Nous avons mangé des spaghetti bolognaise, carbonara ou au saumon
selon les goûts, des cheeseburgers, du kangourou, de
l'autruche, des brochettes, des nègres en chemise, une pèche Melba et
une dame blanche. Et nous avons bu de la Kriek, de la Stout, de la
Warsteiner, du vin, de l'Orangina et une margarita.
Comme à notre habitude,
nous avons parlé de Perl et de Parrot,
d'Internet,
d'informatique
et de sujets divers.
Nous avons également raconté des histoires drôles
mais je préfère prévenir tout de suite que certaines catégories
de personnes à l'humour déficient ne les trouveront pas forcément drôles.
Stephen nous explique pourquoi il est venu en France début
septembre plutôt que
fin juillet.
Il travaille dans un institut de recherche pour l'industrie
aéronautique. La récession qui atteint de plein fouet les compagnies
aériennes a, comme on peut s'y attendre, des répercussions chez les
constructeurs aéronautiques et leurs sous-traitants. Avec la réduction
des dépenses, Stephen ne pouvait plus faire plusieurs voyages en
Europe. Comme il a déjà participé à plusieurs conférences Perl sur le
continent américain, il a plutôt choisi de se rendre à un congrès
aéronautique à Göttingen puis d'enchaîner avec du tourisme en
France. Mais même cet unique déplacement professionnel a été
annulé. Stephen a néanmoins maintenu ses vacances en France.
En revanche, Stephen était sur place pour
YAPC::Canada.
Christine et lui faisaient d'ailleurs partie de l'équipe
qui a organisé cette conférence.
À l'occasion de la réunion, BooK a imprimé quelques exemplaires du
Camel Code.
Les participants à la réunion en
ont signé un exemplaire pour l'offrir à Stephen. Stephen en a signé un
autre qui sera conservé par l'association. Un troisième exemplaire
a été signé par tous et sera proposé à la vente aux enchères de YAPC::EU-2004.
Stephen a également reçu un T-shirt YAPC::EU-2003.
La réunion a permis à Eric de rencontrer la personne grâce à qui
il s'est mis à Perl. En effet, comme il l'a raconté
au cours d'une réunion précédente,
c'est en lisant le Camel Code
qu'il a décidé d'apprendre Perl.
Stephen nous fait remarquer qu'il existe deux versions différentes du
Camel Code :
celle de Perl Monks,
la première, et
celle de ThinkGeek
suite à une adaptation pour y faire figurer son nom.
Il lui a fallu juste deux heures pour écrire l'algorithme,
mais ensuite, la mise en forme du code lui a demandé
beaucoup plus de temps, quelque chose comme une vingtaine
d'heures.
Si c'est le Camel Code qui lui a apporté
la célébrité, ce n'est pas cette obfuscation qu'il préfère,
c'est
celle
qui a la forme d'une sinusoïde et qui fait
(mauvais) usage de substr.
BooK a fait une démo de l'obfuscation que Dave Cross avait
achetée à
YAPC::EU-2001
et qu'il lui a remise à YAPC::EU-2003.
Cette fois-ci, Greg McCarroll n'était pas là pour tenter de s'y opposer.
Stéphane n'avait pas remarqué la ligne de code contenant les
mots-clés Perl :
grep//,map{chr(ord)}@;if(my$b=each(%@));
ni les modificateurs de la substitution s/chaine1/chaine2/gmc. Ces deux
particularités du code étaient en gras sur l'exemplaire mis en
page que BooK a montré à l'écran lors de la remise à Dave Cross,
mais il faut dire qu'à ce moment-là Stéphane a manqué l'auction,
il était en train de
décâbler, nettoyer et ranger les autres amphis.
Stephen a composé ses obfuscations lui-même. Maintenant,
depuis l'apparition de
ACME::Eyedrop,
n'importe
qui peut générer une obfuscation qui s'inscrit dans une
silhouette arbitraire. Nous évoquons une autre obfuscation
qu'il était impossible d'écrire et qu'il a fallu générer.
C'est l'un des
$A++
produits par David.
Ce programme repose sur la séquence des comparaisons dans
un tri et David a donc essayé plusieurs jeux de données
en entrée jusqu'à trouver un jeu de données qui produise
la séquence de comparaisons désirée. Comme la méthode
par essais et erreurs risquait de nécessiter de nombreux
essais, David a écrit un programme pour automatiser la recherche.
Il existe plusieurs groupes différents de Perl Mongers
en France mais les contacts en face à face sont assez rares. C'est
grâce à YAPC::Europe que nous avons pu rencontrer des Mongueurs
venant de
Lyon,
Marseille,
Toulouse
et autres coins de la France.
Paradoxalement, Stephen a rencontré Michel Rodriguez plus souvent
que nous. Nous l'avons vu deux fois :
lors d'une réunion en juin 2000
et à YAPC::Europe. Stephen l'a croisé à plusieurs conférences
OSCON/TPC.
Stéphane nous révèle que
Parrot
ne sait pas faire des
« ou »
bit-à-bit
sur les chaînes de caractères,
comme cela
se fait en Perl. D'autre part, les objets ne sont toujours pas
installés, mais cela devrait arriver bientôt. Heureusement, car il y
a l'échéance de OSCON/TPC 2004, au cours de laquelle une tarte à la
crème va voler. Pour ceux qui ne sont pas au courant, rappelons que
l'équipe de Parrot a parié qu'à cette occasion, il existera un
interpréteur Python (ou
Pie-thon
comme certains mongers anglophones
ont tendance à écrire) qui fonctionnera sous Parrot et qui exécutera
un programme donné plus rapidement que
l'interpréteur natif de Python.
BooK a trouvé un projet intéressant : écrire awk(1)
en Parrot. Du coup, cela pourrait donner des idées à Larry pour
qu'il écrive un nouveau langage inspiré de awk. On lui fait
remarquer que pour inciter Larry à créer un langage intéressant,
il faut également écrire une version de sed qui tourne
sous Parrot.
Toutes ces considérations amènent Stéphane et quelques autres
à définir cette devise pour Parrot :
All your languages are belong to us.
Récemment,
Simon Cozens
a lancé un
projet de relecture de code.
David prévoit qu'au bout d'un certain temps, la liste de diffusion
ne recevra plus que des demandes du genre : « Voici
mon code. Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi cela ne
fonctionne pas ? »
Je rappelle qu'à l'issue de YAPC::Europe à Amsterdam, nous avions
convenu de faire des revues de code lors de nos réunions mensuelles.
En fait, outre les exploits obfusquants de certains, la seule revue
de code a porté sur un programme que David nous avait apporté.
Récemment, sur
CPAN,
sont apparues des notes d'appréciation
(ratings) destinées à classer les modules.
Or, Elaine Ashton avait expliqué lors de son exposé
qu'il était hors de question de mettre en place un système
de notation sur CPAN, les notes obtenues ne correspondraient
à rien d'intéressant.
Il est également question de la liste des 100 modules
essentiels de CPAN, le but étant d'examiner ces modules sous toutes
les coutures et de les tester à fond, car la qualité globale
de Perl dépend en grande partie de ces modules. Briac a jeté
un coup d'oeil sur
DBI
et doute qu'un individu normal puisse
faire une revue de code de DBI.pm et émettre un
avis éclairé.
Comme j'étais absent la dernière fois, je n'ai pas rédigé
de compte-rendu. Pour compenser, certains participants ont donc posté leurs
souvenirs sur la liste. Puis Philippe (Bl) s'est proposé pour
rassembler ces messages disparates et en faire un compte-rendu
semblable aux miens. Hélas, il n'a pas pu les charger sur le
serveur CVS,
il « n'avait pas assez de karma ».
Il m'a donc envoyé le fichier, j'ai effectué quelques adapations
mineures et j'ai chargé le fichier. Philippe ne savait
pas qu'il y a des différences entre les habilitations pour
la rédaction des articles et les habilitations pour la mise
à jour du site web. Il me demande alors comment l'on acquiert
un karma suffisant pour tel ou tel environnement CVS.
Je lui réponds que cela n'a rien à voir avec les sites collaboratifs
comme le karma de Slashdot,
les points d'expérience de
Perl Monks
ou ceux de Linux-FR.
Il suffit d'en faire la demande auprès d'Eric, lequel décidera,
éventuellement après avoir consulté les autres Mongueurs,
d'accorder ou non le karma au demandeur.
J'ai remarqué que Philippe s'est appliqué à insérer des ancres
<a name> à chaque balise <li> comme
j'ai l'habitude de faire. Exemple :
La dernière publicité pour
Wanadoo
représente un gamin qui marche
dans la rue et devant qui tout le monde tombe à genou d'admiration.
À la fin, on se rend compte que son pseudo Internet est inscrit
sur le dos de son vêtement et que c'est pour cette raison que
tous ceux qu'il rencontre le reconnaissent et lui témoignent leur
admiration. Guillaume pense que le gamin de la publicité ne représente pas
un script kiddie mais un joueur de
Counter-Strike.
Il existe quelques indications qui l'ont aiguillé vers cette
hypothèse, mais il ne se souvient plus lesquelles exactement.
Philippe me parle d'un autre dessin, que j'ai pris à tort
pour une publicité, ayant pour thème
« Lorsque vous surfez sur Internet, personne ne sait
que vous êtes un chien. ». Il prévoit que le compte-rendu
contiendra un lien vers le dessin.
Mais ce qu'il n'a pas prévu, c'est
chez qui
j'ai trouvé le lien.
Stéphane continue à avoir des problèmes avec son fournisseur d'accès,
notamment à cause de sa connexion ADSL. L'abonnement n'est pas cher,
mais il y a de gros défauts du côté de l'assisance utilisateur.
Ainsi, Stéphane a envoyé un message à support@isp.fr
pour décrire ses problèmes avec ADSL. Au bout d'une semaine, il
a obtenu une réponse lui disant en substance :
« Ce n'est pas à nous que vous devez vous adresser, mais
à adsl-support@isp.fr. » Ne pouvaient-ils
pas transférer eux-mêmes le message de Stéphane à leurs collègues
d'à côté ? Certains supposent qu'en répondant à Stéphane sans
rien faire de plus, cela leur a permis de fermer le ticket dans
un délai d'une semaine, ce qui fait bien dans les statistiques.
En ce moment, BooK effectue une prestation dans l'entreprise
de David. Il a rencontré un problème qui dépassait ses connaissances
au sujet de Linux. Il a requis l'aide d'un collègue expert Linux,
mais ce collègue ne pouvait pas se déplacer. Il a fallu
établir une connexion et BooK décrit dans le détail comment
il a procédé, avec les différentes machines, les différents services
et les différents ports qu'il a dû utiliser. Il décrit également
comment, avec script(1) et tail(1) il a pu,
en quelque sorte, lire par-dessus l'épaule de son collègue
pendant que ce dernier résolvait le problème.
Emmanuel a un nouveau PDA (dont je n'ai pas pu voir la marque et
le modèle). Il cherche à savoir s'il existe une implémentation
de ssh en Java, ce qui lui permettrait d'utiliser son PDA
pour accéder en télémaintenance aux machines de son travail, avec
même la possibilité de les faire rebooter.
Compte tenu du karaoké qui se déroule au sous-sol, nous évoquons
The Free Software Song. Quelqu'un signale
que dans
son site,
Jamie Zawinski
explique pourquoi
la collaboration avec Richard Stallman est
impossible. Et le texte présente un lien hypertexte
vers un
fichier MP3
où l'on entend RMS chanter cette chanson.
[ Attention, je n'ai pas vérifié la taille ]
La sociabilité de RMS n'est pas son point fort. Il est question
d'un incident qui s'est produit sur la liste de diffusion associée
à un projet GNU. L'un des participants, jeune papa, avait posté sur cette
liste le faire-part de naissance de son dernier enfant.
RMS a réagi violemment à ce message par une réponse incendiaire
où il expliquait que faire un enfant est à la portée de n'importe
quel imbécile et que même lui serait capable d'en faire un s'il
en avait l'intention. Il poursuivait en disant qu'en revanche,
écrire un logiciel de qualité n'était pas à la portée du commun
des mortels.
Il est question également d'une série de cours que Stallman
devait donner sur E-Lisp. Cette série avait été interrompue
juste après la première car le soir, au restaurant, Stallman
avait fait une démo de ce qu'il appelle
rhinophytonecrophilia
(ou nasal sex with plants).
Guillaume cherche à comprendre le concept de compilation, notamment
en quoi cela diffère d'une génération. Il prend l'exemple des
fichiers XML à qui l'on applique une transformation XSL pour
obtenir des fichiers HTML. S'agit-il d'une compilation ?
Nous lui répondons par la négative, car le fichier obtenu
n'est pas un exécutable et d'autre part un individu normal
est capable de lire le fichier HTML dans le source et de le
modifier. Il présente également le cas des
fichiers TEX qui sont compilés (c'est le
terme accepté) en .dvi,
ce qui ne produit pas un exécutable pour autant. S'agit-il d'une compilation
si le résultat n'est pas exécutable ?
Et si par la suite on transforme ce fichier .dvi en
un fichier PostScript (sachant que certains humains sont capables
de lire, voire d'écrire du PostScript) ?
[ J'ai l'impression qu'il s'agit du même genre de discussion que
de savoir si C est un langage fortement ou faiblement typé. Peut-être
pourrions-nous poser la question à
M-J.D. ]
Guillaume évoque le compte-rendu du 6 août et la
vanne sur la bière américaine,
qu'il avait lue quelques jours auparavant
sur un autre site web. Un peu plus tard, il a lu un
article
comparant les différentes distributions Linux à des bières.
L'article commence ainsi :
Windows, c'est comme la Budweiser. Vous allez me dire
que Windows n'a pas grand-chose à voir avec Linux. Cela
dit, Budweiser n'a pas non plus grand-chose à voir avec
la bière.
Contrairement à de nombreux conjoints qui accompagnaient leur mari mongueur
(ou dans un cas leur femme mongueuse),
Christine
ne s'est pas ennuyée
lors de la réunion, elle a pu tenir une discussion avec les autres
participants. Elle nous a parlé de son métier, professeur de chant.
Elle déplore la tendance actuelle chez ses élèves qui préfèrent la chanson de variété
au chant classique. Ah, Céline Dion ! Elle fait remarquer
qu'en France, les paroles des chansons sont de bonne qualité mais
que les chanteurs n'ont pas de voix. Cela a commencé, semble-t-il,
avec Charles Aznavour. D'autres prennent l'exemple de Serge Gainsbourg
en précisant qu'en plus, Gainsbourg s'est donné un genre provoquant
et qu'ensuite il était prisonnier de son personnage.
Elle évoque l'art lyrique non pas en tant que professionnelle, mais
en tant que spectatrice. Lorsque l'on assiste à un opéra, il est hors
de question de traduire les paroles dans la langue locale. Imaginez
Don Giovanni
chanté avec des paroles anglaises (ou françaises) !
Au Canada, ils ont trouvé une solution. Les chanteurs chantent dans la langue
du livret mais en plus, pour les spectateurs qui ne connaissent pas par
coeur le texte, il y a un panneau d'affichage qui leur donne la version traduite.
Une version originale sous-titrée, en quelque sorte.
Elle parle également des déplacements à vélo. Il est question de ceux
qui se déplacent à bicyclette pour marquer leurs convictions écologiques
et leur opposition aux véhicules à moteur. Il faut être courageux pour
soutenir ses convictions quand il pleut à verse !
Elle évoque en outre la différence d'attitude entre les Canadiens
et les Français (ou peut-être plus généralement les Européens). Au
Canada, les gens se déplacent à vélo pour faire un peu d'exercice et
se maintenir en forme et en bonne santé. En France, les gens
considèrent plutôt le cyclisme comme un sport où la compétition est
primordiale et où il faut donner le maximum de soi-même, au risque de
s'abîmer la santé. Quand Christine se déplace à vélo, elle aime bien
regarder le paysage. Quand un Français fait de la bicyclette, c'est le
nez dans le guidon et l'esprit préoccupé par la vitesse. Lorsqu'un
tour en vélo réunit des cyclistes de niveaux différents, il y a les
bons qui pédalent comme des dingues et quelques centaines de mètres
ou quelques kilomètres derrière il y a ceux qui ont plus de peine
à faire de la vitesse. De temps en temps, quand l'écart est trop important,
les bons s'arrêtent sur le
côté de la route pour attendre les autres. Au moment où ceux-ci rejoignent
ceux-là, les bons reprennent la route sans laisser le temps aux
moins bons de reprendre des forces. Et nous sommes revenus dans la
situation précédente, en pire.
Elle parle finalement des enfants qui font du vélo. Dès qu'un gosse
sait tenir sur son vélo, on le lâche sur la route sans aucune notion
de conduite routière autre que le fait qu'il faut rouler à droite.
Et même cette règle est mal assimilée et mal appliquée. Lorsqu'il faut
tourner à gauche à un carrefour, un bon cycliste commence par déboîter
et se rapprocher de la ligne médiane, suffisamment longtemps avant
l'intersection. Une fois à l'intersection, il tourne à gauche et ce faisant
il coupe une seule voie tout en gardant sans peine un oeil sur le trafic
de cette voie. Un gamin, en revanche, abordera le carrefour en
circulant complètement à droite, le long du trottoir, en application
simpliste de la règle de conduite à droite. Puis il tournera en coupant
deux voies d'un seul coup, dont une voie qui nécessite de regarder
vers l'arrière.
Un peu plus tard, Christine demandait quels films intéressants
étaient à l'affiche en ce moment. Compte tenu de son intérêt pour la
bicyclette, Stéphane lui a conseillé
les Triplettes de Belleville.
Il précise que ce dessin animé français a été produit dans un studio canadien.
D'autre part, il n'y a aucun dialogue, uniquement des bruitages. Aucun
problème de langue pour les spectateurs étrangers.
Et comme quelques temps auparavant Christine a évoqué Céline Dion,
je signale avoir vu sur les murs du métro l'annonce du prochain film
de Cameron :
« les Fantômes du Titanic ».
[ Si je me souviens bien, au moment où Cameron cherchait des producteurs
pour « Titanic », il avait dit quelque chose comme :
« L'histoire est déjà connue, les héros meurent à la fin et
il est impossible de tourner une suite. »... Même si le nouveau
film est un documentaire, Cameron l'a sorti pour tirer parti
de la popularité du
premier, la démarche
est la même que s'il avait tourné « le retour du fils de la vengeance
du Titanic reloaded contre-attaque 2 : la mission ». Et je ne résiste pas
à l'envie de vous donner cette citation de Terry Pratchett qui, en
quelque sorte, propose une suite au film :
Il sentait que quelque chose n'allait pas comme si, après le naufrage
du Titanic, il avait été sauvé à la dernière minute et recueilli à
bord du Lusitania. ]
Christine nous montre une carte portant un dessin extrait
d'une bande dessinée de Gibré (ou un nom comme cela). Ce dessin
représente une femme assise à la terrasse d'un café parisien.
À l'arrière-plan, on remarque une colonne Morris et une bouche de
métro. Christine demande si nous pouvons identifier quel coin
de Paris est représenté sur ce dessin. Réponse négative.
Stephen et Christine ne limitent pas leurs vacances à Paris. Ils ont
visité quelques châteaux de la Loire. Ils prévoient d'aller visiter le
Mont Saint-Michel
le lundi suivant.
Guillaume,
prenant de court
Briac,
tient à signaler que le Mont Saint-Michel
se trouve en Normandie.
BooK évoque l'application de la topologie à la vie courante.
Ainsi, il est topologiquement possible d'enlever son slip
sans enlever son pantalon. Néanmoins, si la topologie l'autorise,
la géométrie aurait tendance à s'y opposer et une fois l'expérience
effectuée, on peut constater que le slip a subi quelques dégâts.
[ La question a déjà été vaguement esquissée lorsque Philippe
nous a décrit les
règles du strip-bataille navale. ]
Dans le même ordre d'idées, j'évoque un film des Marx Brothers,
Une Nuit à Casablanca.
Dans ce film, Harpo est
le valet de chambre du méchant-chef. Un matin, Harpo habille
le méchant pendant que celui-ci complote avec l'un de ses sbires.
À un moment, le méchant interrompt sa conversation et constate que
Harpo lui a enfilé le gilet à l'envers. Il pousse une gueulante
puis reprend la conversation avec le second couteau. Harpo prend
alors les bras du chef-méchant qui n'y prend pas garde, les rejoint
pour former une arche au-dessus de la tête et fait glisser le gilet
le long de cette arche en faisant passer une manche à travers l'autre.
Enfin il fait redescendre le gilet et le remet à l'endroit sur les
épaules de son patron.
Si ce gag est parfaitement valide, il n'en va pas de même pour
une séquence de
Pirates des Caraïbes
que BooK nous
relate. Dans ce passage, Johnny Depp se trouve à bord d'un
bateau, les mains liées par des menottes et une chaîne.
Le navire est au port et relié à la terre ferme par un cordage.
Profitant d'un moment où il n'est pas surveillé, Johnny Depp
passe sa chaîne autour du cordage et se laisse glisser jusqu'à
la terre ferme. Mais comment a-t-il pu passer la chaîne autour
du cordage et comment a-t-il pu la dégager sans enlever au moins
l'une de ses menottes ?
Il arrive qu'une bonne partie de la réunion consiste à parler
de la réunion précédente. En poussant cette tendance au bout,
nous parlerions de la réunion précédente où il était question
de la réunion d'avant qui évoquait la réunion qui la précédait qui...
Plusieurs analogies se font jour.
Pour BooK, il s'agit de un Cabinet d'Amateur de Georges Perec,
qui décrit la pièce où un amateur expose les peintures qu'il a acquises.
Parmi ces peintures, il en est une qui a été peinte sur sa commande et qui
représente le cabinet. Donc, dans cette toile figurent les peintures du
cabinet... y compris celle qui représente le cabinet.
Quelqu'un d'autre a pensé aux étiquettes de la
Vache qui rit,
dans lesquelles la vache porte une boucle d'oreille composée d'un couvercle
de Vache qui rit, lequel couvercle comporte bien sûr une étiquette
qui représente une vache avec une boucle d'oreille composée de...
Guillaume demande des précisions sur le mot
« Oulipo »
qui, selon lui, signifie « Ouvroir de littérature policière » et
auquel il associe
Manchette.
Philippe répond que cela signifie « Ouvroir de littérature potentielle »
et qu'il existe également
l'Oulipopo,
l'« Ouvroir de littérature policière potentielle »
et que c'est à ce dernier groupe que Manchette appartient.
Quant au terme « ouvroir », il n'a pas été inventé par
les gens de l'Oulipo, il existe depuis longtemps en français
et il désigne un lieu de travail, un atelier en quelque sorte.
[ Pour l'étymologie, ce mot est donc apparenté à « oeuvre »
et n'a aucun rapport avec « ouverture » comme je le croyais. ]
Eric a évoqué un restaurant qui sert des portions de viande
plus importantes que ce à quoi nous sommes habitués. Le nom
des plats est évocateur :
pour 600 g, vous avez une « mort subite »,
pour 800 g, vous avez une « double mort subite »
et pour 1000 g, vous avez un « tant-pis si j'en crève ».
Le patron a monté ce restaurant lorsqu'il est revenu du Venezuela
où il était employé dans un restaurant dans lequel il était obligé
de calibrer les steacks à 130 grammes et pas un gramme de plus.
Eric, qui a tendance à confondre étoiles et pentacles, a parlé
également d'un bar goth. Selon un de ses amis, c'est le seul endroit
où on peut entendre de la musique correcte.
BooK fait remarquer que pour être parfaitement goth, il ne manque
à Eric qu'un piercing sur la langue. Moqueur, celui-ci lui tire effectivement
la langue...
Quel est l'intérêt d'apprendre une langue en voie de disparition
comme le yiddish ? Dans certains cas, les jeunes qui apprennent
le yiddish peuvent le faire pour mieux communiquer avec leurs
grands-parents dont c'était la langue maternelle. D'autre part,
l'intention peut être de conserver la langue pour conserver en
même temps les références culturelles associées. Certaines histoires
juives s'apprécient mieux lorsque l'on les raconte en yiddish.
On peut les raconter en français, mais elles peuvent se révéler
plus difficiles à comprendre. BooK et je ne sais plus qui en racontent trois, dont
une qui a déjà figuré dand un compte-rendu.
Voici les deux autres.
Un quart d'heure avant l'arrivée de ses hôtes, Mme Gluckenstein
entre dans la salle à manger, jette un coup d'oeil sur la table
et appelle la schikse.
-- Pourquoi avez-vous mis 10 couverts ? Je vous ai
dit que nous serions 6 à table.
-- Madame, hé bien, c'est que Madame Bronstein a téléphoné
et elle a dit qu'elle venait avec les bagels et les herrings.
Les Rotschild reçoivent les Rosenbaum. Après le repas, la fille
des Rotschild et une amie jouent au piano une pièce à quatre mains.
Au sortir de la soirée, Mme Rosenbaum dit à son mari :
-- Je ne savais pas que les Rotschild avaient des problèmes.
Ils n'ont donc plus les moyens pour acheter un deuxième piano ?
Changeons d'horizon et de narrateur. Quelqu'un raconte l'histoire
suivante. Cela se passe en Arkansas. Un autochtone, déjà père de 8 enfants,
décide qu'il est sage de s'en tenir là et il va consulter le médecin
pour savoir comment faire. Le médecin lui conseille une vasectomie.
-- Et en quoi qu'ça consiste ?
-- C'est simple. Vous prenez une canette de Pepsi vide, vous y mettez
un pétard allumé et vous comptez jusqu'à 10.
-- C'est tout ?
-- C'est tout.
Revenu chez lui, le gars met en application la prescription
du médecin. Il prend une canette vide, y met un pétard allumé
et commence à compter en levant un à un les doigts de la main droite.
-- Un... Deux... Trois... Quatre... Cinq.
Il hésite alors un instant, en regardant alternativement sa main droite avec les cinq
doigts levés et sa main gauche qui tient la canette. Il coince alors
la canette entre ses cuisses et reprend le compte avec les doigts
de la main gauche.
-- Six... Sept...
Le narrateur précise que cette histoire reste valide si l'on remplace
l'Arkansas par un autre état du Middle-West : Oklahoma, Iowa...
Toutefois, elle ne s'applique pas au Texas, car cet état n'a pas
de rednecks. Même si cet état a donné à la nation
quelques simples d'esprit célèbres, il ne faut pas confondre rednecks
et simples d'esprit.
Il a été question de tatouages. Tout d'abord les tatouages de
YAPC::London
qui tiennent quelques jours [ et que j'aurais tendance
à appeler décalcomanies ]. Lorsque Philippe a vu Andy Wardley, ce
dernier avait un tatouage sur chaque avant-bras et Philippe avait été
impressionné que quelqu'un puisse avoir un sentiment aussi fort
d'appartenance à la communauté Perl. Si les tatouages d'Andy Wardley
n'était pas des vrais, en revanche Brent Michalski s'est
réellement fait tatouer un dromadaire.
Il y a également les tatouages de
RSA
(et de DeCSS ?)
Pour les uns
il s'agit d'un acte de désobéissance civique, puisque chaque fois
que le tatoué quitte les États-Unis avec son tatouage RSA, il
exporte une munition dangereuse. Pour quelqu'un d'autre, il s'agit
d'un manoeuvre pour éviter de se faire expulser des États-Unis.
Le service d'immigration n'a pas le droit d'exporter des munitions
dangereuses, donc il n'a pas le droit d'expulser le tatoué.
Le tatouage de monsieur représente... enfin lorsque monsieur est dans de
bonnes dispositions... le tatouage représente d'un côté la cueillette
des olives en Basse-Provence, et de l'autre la prise de
la Smalah d'Abd-El-Kader par les troupes du duc d'Aumale.
avec la cerise sur le gâteau :
Madame a de la lecture pour les longues soirées d'hiver !
Ensuite, quelqu'un raconte l'histoire d'un homme qui s'est fait
tatouer le nom de sa chérie, Sophie, au même endroit. Bien sûr,
le tatouage n'est complètement visible que quand il est dans de
bonnes dispositions. Au repos, on voit juste marqué :
« SE ». Un jour, cet homme rencontre un noir qui porte
un tatouage « SE » au même endroit. Il engage la
conversation.
-- Vous aussi, c'est pour faire plaisir à une femme
appelée Sophie ?
-- Non, dans mon cas c'est marqué « Souvenir d'Afrique Équatoriale ».