une version ancienne, mais pas avec les plus
récentes.
Un nouveau sujet de
guerre sainte :
init 3 contre init 5.
L'un des participants boote sa machine en mode graphique.
D'autres (Rafael ?) bootent en mode texte et passent
en mode graphique en tapant startx dans la ligne
de commande.
Comme nous avons souvent parlé de
The Pragmatic Programmer
lors des réunions précédentes, Nicolas (?) l'a consulté pour
voir s'il pouvait en extraire des informations intéressantes.
Il est un peu déçu par ce livre. Le seul conseil qu'il y a trouvé,
c'est que chaque programmeur choisisse avec soin l'éditeur
de source qu'il utilisera et qu'il s'y tienne. De la sorte,
au fil des jours il dominera de plus en plus de fonctionnalités
de l'éditeur.
En revanche,
XP
(Extreme Programming) est beaucoup plus
intéressant selon Nicolas. Je lui demande un éclaircissement sur un
des piliers de XP, le travail en binôme. Quel est le but recherché ?
Cela ne serait pas par hasard pour empêcher les programmeurs de s'adonner
à des tâches peu productives comme le Solitaire ou un peu de surf sur le
web ? Non, me répond Nicolas, le but recherché est d'effectuer
une revue de code (peer review) au fil de l'écriture
de ce code. Plus généralement, le principe de XP est de rassembler les
conditions de travail les plus favorables possibles pour les programmeurs.
Pour son travail, Guillaume dispose de deux périphériques-écrans.
Cela lui permet, par exemple, de travailler pour son projet sur
un écran et de faire tourner
Cow Say
sur l'autre. Mais un jour, pour diverses raisons, Guillaume a dû laisser quelqu'un utiliser son
poste de travail pour débuguer un programme (sans doute la configuration
du poste de Guillaume n'existait sur aucun autre poste de travail
à l'INRIA). La personne est restée perplexe en voyant ce qui
s'affichait sur l'écran secondaire.
Au sujet des personnalités de premier plan de l'informatique :
Un vrai programmeur ne fait pas de sauvegarde. Il uploade
ses fichiers sur un miroir.
Sniper cherchait à se renseigner sur l'écriture de drivers de
périphériques pour Linux. Quelqu'un lui conseille un livre sur
FreeBSD
qui, malgré son titre, s'applique quasiment à toutes les variantes
d'Unix. En fait, le besoin de Sniper est de rétablir une configuration
donnée de sa machine après chaque redémarrage. Pour cela, il lui
suffit de lire la doc de mknod, à la rigueur celle de MAKEDEV
et de conserver dans un coin la liste des numéros
majeurs et mineurs pour les périphériques dont il a besoin.
Cela amène quelqu'un à proposer une variante de la roulette russe.
La voici avec du pseudo-code shell :
Nous avons parlé des tatouages
DeCSS
et RSA.
Certains participants à la réunion pensent que les gens
qui se font tatouer un tel programme
le font pour ne pas être expulsés des États-Unis.
[ Je doute fort que cela soit efficace... ]
L'utilisation de la moutarde de la Taverne et la proximité
d'un autre restaurant clamant qu'il vendait « les meilleurs
chiens chauds (de Paris) » ont rappelé à Sniper des
souvenirs de sa vie estudiantine. À l'époque, ses camarades
et lui mangeaient des sandwichs dans une échoppe voisine.
La première fois, ils ont voulu manger des hots-dogs.
Le patron leur a demandé s'ils voulaient de la moutarde.
L'un des camarades de Sniper a répondu :
« On n'est pas des gonzesses ! »
Le vendeur a donc ajusté la qualité et la quantité de moutarde
à cette déclaration. Lorsque tout le groupe a été servi,
Sniper et ses camarades sont sortis puis ont mordu simultanément
dans leurs hots-dogs respectifs. La réaction de chacun a été
identique : la machoire s'est figée, le visage a blêmi
et les yeux ont laissé échapper un soupçon de larme.
Puis, avant d'avaler une deuxième bouchée, ils ont essayé
d'enlever le plus possible de moutarde en essuyant avec
des serviettes en papier ou des Kleenex.
Là où il travaille maintenant, Sniper et ses collègues ont
recours à la restauration rapide, mais un peu plus élaborée
quand même. Il est possible d'avoir des pizzas ou des plats cuisinés.
Il y a même un menu allégé (ou diététique), à base de salade.
L'autre jour, Sniper avait demandé un plat allégé.
Mais le cuisinier a eu quelques problèmes d'approvisionnement
et il a appelé Sniper pour le prévenir qu'il avait dû
adapter légèrement sa commande. Lorsque le plat allégé
de Sniper est arrivé, il contenait une pizza, des nuggets
de poulet et des frites.
Il paraît que la firme d'électronique
Sony
s'est d'abord appelée
Sonny, avec deux « n ». Mais cela donnait un terme
couramment utilisé en anglais, donc ils ont changé l'orthographe
pour éviter des associations d'idée potentiellement néfastes.
Cela dit, à la réunion, nous n'étions pas d'accord sur la signification
exacte de sonny. Certains pensaient à une traduction
légèrement péjorative du genre « galopin » ou « chenapan »,
les autres à une traduction neutre, éventuellement affective, style
« fiston ». Dans le même ordre d'idée, une firme
automobile a sorti un modèle appelé « Nova ». Ce modèle
ne s'est pas très bien vendu au Portugal. Les commerciaux
se sont ensuite aperçus que, dans ce pays, « Nova »
signifiait « ne fonctionne pas ».
[ En consultant
d'autres sources,
il semblerait que le problème se soit plutôt manifesté en Espagne.
]
Plusieurs participants ont évoqué à peu près la même anecdote. Elle concerne un
Français métropolitain qui arrive dans un département d'outre-mer (Guadeloupe,
Martinique ou Réunion ?). Histoire sans doute de mieux s'intégrer, le métropolitain s'adresse
à une personne de l'endroit en créole. Réaction négative de cette personne.
Dans certaines variantes de l'anecdote, c'était juste une réponse indignée :
« Mais nous savons parler français ! ». Dans d'autres variantes,
c'était le poing en pleine figure.
Les deux
rôlistes
confirmés de la réunion, Nicolas et Guillaume, ont échangé quelques souvenirs de
campagnes. Nicolas a évoqué une partie de
Donjons & Dragons où
l'un des
PNJ
(pour ceux qui ne savent pas, ce sont les « personnages non-joueurs »,
c'est-à-dire des personnages entièrement contrôlés par le maître de jeu) était,
entre autres activités, facteur d'instruments de musique. Lorsque le personnage
de Nicolas est entré dans l'antre de ce PNJ, il s'est exclamé :
« Il y a des traces de luth, ici ! »
Guillaume a raconté une partie de
Bitume,
l'une des plus brèves qu'il
a jouées. Vers le début de la partie, les joueurs trouvent quelques
bouteilles de gaz. Le maître de jeu les décrit, en faisant remarquer qu'il
n'y a rien, absolument rien d'inscrit sur ces bouteilles, à part une tête de mort.
Le dialogue se poursuit par la question rituelle :
-- Que faites-vous ?
-- On ouvre les bouteilles de gaz, pour voir ce qu'il y a dedans.
-- Éh bien, vous êtes tous morts. Du gaz s'échappe et au bout de quelques
minutes, il ne reste plus une trace de vie dans un rayon de 15 kilomètres.
Un peu plus tard, le mot tarpit est venu dans la conversation.
Quelqu'un a demandé ce que cela signifiait. Cela signifie « fosse à goudron »,
la partie tar ne signifiant pas
tape archiver
comme d'habitude pour un informaticien, mais « goudron ».
La question qui vient automatiquement à l'esprit est : « Et quelle
est la traduction de plume ? » Nicolas ne la connaissait pas.
Lorsque quelqu'un d'autre a donné cette traduction, feather,
Nicolas a fait remarquer avec étonnement qu'il connaissait le featherfall
(chute de plume, un sort de troisième niveau à Donjons & Dragons),
mais qu'il ne connaissait pas feather !
Quelques-uns ayant parlé de leurs expériences respectives pour le
service national : service militaire, réforme ou exemption,
Sniper fait remarquer que bien souvent, ceux qui ne veulent pas
« faire l'armée » et qui obtiennent un statut d'objecteur de
conscience, plus tard, aiment bien porter des vestes de treillis ou
des rangers. Or, l'un des arguments que ces personnes présentent
contre le service militaire est que le port de l'uniforme est
déshumanisant.
Stéphane a apporté un livre de physique
The Road to Reality : A Complete Guide to the Laws of the Universe
, par
Roger Penrose.
Le livre fait plus d'un millier de pages, dont la moitié est consacrée
aux éléments de mathématiques nécessaires pour pouvoir modéliser
les phénomènes physiques. Cela dit, le livre est très intéressant
et permet réellement de comprendre la physique. D'où les regrets de
Stéphane de ne pas avoir eu des cours de physique de cette qualité
lorsqu'il était lycéen puis étudiant.
Stéphane enchaîne sur les mathématiques. Pour comprendre certains
points, Stéphane essayait de se représenter la situation dans
un cas particulier. Son professeur de math lui répondait qu'il
ne fallait pas raisonner sur un cas particulier, on pourrait
perdre de vue les propriétés du cas général. Or, Stéphane
est d'accord avec moi, l'histoire des mathématiques montre
que la démarche habituelle consiste à partir d'un cas particulier,
puis à généraliser progressivement en examinant à chaque étape
quelles propriétés continuent à s'appliquer et quelles propriétés
ne s'appliquent plus. C'est ainsi que l'on est passé des nombres
entiers positifs aux fractions, puis aux réels positifs, puis aux
nombres négatifs (entiers, fractions et réels), puis aux complexes
etc.
[ Ce n'était plus tout-à-fait la réunion, mais j'insère quand même le
paragraphe suivant dans le compte-rendu. ]
Sniper et moi avons pris le RER pour rentrer à Courbevoie.
J'en ai profité pour lui montrer le livre que j'étais
en train de lire. Il s'agit de
The Shepherd,
un recueil de nouvelle par
Frederick Forsyth
et j'ai fait exprès
de ne pas mettre de « s » à « nouvelle ».
Le livre comporte 128 pages, mais compte tenu des pages
de garde, de titre et de dédicace, le texte de la nouvelle
commence à la page 15 pour se terminer à la page 123.
Dans ces 109 pages, on trouve :
39 pages entièrement occupées par une illustration,
40 pages avec une illustration dans la partie supérieure
et 12 à 15 lignes de texte dans la partie inférieure,
30 pages ne comportant que du texte.
De plus, les pages ne comportant que du texte font apparaître un grand espace tout
blanc entre le numéro de page et la première ligne de texte. Cela peut être
sympa de mettre des illustrations, mais le procédé consistant à laisser
un vide de 3 centimètres, c'est grossier !
Du coup, alors qu'il y aurait de la place pour 34 lignes sur une page, il n'y
en a que 26 à 29. Cela dit, les marges latérales sont d'une taille honnête.
Si l'on fait le compte, la nouvelle fait de l'ordre de
1400 lignes, ce qui aurait pu tenir sur 41 pages.