La voix du secrétaire (Jean) avec la participation de Kai
Présents à la réunion, en fonction de l'ordre d'arrivée approximatif
Anthony,
moi,
Adrien,
Emmanuel,
Philippe (Bl),
Olivier,
Nicolas,
Jérôme,
notre tsar David,
Éric (glb),
et Kai.
Nous avons mangé du thon-mayonnaise, des spaghetti bolognaise,
des blue-cheese burgers, des pièces du boucher, des
pavés de kangourou, des salades auvergnates,
un nègre en chemise, une coupe colonel et une tarte aux pommes.
Nous avons bu de la Kriek, de la Warsteiner, une autre bière
qui ressemble beaucoup à la Warsteiner par l'étiquette, un
peu par le nom et pas vraiment par le goût, ainsi qu'un
Orangina, une margarita et un café.
Nous avons parlé un petit peu de
Perl,
mais alors vraiment un tout petit peu. Et encore, heureusement
que Kai est resté après mon départ. Nous avons également parlé
d'Internet,
d'informatique
et d'autres sujets.
Éric évoque une mission passée, dans un environnement Unix.
À un moment, pour une tâche banale, il tape un one-liner
dans sa session shell :
perl -anle"blablabla"
et ô surprise, ça plante à la compilation !
Il a beau examiner son one-liner sous toutes
les coutures, il ne comprend pas ce qui déplaît à Perl.
À tout hasard, il tape : uname -a ; perl -v
et là, sous ses yeux ébahis, s'imprime :
HP-UX cuhsi16 B.11.00 A 9000/800 627379302 two-user license
This is perl, version 4.0
$RCSfile$$Revision: 858 $$Date: 2005-04-05 21:41:10 +0200 (Tue, 05 Apr 2005) $
Patch level: 36
Copyright (c) 1989, 1990, 1991, Larry Wall
Perl may be copied only under the terms of either the Artistic License or the
GNU General Public License, which may be found in the Perl 4.0 source kit.
[ Les quelques paragraphes suivants sont dus à Kai. ]
Après le départ de Jean nous avons fini par parler Perl un peu quand même, enfin
outils Perl en tout cas. Jérôme, Nicolas et David ont beaucoup discuté de
sujets d'administration système et de production. Enfin je crois, car en
général je ne comprenais rien. Mais de temps en temps, je posais une
question, et la réponse était intéressante.
C'est quoi RRDTool ?
Si j'ai bien compris, Round Robin Database Tool est
une réécriture propre, efficace, générique et modulaire du coeur de
l'outil (Perl) d'analyse réseau graphique MRTG. RRDTool peut être utilisé
pour le suivi graphique de n'importe quelles données variant avec le
temps (description et mode d'emploi brefs en français). Les deux outils
sont l'oeuvre du Suisse génial
Tobi Oetiker.
Quelqu'un a dit qu'on
devrait lui ériger une statue, mais il préfère qu'on lui achète un CD.
C'est quoi
RT ?
Si j'ai bien compris,
Request Tracker
est un outil (Perl)
de gestion par tickets des tâches ou des incidents, basé sur le mail.
Nicolas dit que c'est devenu essentiel pour savoir comment il a
gâchépassé sa journée.
Nous avons aussi parlé de Bugzilla suite à une
question d'Éric sur le rapport entre
Bugzilla
et Mozilla.
Bugzilla est un outil (Perl) de gestion de bugs développé au départ pour le projet
Mozilla, mais adopté assez largement depuis (trop mignonne sa nouvelle
mascotte, Buggie !). Un peu plus tôt, Emmanuel avait invité tout le monde
à assister à sa présentation de Bugzilla le mercredi 2 février à 18h au
salon Solutions Linux
(inscription gratuite) à la Défense.
[ Jean reprend la rédaction. ]
Quelqu'un a demandé à David et à Jérôme où l'on pouvait
trouver des informations techniques intéressantes
sur le web. On peut trouver des informations de très bonne
qualité dans les blogs de quelques individus
triés sur le volet :
Robert Cringely,
Joel Spolsky,
Alan Cox
ainsi que dans la lettre périodique
de Bruce Schneier.
À propos de ce dernier, David s'est emmêlé les pinceaux
entre le nom de sa boîte et le nom de la publication.
La boîte s'appelle Counterpane
et la lettre s'appelle
Crypto-Gram,
pas l'inverse. Jérôme trouve que le niveau de Crypto-Gram est
un peu trop élevé pour lui. Je fais le rapprochement avec les
trois livres de Schneier. Si
Secrets And Lies
et Beyond Fear
sont faciles à lire, en revanche j'étais complètement largué avec
Applied Cryptography.
Pour surfer sur le web, Nicolas utilise
Firefox.
À l'occasion d'une réunion familiale, il a voulu
montrer quelques sites web à son frère ou son père.
Or, la machine fonctionnait sous Windows et l'accès
à Internet se faisait par
Internet Explorer.
Nicolas a constaté avec horreur qu'une quantité importante
de pop-ups s'affichaient à l'écran et que,
le temps de les fermer, d'autres apparaissaient.
Et encore, il fallait réussir à les fermer. En effet, certaines
fenêtres contiennent des copies d'écran avec toute la décoration,
y compris le bouton de fermeture en haut à droite.
Mais lorsque l'on clique sur le bouton de l'image de l'écran,
cela ne ferme pas pour autant la pop-up.
Nicolas se demande comment on peut accepter de surfer
sur le web dans ces conditions. Anthony lui répond
que c'est identique au syndrome du 12:00 clignotant
que l'on voit sur la plupart des magnétoscopes et des
fours à micro-ondes.
Nous parlons de la recrudescence des infections par
spywares
et adwares
de toutes origines. Ainsi, certains
ont lu sur le web qu'un PC avait été infecté par plus de
100 programmes spywares. Ou alors, un
constructeur informatique avait 80 % de ses
postes clients infectés par au moins un programme de ce type.
Quelques participants à la réunion racontent qu'ils surveillent
les machines Windows fraîchement connectées à Internet pour savoir
au bout de combien de temps elles sont infectées.
Cela peut prendre quelques heures dans certains cas,
ou juste quelques minutes dans d'autres.
Éric fait remarquer que les différents adwares
sont en concurrence et donc qu'ils se font la guerre et
s'entre-dévorent. Dans le temps, pour avoir un peu d'animation,
on installait chez soi un aquarium avec des poissons de différentes
espèces. Maintenant, on surveille l'activité des adwares
sur son PC. Quelqu'un d'autre fait remarquer que ce phénomène
permet de justifier la course aux gigahertz. Si les machines
fonctionnent de plus en plus vite, ce n'est pas pour permettre à l'utilisateur
d'être de plus en plus rapide et de plus en plus efficace, c'est
pour permettre à sa machine d'héberger de plus en plus d'adwares.
Emmanuel évoque une école où le réseau informatique est géré par
les élèves. Lorsque la machine d'un élève est infectée
par un programme spyware, cela se remarque
car le trafic provenant de cette machine augmente de façon
importante. Les admins isolent alors cette machine et avertissent
son possesseur, pour lui dire qu'il est provisoirement
black-listé et qu'il sera réintégré lorsqu'il aura nettoyé sa
machine. Dans au moins un cas, la mesure corrective n'a pas
été de supprimer le programme perturbateur, mais d'installer
un firewall sur la machine contaminée,
sauf que ce firewall est installé
en sens inverse : il empêche les paquets indésirables
de sortir de la machine, tout en admettant
la totalité du trafic entrant.
David évoque deux mécanismes curieux, datant de l'antiquité
du web : le
« httpmail »
et le
« ftpmail ».
Le « http-mail » consiste à envoyer un message
à l'adresse du serveur, le corps du message étant une liste
d'adresses web. En retour, l'utilisateur reçoit les sources
HTML des documents web à ces adresses. Il consulte ces documents
et peut, s'il le souhaite, en extraire de nouvelles adresses
qu'il enverra dans un nouveau message. Le « ftp-mail »
est similaire, il consiste à envoyer un script FTP à l'adresse
du serveur :
OPEN ftp.example.com
USER anonymous moi@mon.isp.com
CD /pub/contrib
GET toto.tgz
CLOSE
QUIT
et le serveur renvoie le fichier demandé par retour
du courrier. Sauf que, en raison d'une limite
arbitraire et historique de
Sendmail,
le serveur renvoie généralement le fichier en plusieurs
tranches, chacune de 40 Ko maximum, et que
l'utilisateur est obligé de les recoller dans le
bon ordre et sans rien oublier pour reconstituer
l'archive qu'il a demandée. Quant à faire un
rsync par ce biais...
Un gadget plus récent : le
« webcron ».
Cela correspond à un site web sur lequel on peut
s'inscrire, puis demander, par exemple, que
tous les samedis à 23 heures, la machine fasse
un GET HTTP de tel ou tel URL. Pour peu que le document
à cette adresse contienne un Javascript bien fait,
cela permet de lancer une tâche, donc de remplacer un démon crond et
un fichier crontab locaux.
Quelques participants ont évoqué les sites écrits en
Flash.
Dans certains cas, l'utilisation de ce format a pour unique
but de pouvoir afficher un texte sur une ligne inclinée et de permettre
à l'internaute de faire varier cette inclinaison.
L'inconvénient est que le site ne pourra pas être indexé
par les moteurs de recherche. Encore que, dans certains cas,
l'auteur du site a peut-être envie que son site ne soit pas
indexé. [ Le sujet a
déjà été évoqué,
quoique c'était JavaScript qui était sur la sellette,
et les moteurs de recherche ne sont pas les seuls à être
pénalisés par JavaScript et par le format Flash. ]
Ensuite, la discussion porte sur la différence entre
Flash,
Shockwave
et Macromedia.
Il semblerait que Flash et Shockwave soient
deux formats différents, quoique très voisins et que Macromedia soit
la boîte qui diffuse Shockwave. Mais alors, pourquoi l'extension
traditionnelle des fichiers Flash est
.swf,
réunissant les
deux appellations ?
Quelqu'un a lu sur le web une réflexion à propos des
dates prévisionnelles de sortie des
distributions
Debian : « La
Sarge
stable sortira en même temps que Sadam Hussein. »
Une discussion a eu lieu sur la différence entre
XFree
et X.org.
Techniquement, il n'y a pas grand-chose de différent, car
X.org est un schisme (fork) de XFree.
La différence principale entre les deux projets, qui
est aussi l'une des causes de la scission, est
la license d'utilisation, celle de XFree ne répondant
pas aux critères des licenses de logiciels libres.
Une autre raison pour la scission est que l'équipe
de développement de XFree n'était pas très réactive
et parmi les patchs en attente, certains dataient de plus
d'un an. Finalement, il y a le fait que chez un éditeur
de distribution Linux, l'équipe de développement s'est rendue
compte qu'elle assurait le support de XFree sur des architectures
plus nombreuses que l'équipe de XFree.
Un distributeur Linux s'est rendu compte que la libsvg
était plus performante que la libpng. Il a donc
décidé de proposer des fonds d'écran en
SVG,
ce qui présente en outre l'avantage de donner des résultats
corrects sur toutes les configurations d'écran, que ce
soit en 640 x 480 ou en 1280 x 1024
ou en beaucoup x beaucoup.
Nous avons parlé de gestionnaires de fenêtres.
Nicolas utilise fvwm et refuse catégoriquement
d'en changer. Ainsi qu'il le dit, quand on a obtenu un
fichier de configuration
qui nous convient, avec des raccourcis claviers qui
nous conviennent, surtout on le garde précieusement et on
n'y touche plus. Ses interlocuteurs tentent en vain de lui
dire que KDE permet sans peine de configurer ses fenêtres
et ses raccourcis clavier, il n'y a pas besoin d'éditer
le fichier de configuration « à la main » pour
ce faire, il y a des outils clicodromes qui font ça
très bien. Adrien tente de plaider la cause de
Ion,
mais rencontre peu de succès.
Nous parlons de l'adoption de Linux par des néophytes
qui n'ont pas la fibre informaticienne. La réponse n'est
pas tranchée. Un participant évoque sa compagne, pour
dire qu'il a lui installé Linux sur son poste et que depuis,
elle est ravie chaque fois qu'elle voit apparaître l'image
d'un pingouin. Un autre suppose que les utilisateurs
de Windows peuvent avoir certaines réticences à changer,
de peur d'avoir à tout réapprendre. Dès lors qu'ils
ont réussi à éditer la base de registres pour y ajouter
une entrée, ils n'osent plus envisager de faire l'investissement
intellectuel d'apprendre un autre système d'exploitation.
Justement, il y avait un utilisateur de Windows, néophyte
en Linux à la réunion. Éric a déclaré qu'il était très
content de Windows, puis il a
demandé si « ce machin Linux »
marchait bien, si c'était stable et si cela permettait de
faire beaucoup de choses.
[ À l'intention de ceux qui lisent les comptes-rendus mais
qui n'ont pas la possibilité de venir aux réunions, je signale
que cette intervention d'Éric était hautement ironique. Même s'il
a été récemment affecté par sa boîte à une mission en environnement
Windows, il a déjà pratiqué Linux et il pratique toujours Linux
en dehors du cadre professionnel. ]
Quelqu'un a demandé s'il existait un éditeur de source correct
sous Windows, en dehors de Notepad et des éditeurs
inclus dans les IDE du commerce. Cela n'a pas manqué, la moitié
des participants a répondu
« gvim pour Windows »
et l'autre moitié a répondu
« emacs pour Windows ».
Kai raconte qu'il a récemment rendu visite à sa famille
et qu'il les a aidés à dépanner leur machine qui fonctionne
sous Windows XP. Le problème était assez sérieux et il a
fallu réactiver Windows. Pour ce faire, il fallait appeler
le service clients de Microsoft, lire
un code à 6 ou 8 chiffres affiché par le programme
d'installation, demander à la personne de Microsoft
de lui communiquer la deuxième partie du code d'activation
et le taper sur l'écran d'installation sous la dictée de la
personne de Microsoft. Kai trouve gonflant que l'on
soit obligé de téléphoner pendant un quart d'heure à
Bill Gates pour activer Windows.
David évoque un logiciel installé dans sa société, logiciel
provenant d'une société informatique norvégienne.
Le logiciel n'assure pas l'intégrité référentielle.
Pour ceux qui ne le savent pas, l'intégrité référentielle
représente la cohérence des clés similaires entre des tables distinctes.
C'est associé au concept de clé étrangère.
David prend l'exemple de la table des clients et de la table
des adresses. Ce sont deux tables distinctes, car un client peut
avoir une adresse de livraison, plus une adresse de facturation,
plus encore une autre adresse pour tel ou tel cas de figure.
L'intégrité référentielle consiste à prendre ses précautions
lorsqu'un utilisateur tente de détruire un enregistrement de la table
des clients. Dans ce cas, le programme doit obliger l'utilisateur
à supprimer au préalable les adresses pour seulement ensuite lui permettre
de supprimer l'utilisateur, ou bien alors le programme doit effectuer la suppression
des adresses implicitement et en même temps que la suppression du client.
Mais cela ne fonctionne pas avec le logiciel en place dans la
société de David. Le palliatif adopté est de faire tourner toutes les
deux heures des requêtes qui extraient, par exemple, les adresses
orphelines et d'envoyer le résultat aux personnes concernées.
Si un utilisateur se rend compte qu'une de ses modifications récentes
a compromis l'intégrité référentielle, il est alors tenu de
compléter les mises à jour pour rétablir cette intégrité.
Un autre problème du logiciel chez David est l'abondance de tables
temporaires. Si l'on veut effectuer le moindre traitement,
aussitôt quelques tables temporaires dont le nom commence
par « H » apparaissent. Il a donc mis au point
un traitement de purge pour effectuer un DROP sur
toutes les tables en « H ». Le pire est que,
la plupart du temps, ces tables contiennent zéro enregistrement.
David suppose que cela correspond à certains points spécifiques
norvégiens, tels que la législation du travail pour les pêcheurs
norvégiens exerçant leur métier dans les eaux territoriales
suédoises.
[ Et ne me dites pas que vous ignoriez cette loi sur les pêcheurs
norvégiens exerçant leur métier dans les eaux territoriales
suédoises, c'est une loi aussi fondamentale que la gravitation
universelle... ]
Sur le point de vue de la technique, Nicolas est plutôt satisfait
d'Oracle.
C'est vrai, il y a parfois quelques anicroches comme
celle qu'il a racontée en novembre,
mais le bilan global est positif. Il cite un autre problème
avec Oracle, les nombreux paramètres nécessaires pour
configurer une nouvelle instance de base de données.
Jérôme enchaîne pour dire que
Sybase
a été créé par des dissidents d'Oracle. Ces transfuges
ont voulu prendre le contrepied de toutes les erreurs
d'Oracle et c'est ainsi qu'ils ont créé Sybase.
D'ailleurs, cela se remarque lorsque l'on configure
une base Sybase, les paramètres de configuration sont
beaucoup moins nombreux et beaucoup mieux expliqués.
Quelqu'un ayant des problèmes de mémoire sur un de ses serveurs,
nous évoquons les
communications inter-processus
à la mode
Unix Sys V.
Après quelques minutes de cogitation, nous avons réussi à lister
les trois types de communication :
S'il y a des problèmes avec les communications inter-processus, on peut
les lister avec ipcs et les résoudre avec iprm.
Attention ! ne pas utiliser iprm si Oracle
(ou vraisemblablement tout gestionnaire de base de données) est
en train de tourner.
Jérôme a évoqué une pratique qui a cours,
entre autres, dans certaines sociétés d'infogérance
(Facilities Management).
Tant que le contrat n'est pas signé avec un client,
la société propose des tarifs très avantageux.
Une fois le contrat signé, elle facture des services
qui ne figurent pas dans le contrat initial,
mais ce n'est plus la même grille de tarifs.
Il donne l'exemple d'une société qui assurait les
sauvegardes de données pour son client et qui a
décidé du jour au lendemain de facturer chaque mouvement
des cassettes de sauvegarde. Ce genre de pratique
s'appelle « faire suer le contrat ».
Olivier est tombé sur une limite de gvim. Il voulait
consulter un fichier XML et il s'est aperçu que
c'était un one-liner de plusieurs
Ko. Et encore, il devrait s'estimer heureux, car un
peu plus tard, quelqu'un d'autre a signalé que la
limite de taille de ligne pour vi sous AIX
est de 1024 caractères par ligne. Existe-t-il
un « XML-tidy » comme il existe un
perltidy ?
Et en fait, a-t-on le droit de reformatter
un document XML en insérant des sauts de ligne et
des tabulations ? Cela dépend, semble-t-il,
de la DTD ou du schéma du document. Les blancs peuvent
être déclarés significatifs pour certaines balises
et sans signification pour d'autres.
Olivier (ou était-ce Adrien ?) demande si les autres
participants ont personnalisé leur prompt shell avec des
effets spéciaux. Le sien, sur
zsh,
affiche le répertoire en cours avec des couleurs
différentes selon la charge de la machine.
Nicolas, en revanche, se contente d'un simple « % »
ou d'un simple « $ ». Mais il affiche des informations
sur la droite de l'écran.
Jérôme évoque Hot-Babe, la variante graphique de xload.
Cet accessoire affiche une bellaminette parmi 5 possibles,
sachant que l'habillement de la bellaminette est une fonction
décroissante de la charge de la machine. C'est amusant au début,
mais après un certain temps, on le désinstalle. Jérôme signale
également que l'inclusion de ce logiciel dans les distributions
Linux a provoqué à chaque fois une polémique dans la liste
de messagerie de la distribution associée.
Pour l'édition de la commande shell en cours de saisie, il semble
que tout le monde ait pris l'option par défaut, l'option
emacs. Personne n'a pris la peine de changer son .profile,
son .zshrc ou son .bashrc pour activer
le mode vi.
A-t-on le droit de craquer les mots de passe des machines de son
entreprise ? Non, mais on a le droit de faire un audit de
sécurité, ce qui revient, entre autres, à tester si les mots
de passe peuvent facilement être craqués... Quelqu'un a fait
un audit de sécurité sur une machine et le premier mot de passe
qu'il a trouvé était un mot du dictionnaire commençant par « a ».
C'était le mot de passe du responsable de la sécurité.
Un autre participant a tenté de mettre en place une procédure pour
avertir les utilisateurs que leur mot de passe est susceptible
d'être craqué et qu'il faut en changer. Il y a renoncé, car il aurait
dû envoyer le message à 90 % des utilisateurs chaque semaine.
Quelqu'un s'est fait la réflexion qu'il n'y a pas encore eu
de virus sur
OpenOffice.org,
alors qu'il y a déjà tout ce qu'il faut dans le logiciel :
un langage de macros bien fourni et l'exécution automatique
de macros à l'ouverture.
Il a été question de la
CNIL,
dont l'un des rôles est de prévenir les abus liés
aux rapprochements de fichiers. Dans une certaine mesure,
le rapprochement des fichiers de l'administration peut s'avérer utile pour un
simple particulier. Par exemple, si une personne déclare un
changement d'adresse à une administration, alors cette personne ne
sera plus tenue de communiquer ce changement d'adresse à 36 administrations
différentes ; c'est à la première administration qu'il appartient
de transmettre la déclaration.
Encore faut-il que ce soit fait
correctement et dans les limites légales.
Jérôme évoque un déménagement, à l'occasion duquel il
avait prévenu les
impôts
et EDF.
Aucun problème du côté des impôts.
En revanche, la personne d'EDF à qui il s'était adressé disposait d'un
vieux système informatique qui ne digérait pas les voyelles accentuées et
qui les remplaçait par des espaces. En plus, la personne avait mal
compris le nom de famille de Jérôme. Du coup, quelques semaines plus
tard, il a commencé à recevoir des quittances EDF au nom de J r me Senal.
Et un an plus tard, il a reçu deux lettres des impôts : une lettre
tout ce qu'il y a de plus normal adressée à son nom avec la bonne orthographe
et une demande de régularisation adressée à J r me Senal, qui
a omis de déclarer sa nouvelle adresse.
En revanche, il ne doit pas y avoir de rapprochement entre les sociétés
privées et l'administration. Enfin, en théorie. Nicolas, comme de
nombreux Mongueurs sans enfant, n'a pas la télévision.
Il y a quelque temps, il a offert un abonnement
Canal +
à ses parents. Les factures arrivent donc chez lui, même si tout le reste, décodeur,
numéro d'activation, etc. arrive chez ses parents. Néanmoins, il a
reçu un avis du service de la redevance lui demandant de régulariser
la situation et de déclarer son poste de télévision.
Anthony a évoqué le raz-de-marée du 26 décembre et la façon dont
la télévision et la presse le traitent. Le rôle des journalistes
est d'informer le public, pas de faire pleurer dans les chaumières.
Que la télévision fasse appel à la générosité des téléspectateurs,
d'accord, mais en dehors des journaux télévisés qui doivent
rester objectifs et neutres. Lorsqu'ils relatent
une catastrophe comme celle-ci et qu'ils citent le nombre des victimes,
les journalistes précisent toujours « dont N Français ».
Qu'est-ce que cette mention apporte de plus ? Cela n'allège
en rien le chagrin des familles de victimes, françaises ou autres,
cela ne change en rien non plus la vision de la catastrophe par ceux qui
ne connaissent personnellement aucune victime. Finalement, il y a les
calculs qui n'ont aucun sens, comme de dire que l'épidémie de SIDA en
Afrique représente un raz-de-marée toutes les deux semaines.
Un autre travers des journalistes qu'Anthony dénonce, c'est la tendance
à qualifier tout et n'importe quoi de « moment historique ».
C'est seulement avec le recul des siècles que l'on pourra savoir si
tel ou tel événement fut un « moment historique ».
Par une curieuse coïncidence, Anthony avait vu quelques jours
auparavant le film catastrophe
Le Jour d'après,
qui raconte les effets d'un dérèglement du climat. Dans le film,
ce phénomène est dû à des causes naturelles, mais le film
s'achève sur une note moraliste, « les hommes ont
effectué une prise de conscience ». Une prise de conscience
de quoi ?
Nous avons discuté de vocabulaire, notamment le fait que l'on ne
parle que de tsunami, quasiment jamais de
raz-de-marée. Le mot « tsunami »
est un terme d'origine japonaise employé par les anglophones.
L'utilisation soutenue de ce mot témoigne donc de l'envahissement
de notre langue par l'anglais alors qu'il ne s'agit même pas de
combler une lacune du français.
La discussion évolue sur l'idée selon laquelle la variante québecoise
de la langue française est plus pure que notre dialecte. Les
Canadiens francophones ne manquent pas de souligner les anglicismes
que nous utilisons et de se poser en vaillants défenseurs du français.
C'est vrai qu'ils ont eu du mérite à imposer l'utilisation systématique
du bilinguisme dans les documents officiels et dans la vie de
tous les jours ainsi qu'à résister aux pressions
des Canadiens anglophones. Néanmoins, ils ont leurs anglicismes,
dont la plupart des Français et des Québecois eux-mêmes n'ont pas conscience.
Voici quelques exemples, les uns cités lors de la réunion, les autres
que j'ai remarqués lors de mes vacances en 1997 et en 2003.
fr_FR : quand le copain de Nathalie raconte des histoires, on rigole !
fr_CA : quand le chum de Nathalie conte des jokes, c'est l'fun !
fr_FR : il a arrêté sa bagnole, soulevé le capot et sorti la roue de secours et le cric.
fr_CA : il a arrêté son char, soulevé le hood et sorti le spare et le jack.
[ Je n'ai pas personnellement entendu utiliser les mots
« spare » et « jack ». Il m'ont été communiqués
par deux français, dont un qui a vécu 10 ans au Canada
et qui y vit encore aujourd'hui. ]
D'autres tournures, si elles ne font intervenir aucun mot tiré
de la langue anglaise, n'en constituent pas moins à mes yeux
des anglicismes ou plus précisément des américanismes.
fr_FR : Roméo est amoureux de Juliette.
en_US : Romeo is in love with Juliet.
fr_CA : Roméo est en amour avec Juliette.
fr_FR : Je me promène.
en_US : I take a walk.
fr_CA : Je prend une marche.
Peu de gens le savent en France : les chemins de fer sont scindés
en deux entreprises. Il y a la
SNCF,
qui possède et exploite le matériel roulant et il y le
Réseau Ferré de France,
qui possède et entretient les rails et toute l'infrastructure
et les loue à la SNCF. Les Britanniques sont allés
plus loin dans cette direction, ils ont plusieurs
sociétés pour exploiter le matériel roulant et ce sont des
sociétés privées. Cela occasionne des situations ubuesques
dans le genre de celle-ci. Un usager a souscrit un abonnement
à une société pour prendre tous les jours le train de 16h44.
S'il rate son train, le suivant est à 17h44 mais est exploité
par une deuxième société et celui de 18h44 est exploité par une
troisième société. Donc, l'usager devra soit payer plein tarif
pour prendre le train de 17h44, soit attendre le train
de 19h44 dans lequel son abonnement est valable.
Apple
venant de présenter ses nouveautés dans le domaine de la musique
numérique, il y a eu de nombreuses discussions sur ce sujet, ainsi que
sur les chanteurs, les radios (hertziennes ou web), les salles de
spectacle et le matériel de musique numérique. J'en ai retenu peu
de choses. Nicolas est intéressé par le nouvel iPod, qui fournit
une capacité et une autonomie confortable dans le volume d'un briquet.
Bon, c'est vrai, il lui est souvent arrivé d'égarer son briquet.
Mais il ne perdra pas son iPod, juré craché. D'autre part, si
les disques vinyles sont en voie de disparition, cela ne remet
pas en cause l'activité des didjés (ou D.J. si vous préférez).
Ils ont à leur disposition un appareil avec une surface sensible du même genre
que ce qui remplace la souris sur certains portables et ils
font le même mouvement qu'à l'époque des platines pour
disque vinyle et l'appareil synthétise le « scratch » correspondant.
Nous avons également parlé des anciennes technologies avec
les disques vinyle et les cassettes. Pour sauter un morceau
sur une cassette et passer au suivant, il y avait une recherche
de blancs. Mais cela ne fonctionnait pas toujours; l'appareil interprétait
souvent un pianissimo comme la pause entre
deux mouvements du morceau.
Certains magnétophones
à cassette avaient une fonction auto-reverse,
qui permettait d'écouter la deuxième face de la cassette sans avoir
besoin d'ouvrir le volet, retourner la cassette, refermer le volet et
réappuyer sur le bouton de lecture. Ces magnétophones possédaient
deux têtes de lectures, l'une servant lorsque la cassette tournait
dans un sens et l'autre lorsqu'elle se rembobinait (à vitesse normale,
bien entendu). Mais un constructeur avait estimé que l'existence de
deux têtes de lecture ne permettait pas un alignement correct de la
tête avec la piste correspondante. Il avait donc mis au point un
système auto-reverse qui consistait à ouvrir le
volet, faire sortir la cassette au moyen d'un genre de bras robotique
rudimentaire, la faire pivoter, la réintroduire dans le logement et
refermer le volet, le tout sans intervention humaine.
Nous avons également parlé littérature. Anthony prend régulièrement
le TGV,
ce qui lui permet de savoir quel est le dernier livre à la mode.
C'est ainsi que, depuis quelques semaines, Harry Potter
s'est fait détrôner par Da Vinci Code.
Pour comprendre pourquoi cela semblait tant intéresser ses divers
compagnons de voyage, il l'a donc lu et il nous le recommande.
Certains passages du roman se déroulent à Paris et c'est décrit
avec une précision telle qu'on a l'impression d'être au coeur de l'action.
Quand un roman se passe dans des lieux réels ou comporte des détails
du monde réel en nombre suffisant, il y a toujours quelques lecteurs
qui vérifient la vraisemblance des passages en question, ce qui oblige
l'écrivain à prendre quelques précautions. C'est ce qui est arrivé à
Umberto Eco lorsqu'il a mis en scène un personnage qui descend d'un train,
achète un journal et remonte dans le train. Pour écrire le roman,
Eco a effectué réellement le parcours de son personnage, il est
réellement descendu à la gare, a réellement acheté un journal,
tout ceci pour vérifier que la durée de l'arrêt permettait effectivement
l'achat du journal.
[ Un exemple similaire est
Good Omens
de Terry Pratchett et de Neil Gaiman, avec sa plaisanterie
récurrente sur les cassettes de Queen. Lisez donc les
annotations
des pages 19, 20, 26 pour vous mettre dans le bain, puis la note
de la page 87... ]
En dehors de ses oeuvres très célèbres,
le Nom de la Rose
et le Pendule de Foucault,
Eco a écrit plusieurs ouvrages
et Olivier recommande l'un d'eux, que j'ai lu et apprécié moi aussi :
Comment Voyager avec un saumon.
C'est un recueil d'anecdotes
de 3 à 6 pages chacune. L'anecdote-titre raconte les déboires
d'Umberto Eco lors d'un voyage à Stockholm puis à Londres.
À Stockholm, il avait acheté l'une des spécialités
locales, un saumon surgelé. Arrivant à l'hôtel à Londres
il s'empresse de mettre son saumon dans le réfrigérateur de sa chambre,
pour éviter la décongélation. Évidemment, il doit pour cela retirer
toutes les canettes de jus de fruit et les mignonettes d'alcool
du réfrigérateur. Il part se promener le lendemain et à son retour,
il constate que son saumon est sorti du réfrigérateur et posé sur la table,
à côté des canettes qu'il a enlevées. En ouvrant le réfrigérateur,
il trouve une nouvelle série de canettes et de mignonettes.
Le lendemain, rebelote. Finalement, à son départ le troisième jour,
son saumon est complètement dégelé et donc
inutilisable pour la cuisine. Et en plus, lorsqu'il règle sa note d'hôtel,
il constate qu'on lui impute le prix des trois jours de consommation
intensive de jus de fruit et d'alcool.
Un autre auteur qui vaut le détour, c'est
Bernard Weber.
Il a écrit une série de trois livres sur les fourmis,
mais ces livres sont indépendants et peuvent donc être lus
dans n'importe quel ordre. Il a également écrit
l'Encyclopédie du Savoir relatif et absolu.
Il y explique par exemple une différence fondamentale entre l'intellect
humain et l'intellect des fourmis. La principale question que les
hommes se posent est : « Pourquoi tel phénomène ? »
À l'inverse, la principale question que les fourmis se posent est :
« Comment accomplir cette tâche ? »
Ou bien il évoque le zéro, un symbole curieux qui n'a aucun
effet lorsqu'il se trouve à gauche d'un nombre et qui a un effet
marquant lorsqu'il est à droite. J'ai immédiatement réagi pour
dire que c'était faux. Je me souviens d'un bug dans un programme
C [ quoique ma mémoire était imparfaite, je me suis attribué ce bug
alors qu'à la réflexion je pense que c'est arrivé à un collègue ].
Le programme consistait à tabuler des données numériques pour constituer
un histogramme. Voici quelle tête cela aurait en Perl [ histoire de
caser un peu de Perl dans ce compte-rendu particulièrement
chiche en la matière ]
my@borne = (0127,0063,0031,0015,0007,0003,0001);my@histo = (0) x @borne;# pour ne pas avoir de trous dans le printwhile(<DATA>){my$i = 0;$i++ while$val <= $borne[$i];$histo[$i]++;}print"@histo\n";__DATA__68605722
Que pensez-vous que cela imprime ? 0 1 2 1 0 0 0 ?
Non cela imprimera 0 3 0 1 0 0 0. En effet, les bornes
des tranches sont 87, 51, 25, 13, 7, 3 et 1, à cause des
zéros de gauche. Ce qui montre bien que le zéro peut avoir une
influence, même à gauche du nombre.