Utilisateurs de Perl à Paris

YAPC::Europe 2001

Quatrième jour


Table des matières

Avertissement : Ce qui suit est extrait du journal de David "D@vid" Elbez, livré sans modification et in extenso pour les journées (ou partie de journées) ayant trait à son voyage à Amsterdam pour la conférence YAPC::Europe::2001 en compagnie des Mongueurs de Perl de Paris.

Je suis claqué. Je viens d'enchainer trois journées à l'emploi du temps bien rempli alors que je n'ai pris que trois ou quatre heures de sommeil à chaque fois. J'arrive à me lever malgré tout et rejoindre comme hier (avec un léger décalage) trois de mes quatre acolytes (de ceux qui sont à l'hôtel). Le quatrième, ayant quelques difficultés lui aussi mais aujourd'hui comme jamais, à se lever comme nous.

Nous prenons malgré tout un peu plus nos aises : il devait y avoir une keynote (cf. la veille) de Tim O'Reilly (l'éditeur de bouquins sur l'informatique), mais il a dû s'excuser en raison du décès d'un proche. Il a été remplacé au pied levé par un type qui doit avoir sa place dans le monde du logiciel libre mais qui m'est parfaitement inconnu. Le sujet qu'il développe a pour vague thème la qualité des programmes et l'importance de fournir une documentation, enfin la litanie habituelle Linux-BSD-Open Source. Rien de très nouveau.

D'autant plus que, même ce qu'il dit a un sens, je pense pour ma part que lorsqu'un logiciel (ou n'importe quoi d'autre) est donné gratuitement, la seule chose qu'on puisse dire c'est merci. Si le logiciel ne vous plait pas, pour quelque raison que ce soit, valable ou pas, ne l'utilisez pas, point final. Il est librement donné, à la différence d'autres qui sont imposés de fait (et qu'il faut en plus payer, suivez mon regard...), il n'y a rien de plus simple que de librement le refuser.

Non vraiment, raler après quelqu'un qui fait du bénévolat, et souvent du service après-bénévolat, me dépasse de beaucoup.

J'enchaine avec une présentation de Greg Mac Caroll (london.pm) qui ne m'interpelle pas vraiment, et je cède à mon envie moins informatique que lubrique (en exagérant un chouille) d'aller voir une fille qui fait de l'informatique.

Il s'agit d'une présentation sur la sécurité, la demoiselle est anglaise ou allemande (à l'accent j'aurais dit allemand, mais certains grand-bretons ont des façons si bizarres de parler leur langue....), et elle n'est pas vilaine du tout. Pour le reste, son truc pour " écouter aux portes " est marrant sans être exceptionnel. La seule particularité est l'outrageuse facilité d'emploi et de conception donnée par l'utilisation de Perl.

La suite n'est guère plus passionnante (pour moi). Alors je vais m'installer tranquillement dans la grande salle (O'Reilly room) et somnoler devant la présentation d'un toolkit pour la création d'applications type agenda-calendrier-emploi du temps (passionnant...). Ce que je dis est un peu dur pour les personnes qui travaillent sur ces projets (et donc consacrent du temps, ça en soit a de la valeur) et qui prennent de plus le temps de les présenter. Mais ce que je dis ici n'engage que moi, alors je peux me lâcher un peu. C'est une affaire de goût en somme (d'intérêt en fait mais c'est ici strictement la même chose).

Le talk d'avant la pause déjeuner est une réunion des Perlistes anonymes. L'intervenant Piers Cawley va appeler les gens dans la salle pour leur demander de venir raconter leurs pires anecdoctes concernant la programmation. C'est amusant mais ne fait guère avancer le schmilblick...

Un des plus grands succès sera obtenu par David qui racontera, traduit par Philippe pour l'assemblée, comment il a eu des problèmes avec sa copine lorsque découvrant Perl, il s'est jeté à corps perdu dedans au point de faire croire à sa copine qu'il la trompait (David maitrise l'anglais, évidemment, il se serait bien ennuyé autrement mais il manque de pratique).

La pause est calme, tranquille. Nous en profitons pour continuer d'échanger des idées avec tout un tas de gens. Je passe pour ma part un certain temps avec un français vivant à l'étranger, un suédois et un anglais d'origine indienne au visage très avenant et à l'accent " so british ! " parfait (la juxtaposition est amusante). Nous allons assez peu parler de Perl mais plutôt de nos expériences de vie et de séjours dans différentes villes surtout européennes.

Je suis d'ailleurs estomaqué : c'est la première fois que j'entendrai un français privilégier Francfort à Paris (Frankfurt am Main !!! Une horreur, ce que confirme l'anglais...). Je suis assez content de mon attitude lorsque j'ai entendu cela : je suis resté assez calme et ai écouté sans trop l'interrompre l'argumentaire inique ( !!!) de mon compatriote (au demeurant très sympathique...).

Le début d'après-midi est rythmé par la présentation de Philippe, avec paris.pm au grand complet, sur trois obfuscations. Il arrive assez bien à amuser l'assistance avec ces constructions logicielles qui ont souvent pour but final d'afficher à l'écran ce qui aurait pu l'être par un simple " print"" ". Quelqu'un lui demande d'ailleurs avec le sourire, pourquoi ne pas utiliser " print"" " ?

Pourquoi continuer de peindre alors qu'il existe des appareils photographiques... Ou même, en réfléchissant encore moins, une réponse simple : pourquoi pas...

Je quitte la salle pour retrouver au rez de chaussée, dans la O'Reilly room Michael Schwern dans une troisième présentation (YASC... Yet Another Schwern Conference) qui me retient juste le temps de me rappeler que Dave Cross (london.pm), auteur d'une hilarante prestation éclair la veille, remet ça aujourd'hui. Le propos, si je puis dire, est exactement l'inverse de celui de la veille : comment faire adopter Perl par le plus grand nombre ?

C'est encore un grand show de ce personnage truculent à l'anglaise. Ce n'est pas facile d'avoir de l'humour en général, et c'est encore plus dur, à mon sens, de faire rire les gens dans ce genre de prestations.

Au vue des personalités qui composent london.pm, leurs réunions doivent valoir le détour par Londres. Et ce, alors que le niveau technique des membres de london.pm n'est pas de la rigolade.

Je finis mon marathon assis de trois jours de conférence par une présentation un peu plus sérieuse mais toujours ludique : l'utilisation de Perl dans une application qui manipule du son.

La conférence est finie, je sors de la salle.

Mais la fête avait été trop belle, elle ne pouvait pas se terminer juste comme ça : sortir de la salle, sortir du bâtiment et salut. Il est prévu, bien sûr, un petit discours de Kevin Lenzo (YAS cf. le jeudi précédent), mais il y a aussi une vente aux enchères de trucs et bidules qui intéressent les gens comme nous. (et dont les subsides intéressent les organisateurs).

Finalement ce sera le point d'orgue de la journée, une délicieuse foire d'empoigne en plusieurs actes où tout le monde va se prendre au jeu un moment où un autre (certains ne le quittant pas une seconde). Le monsieur Loyal de cette session est Greg Mac Caroll (london.pm) assisté de Redvers Davies (london.pm... On est où déjà ??? Amsterdam ? Ah bon...) qui manipule le petit programme que nous avons conçu lors de son " cours " sur Gtk en début de conférence.

Les choses commencent mal pour Greg Mac Caroll mais bien pour nous : il effectue un tirage au sort pour distribuer un nombre restreint de petits machins qui leur restent sur les bras (des ticheurtes pas bô, des cartes à pas jouer...) et doit pour cela appeler les gens par leur nom (quelle rigolade !). Je le revois se mettre la main sur les yeux, de désespoir, lorsqu'il a dû appeler David " Weegawdyare " (Rigaudiere).

Débute ensuite la vente aux enchères, des enchères à la hollandaise. Le principe final est le même que les enchères classiques : attribuer un objet qui intéresse plusieurs personnes à l'une d'entre elles. La spécificité amusante des enchères hollandaises est qu'elles ne montent pas mais descendent. Un prix initial est fixé et il descend en fonction du temps, ainsi le risque n'est plus de ne pas obtenir l'objet par manque d'argent, mais de le laisser prendre par un autre qui aura attendu moins que vous que le prix descende. Amusant.

Il y aura quelques exceptions qui feront l'objet d'enchères classiques. La première sera lancée par Greg Mac Caroll : l'enjeu est de déterminer le jour de la réunion mensuelle de london.pm, il a un différent (tout amical) à ce sujet avec le président Dave Cross. Il précise en lançant l'enchère qu'elle risque de n'intéresser que london.pm, ce qui est vrai pour l'enjeului-même.

Mais le show offert par cette enchère qui va finir par impliquer tout london.pm massivement présent (une bonne dizaine de membres) va finalement intéresser et amuser grandement tout le monde. Quelle rigolade !!! (ouais, encore... je sais...).

L'enchère commence classiquement en impliquant les deux protagonistes susmentionnés mais lorsque Dave Cross se voit perdre, il se retourne vers la salle pour chercher de l'aide parmi ses collègues de london.pm. Commencent alors des tractations de toutes sortes, il y aura même des désertions d'un camp à l'autre au prix de quelques bières offertes lors de leur prochaine réunion. Redvers Davies en quitte même son poste de comptable pour rejoindre le camp de Greg Mac Caroll.

C'est finalement le camp de ce dernier, moins nombreux mais plus lourd (financièrement s'entend... Pardon Greg !), qui va l'emporter dans l'hilarité et la confusion générales.

Parmi les autres enchères classiques, il y aura aussi Philippe qui proposera de dédicacer une obfuscation, elle partira au prix de 100 florins, emportée par Dave Cross. Un autre grand obfuscateur Abigail (c'est son nom de code-warrior... c'est un homme) offrira pareillement de dédicacer son prochain JAPH (une obfuscation au but final d'afficher " Just Another Perl Hacker " à l'écran). C'est Philippe qui me l'enlévera (ouais ouais... même moi je me suis pris à ce petit jeu) au prix de 150 florins.

La dernière de ces exceptions sera pour la dédicace du prochain module produit par Damian Conway. Elle partira emportée haut la main par une offre de deux cents dollars. Elle aura la particularité d'être émise par une femme (Elaine Ashton) qui n'est pas dans la salle mais dans un forum de discussion en direct (Chat) avec un des membres de l'assistance. On n'arrête pas le progrès...!

Nous ressortons à peu près tous avec quelquechose en main, j'embarque pour ma part un livre de documentation (malheureusement en anglais, computer english is almost impenetrable to me...) et un ticheurte. En fait, c'était surtout l'occasion de donner un peu d'argent aux organisatuers qui en avaient besoin pour boucler le financement.

Finalement nous avons droit aux discours (en fait je ne me souviens plus bien si les discours étaient avant ou après les enchères, mais bref...). D'abord Kevin Lenzo qui fait un petit bilan à la volèe et rejoins l'avis de tous en disant que cette conférence est une réussite. Il appelle évidemment l'assistance pour une salve d'applaudissement et obtiens une réponse qu'il n'attendait pas : pour transmettre aux organisateurs, d'abord un merci, puis notre niveau de plaisir et de satisfaction, nous avons applaudi autant qu'il nous en aurait été nécessaire, dans une salle de spectacle, pour rappeler les musiciens deux ou trois fois. Ca m'a fait très plaisir pour les organisateurs, presque tous présents dans la salle, qui ont dû faire là un plein de satisfaction en retour de tous les efforts fournis.

Par la suite, Jouke Visser (Amsterdam.pm), en quelque sorte le porte parole des organisateurs, prendra rapidement la parole pour pointer un peu plus précisément Ann Barcomb (américaine d'origine vivant en Hollande) qui selon lui a joué un rôle déterminant en dynamisant tous les postes de préparation de la conférence. La demoiselle, visiblement très timide, va se recroqueviller dans son siège sous le torrent d'applaudissement comme on le ferait sous la pluie. Elle ne se retournera pas, ne se lèvera même pas, tétanisée (et modeste peut-être aussi... mais ça c'est un truc que je comprend pô bien alors je ne dis rien...).

Il reste ensuite à attendre de pouvoir récupérer ce que nous avons acheté. En attendant, paris.pm se distingue en aidant à remettre la salle principale (O'Reilly room) en état.

Puis il est véritablement, définitivement et désespérément temps de rentrer. Nous ne cédons pas à la morosité pour autant : le voyage n'est pas encore fini, nous ne partons que dans vingt-quatre heures. A l'hôtel, où un grand nombre de conférenciers logent ou sont présent momentanément, ça bouillonne. Il y a les discussions habituelles que nous avons eu tout au long de la conférence et il y en plus un chose lancé par Michael Schwern (qui lui continue sa conférence...).

L'idée est de commencer à mettre des lignes de code sur les idées lancées à propos de CPAN (cf. l'avant-veille). Mais en fait l'idée, la conception n'est pas encore terminée, alors il va surtout s'agir de longues palabres. Moyennement intéresantes pour moi.

En attendant que les grands de ce petit monde décident de notre sort à l'autre bout du restaurant de l'hôtel, nous, les petits mongueurs de Paris nous réunissons autour d'une table ronde, avec un certain Max (allemand, Corion chez les Perlmonks) pour manger un peu. La discussion foisonne encore de détails sur les choses vues et appréciées à la conférence qui vient de se terminer. Puis les rangs se dispersent, certains vont essayer de se frayer un chemin dans les pas des grands à l'autre bout de la salle, et d'autres, résolus à leur condition pour l'instant restent là et oeuvrent doucement, petitement. J'en suis, avec Jean et Max, et nous nous attaquons à un petit chose qui me turlupinait.

Aidé par des gens compétents, c'est incroyable à quel point les choses peuvent se résoudre rapidement et habilement...

Cette petite chose réglée, je sens finalement moi aussi l'appel du grand large, l'appel des grands et vais m'asseoir non loin de Michael Schwern (sisi...) en face du (supérieurement) sympathique et chaleureux John Mac Namara. Mais je ne suis qu'un hobbit dans ce monde tout nouveau pour moi et pour reprendre un hobbit célèbre (Lord of the Rings, The return of the king, book I, dernières pages du chapitre VIII) : " Dear me ! We Tooks and Brandybucks, we can't live long on the heights.". Alors en bon hobbit, après que le manger était à peu près satisfait, c'est le dormir qui m'occupe surtout.

Je pique du nez plusieurs fois et me dis que je ferais bien d'aller me reposer un peu dans ma chambre, il n'est que dix heures, et avec une heure de repos, je serai plus frais pour faire face à la nuit qui vient.

Alors je rentre et me prépare à une courte sieste. Conscient du danger de ne pas me réveiller, je mets plusieurs réveils en route. Inutilement...

Je m'effondre assez rapidement et ne refais surface que vers 1h. Je pense alors (à tort m'a-t-on raconté le lendemain) qu'il est inutile de sortir de ma chambre. Cependant je n'ai plus sommeil, je vais donc feuilleter ma nouvelle acquisition (le Perl Cookbook, le livre de recettes de Perl) pendant deux bonnes heures avant de retourner voir ce que fait Morphée...

J'ai véritablement un merveilleux bio-rythme...


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